Covid19 et vaccin en Corse : les inquiétudes du préfet Lelarge sont-elles fondées ?

La conférence de presse du samedi 24 avril a surpris tout le monde. Sur le ton de la réprimande, le préfet de région a tiré un bilan de la situation sanitaire en Corse beaucoup moins encourageant que ce que les chiffres laissaient penser. Nous avons voulu comprendre les raisons de ce recadrage.

Le préfet Lelarge, au premier plan, et Marie-Hélène Lecenne.
Le préfet Lelarge, au premier plan, et Marie-Hélène Lecenne. © MAXPPP

C'est un peu la même sensation que celle d'être menacé de redoublement avec 17 de moyenne générale.
La prise de parole du préfet Lelarge, samedi 24 avril, a fait figure de douche froide pour les Corses, salués par la France entière en matière de lutte contre l'épidémie.

Un ton sévère

Depuis le début de la crise sanitaire, en mars 2020, la vérité du jour n'est que rarement celle du lendemain. Mais un préfet de région qui tape sur les doigts des Corses, dénonçant un comportement inapproprié, et "des pratiques régionales qui ne sont pas bonnes", trois semaines après qu'une ministre de la république ait salué "l'engagement de la Corse, championne de France de la vaccination", c'est à n'y rien comprendre. 

30 % de vaccinés sur l'île, c'est rien.

Pascal Lelarge

Nous nous sommes penché, point par point, sur les griefs de Pascal Lelarge, qui maniant la carotte et le bâton, n'a pas hésité à menacer la Corse d'un possible report de l'ouverture des terrasses, prévu initialement à la mi-mai, si elle ne faisait pas des efforts : 

Les centres de vaccinations se sont multipliés dans l'île, en ville comme dans le rural (ici à Luri).
Les centres de vaccinations se sont multipliés dans l'île, en ville comme dans le rural (ici à Luri). © Sébastien Bonifay FTV

 

 

 

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Le fond, et la forme

Du côté de l'ARS, qui a participé à cette conférence de presse par l'intermédiaire de Marie-Hélène Lecenne, sa directrice, on revient sur les raisons de ce rendez-vous.

"Il y a des chiffres qui sont bons, mais pour autant, les inquiétudes demeurent, et elles reposent en grande partie sur les capacités en lits de réanimation sur l'île. Malgré la campagne de vaccination, le taux d'incidence, tout comme l'apparition de nouveaux variants, ne nous permettent pas de lever le plan blanc régional et la déprogrammation ciblée, notamment à Ajaccio". 

En clair, pas question de se laisser gagner par l'euphorie des bons chiffres de la vaccination. Il y a de nombreux autres paramètres à surveiller. 

 

 

 

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Illustration © DR

 

 

 

L'ARS et le préfet de Corse le rappellent : le Covid n'est pas derrière nous. Et il faut éviter à tout prix que les insulaires aient cette impression, à l'approche des beaux jours, de l'assouplissement des règles sanitaires, et de l'arrivée des premiers vacanciers. 

Sous peine d'une énième vague. 

Le message de Pascal Lelarge était délivré de manière plutôt abrupte. Et peut en avoir désarçonné, voire irrité quelques-uns. 

Mais il a le mérite de tirer la sonnette d'alarme, au moment où la tentation de relâcher notre vigilance est grande. 

 

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