Crise sanitaire, un répit temporaire dans la crise des déchets

Les derniers chiffres publiés par le Syvadec indique une réduction de 12% de la production de déchets ménagers en Corse par rapport à 2019. Une nouvelle bienvenue, mais ne suffisant pas à occulter la crise des déchets, à laquelle l'île est régulièrement confrontée depuis vingt ans.

La Corse peine à gérer ses déchets depuis une vingtaine d'années.
La Corse peine à gérer ses déchets depuis une vingtaine d'années. © Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP

C'est sans doute une des rares conséquences positives de la crise sanitaire : la production de déchets ménagers en Corse, impactée par le confinement, a diminué de 12% par rapport à l'année précédente selon les derniers chiffres du Syvadec, l'établissement public de valorisation des déchets de Corse. 

Une nouvelle bienvenue, alors que l'île est confrontée depuis une vingtaine d'années à une crise récurrente, liée à une production de déchets ménagers bien supérieure aux capacités de traitement et d'enfouissement insulaires.

La production de déchets en Corse est également supérieure de 39 % à la moyenne nationale, établie à 525 kg/an/habitant. 

Une tendance expliquée notamment par l'impact du tourisme, qui représente l'équivalent annuel de 25 % d'habitants supplémentaires.
 


Au total, pour les 9 premiers mois de 2020, la Corse a ainsi produit 172 800 tonnes de déchets, contre 195 298 tonnes sur la même période en 2019. Les ordures ménagères et le tout-venant, destinés à l'enfouissement, ont pour leur part diminué de 10%.

Les centres d'enfouissement arrivent à saturation

Une bonne nouvelle, alors que l'unique centre d’enfouissement de Haute-Corse, à Prunelli di Fiumorbu, avait dès septembre quasiment atteint sa capacité annuelle de 43.000 tonnes. Résultat, les déchets de la Corse entière prennent depuis le chemin de Viggianello, second centre d’enfouissement technique (CET) de l’île, en Corse-du-Sud. 

Problème, le centre est limité, sur arrêté préfectoral, à une capacité d’enfouissement de 110.000 tonnes par an. L'ouverture d'un troisième CET fait l'objet de débats houleux depuis plusieurs années.

Autre bonne nouvelle, une progression de 19% du compostage. Un résultat qui témoignerait "des effets du plan compostage, qui commencent à se concrétiser", selon le Syvadec. Au cours des dernières années, plusieurs campagnes ont ainsi été réalisées vers le grand public et les professionnels sur la réduction des déchets, le tri sélectif, le compostage, etc. Des opérations ont également été menées dans des écoles, lors de manifestations ou de foires.

Au total, sur les 9 premiers mois de 2020, 2 626 tonnes de biodéchets (déchets alimentaires et des autres déchets naturels biodégradables) ont été détournées de l’enfouissement, contre 2 205 tonnes sur la même période l'année précédente.

Plus de 23 % de la population insulaire serait désormais équipée d’une solution de compostage individuelle ou collective.

Le tri des emballages plastiques et cartons, porté selon le Syvadec par la "simplification du geste de tri", poursuit sa dynamique et affiche une hausse de 15 % par rapport à 2019. En revanche, les collectes sélectives (effectuées par les intercommunalités en porte à porte, en points de regroupement ou en points d’apports volontaires) sont en recul de 4 %.

La collecte du papier diminue ainsi de 16%, et les collectes sélectives liées à l’activité des établissements de l'hôtellerie-restauration, fermés une partie de l’année, diminuent également de 9 % pour le verre et 9 % pour les biodéchets.

Si ces chiffres témoignent globalement d'une tendance positive dans la réduction de la production de déchets ménagers, ils ne suffisent pas à occulter la crise, alors que le plan de prévention et de gestion des déchets a vu le 17 décembre son examen reporté au mois suivant.

Il devait initialement être débattu à l'Assemblée de Corse les 20 et 21 décembre. 

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