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Avec « La Guerre continue », Jacques Follorou livre de nouvelles révélations sur le banditisme corse 

La troisième édition des « Parrains corses » : « La guerre continue », Jacques Follorou poursuit son enquête débutée il y a 20 ans sur le banditisme insulaire. / © Stéphane Agostini / FTVIASTELLA
La troisième édition des « Parrains corses » : « La guerre continue », Jacques Follorou poursuit son enquête débutée il y a 20 ans sur le banditisme insulaire. / © Stéphane Agostini / FTVIASTELLA

La troisième édition des « Parrains corses » : « La guerre continue », Jacques Follorou poursuit son enquête débutée il y a 20 ans sur le banditisme insulaire. Guerre des héritiers, prise de contrôle de l'économie, règlement de comptes, le journaliste fait de nouvelles révélations.

Par France 3 Corse ViaStella

Quelle est l’emprise de la mafia sur la société corse ? Dans son quatrième livre sur le sujet, le journaliste d'investigation du journal Le Monde, Jacques Follorou décrypte une réalité occulte: le banditisme corse nouvelle génération

Le journaliste explique : 

Ceux qui sont aux manettes de la mafia insulaire, ce sont les fils des barons de la Brise de mer, ce sont les héritiers de Richard Casanova, ce sont les héritiers de Jean-Jérôme Colonna. On a à la fois la permanence d’un système et en même temps l’émergence de nouvelles figures qui sont maintenant vraiment aux manettes.
 

Double assassinat de Poretta


Épisode marquant : le double assassinat de deux figures du banditisme à l'aéroport de Bastia. Une pure vengeance, à l'ancienne, et une enquête inédite. 

Les policiers parviennent à décoder des téléphones et dévoilent les ressorts psychologiques du tueur présumé : Christophe Guazzelli, fils d'un pilier de la Brise de Mer. « Il impose des règles quasi-morales au cadre de cette vengeance. Grâce aux messages cryptés, qui ont été cassés par la police, on s’aperçoit qu’il va s’en prendre à un de ses complices qui a été extorqué quelqu’un en Haute-Corse, et il lui dit : ‘Réjouis toi de ce doublé’. Quand il dit doublé, il parle de ce double homicide. Il inscrit ses actes simplement dans la réalisation de cette espèce de projet idéal, pur, de vengeance d’un père qui était idéalisé », analyse Jacques Follorou.

 

 
Une vengeance couplée au contrôle du nouveau pouvoir mafieux. « Vous avez un autre individu qui s’appelle Stéphane Luciani, qui devait être assassiné par le biais de poison au sein même de la prison de Borgo. Vous aviez aussi d’autres personnes : François Giacobetti, et même des gens qui ne sont pas connus pour être des voyous, mais plutôt des entrepreneurs comme Monsieur Canarelli qui est à la tête d’un centre de vacances de luxe près de Bonifacio. On était vraiment sur un règlement de comptes d’ampleur et comme ils le disent eux-mêmes ‘qui allait faire trembler la France’ », complète le journaliste. 

 

L'avocat de Christophe Guazzelli envisage des poursuites 

 

Me Jean-Sébastien de Casalta, conseil de Christophe Guazzelli, mis en cause dans l'ouvrage réagit vivement.
"Il n'est pas acceptable que le tribunal médiatique et journalistique écrive le scénario de la culpabilité de Christophe Guazzelli alors qu'il ne s'est jamais exprimé sur le fond"

Je me réserve le droit d'engager une action judiciaire, "le secret de l'instruction étant violé""La liberté d'informer doit être respectueuse du temps judicaire" termine l'avocat. 
 



Le gang du Petit Bar 


Autre équipe et autre lieu. À Ajaccio, le gang du Petit Bar semble aujourd’hui en situation de force. Le promoteur Anthony Perrino en serait-il une pièce forte ? S’agit-il de liens amicaux ou de contraintes ? Le chef d’entreprise et un membre de l'équipe ajaccienne, Mickaël Ettori, sont observés Rue de la Baume entrant chez un prestigieux avocat d'affaires, Claude Serra, par ailleurs proche d'Emmanuel Macron. 

Une réunion a lieu avec les plus grands chefs d'entreprise de l'île. « Ca a beaucoup surpris les policiers travaillant sur la Corse, sur le crime organisé insulaire de voir un membre du Petit Bar, condamné dans des affaires de stups, d’extorsions de fonds, considéré comme un baron du Petit Bar qui aujourd’hui est un force dominante, criminelle, sur toute la Corse-du-Sud, tout d’un coup au contact d’une personnalité d’un tel niveau, lié avec le pouvoir. On est dans le domaine du renseignement, il n’y a rien de pénal à rencontrer à avocat pour un voyou et inversement, mais sur le terrain du renseignement, ils se sont demandés ce qu’il se passait », indique Jacques Follorou. 

 
Avec « La Guerre continue », Jacques Follorou livre de nouvelles révélations sur le banditisme corse 
Intervenants - Jacques Follorou, journaliste ; Pascal Garbarini, Avocat de Mickaël Ettori Equipe - Marie François Stefani ; Stéphane Agostini ; Vanessa Culioli.


Joint par téléphone, Claude Serra n'a pas souhaité nous répondre. De son côté, l'avocat de Mickaël Ettori dément. « Monsieur Ettori n’a jamais été présent à cette réunion avec les autres personnes qui sont mentionnées dans le livre. C’est une erreur qui est dite et qui est écrite, c’est plus grave », soutient Pascal Garbarini, avocat de Mickaël Ettori. 

Projets sur l'île des milliardaires à Cavallo, mainmise sur des projets immobiliers, racket, trafic de stupéfiants le banditisme prospère. 

Jacques Follorou reprend :

En Corse, les voyous ne font pas que les voyous, ils pèsent aussi sur les affaires économiques, ils sont en lien avec des élus, ils les mettent sous pression. Il y a une pression sur le foncier, sur le commerce, sur les marchés. C’est ce qui fait aussi la distinction entre un banditisme classique et un système mafieux.


Petit Bar, bergers de Venzolasca, héritiers de la Brise de mer, à partir de témoignages, de procès-verbaux, Jacques Follorou explique comment le crime organisé continue de peser sur la société corse.




 

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