Alors que La France Insoumise, Europe Écologie Les Verts, le Parti communiste et le Parti socialiste ont trouvé un accord en vue des prochaines élections législatives, en Corse, rien ne semble bouger. Retour sur les difficultés rencontrées par la gauche dans l'île.

Au niveau national, aux prochaines élections législatives des 12 et 19 juin, la gauche partira groupée. Ainsi, jeudi 5 mai, le Parti socialiste a ratifié l'accord avec La France Insoumise (LFI), Europe Écologie Les Verts (EELV) et le Parti communiste français créant la Nouvelle union populaire écologique et sociale.

Un accord qui ne semble pas être suivi par la gauche insulaire, qui voit son électorat s'amoindrir depuis une dizaine d'années. État des lieux de la gauche en Corse.

2010

En 2010 aux territoriales l'embrassade du PRG Paul Giaccobbi et du communiste Dominique Bucchini signe la première victoire la gauche à ces élections. Elle a rassemblé pour ce scrutin de 50.000 électeurs, 40 % des suffrages.

C'est une gauche dominée par le Parti radical de gauche depuis plusieurs décennies qui joue de ses alliances de longue durée avec le tout petit PS local et un petit, mais tenace, Parti communiste Français.

Ces partis sont installés dans les deux grandes villes de Bastia, de longue date, et d'Ajaccio. Deux députés sur quatre sont issus de la gauche et le Conseil général de Haute-Corse, restera dans ses mains jusqu'à sa fusion en 2017.

2014 - 2015

Un capital électoral et un appareil politique qui commencent à s'effriter à partir de 2012, Simon Renucci perd un siège de député, en 2014 la mairie. Le tout au profit de la droite. Mais à Bastia, la victoire des nationalistes qui mobilise la société insulaire depuis les années 1970 va éclater la place-forte du radicalisme corse.

La gauche recule et se divise. Gilles Simeoni gagne à s'associant, un peu à la droite, mais aussi, un peu, au PS de Haute-Corse et à des dissidences du PRG.

En 2015, la gauche éclatée affiche sa reculade aux territoriales avec 34 % des suffrages. Elle perd six points en cinq ans. Elle perd, dans le même temps, la collectivité de Corse.

2017

La vague macroniste de 2017 va finir le travail. Pour la présidentielle, les législatives, les territoriales, la gauche perd des électeurs par milliers. Les anciennes figures du PRG et du PS sont filées dans l'incertain centre-gauche d'Emmanuel Macron. Les nationalistes l'emportent partout.

C'est l'année horribilis pour la gauche, mais laquelle ? La France Insoumise est entrée dans l'alliance avec les fédérations du PCF puis dans le jeu des divisions. Ce qui reste du mouvement radical appelle à voter à droite. À l'Assemblée de Corse, fin 2017, il n'y a plus aucun élu de gauche.

2021

L'étiage s'abaisse encore en 2021 pour les territoriales. 13 % des suffrages en comptant les candidats qui se disent encore à gauche, ou juste un peu.

Même si les élections sont difficilement comparables, et même si l'abstention et l'extrême droite sont installées durablement dans le paysage insulaire, pour la dernière présidentielle les partis de gauche, en mars, ont amorcé une timide hausse, quelques milliers de voix de plus, qu'à la présidentielle de 2017.

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