Bastia : Une affaire de trafic de stupéfiants devant le tribunal correctionnel

6 personnes étaient jugées ce mercredi au tribunal correctionnel de Bastia pour une affaire de trafic de stupéfiants entre la Corse et la région lyonnaise. Au terme du délibéré, 3 d'entre elles ont été condamnées, mais toutes ont été relaxées du chef d'accusation d'association de malfaiteurs. 

Une magistrate de la Cour d'appel de Bastia a été rétrogradée pour avoir communiqué avec un témoin assisté
Une magistrate de la Cour d'appel de Bastia a été rétrogradée pour avoir communiqué avec un témoin assisté © Pascal Pochard-Casabianca / AFP
Quatre hommes comparaissaient ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Bastia dans le cadre d'une affaire de trafic de stupéfiants entre la Corse et la région lyonnaise, tandis que deux autres prévenus, en liberté provisoire, ne se sont pas présentés devant le tribunal. Pour les faits qui leur étaient reprochés, tous encouraient jusqu’à 10 ans d’emprisonnement.

La saisie qui déclenche l'affaire remonte au 8 avril 2018, lorsque les douaniers fouillent un véhicule sur le port de Bastia et découvrent une cache aménagée derrière la plaque d'immatriculation. À l'intérieur, 16 kg de résine de cannabis et 500 g de cocaïne. Prix global à la revente : plus de 175 000 euros.
 
16 kg de cannabis saisis au port de Bastia ©TIERI Sébastien ; BERNARDI François-Albert ; CASTELLI Julien

Le chauffeur, Abdelkarim Kari, est un lyonnais résidant en Suisse. Lors de son interpellation, il explique avoir accepté 1 000 euros pour conduire une voiture jusqu'à Bastia, et affirme ne l'avoir fait qu'une seule fois. Depuis, les investigations ont prouvé qu'il avait effectué au moins un autre voyage, avec une autre voiture. 3 ans d'emprisonnement avec mandat de dépôt ont été demandés à son encontre.

L'enquête est alors confiée à la police judiciaire, qui interpelle 5 hommes en avril 2019 : Kamel Quadri, chargé selon l'accusation de l'organisation du transport, et en état de récidive pour détention illégale d'armes ; Patrice Tissier, actuellement détenu à Borgo, qui aurait été chargé de réceptionner la drogue à Bastia ; Farid Amrane, également en détention, chargé selon l'accusation de l'organisation sur Lyon, et déjà condamné par le passé pour vol avec arme et importation de stupéfiants ; Cédric Deguis, déjà condamné pour trafic de stupéfiant, une perquisition à son domicile avait mis à jour qu'il vendait du cannabis et de la cocaïne ; Tarek Benyous, que l'accusation indique dans son réquisitoire considérer comme le fournisseur.

À l'encontre des prévenus, l'accusation demande respectivement 3 ans, 6 ans, 6 ans, 4 ans et un an d'emprisonnement. Tous les prévenus jugés par le tribunal correctionnel se connaissent. Pour la défense, ils entretiendraient juste des liens d'amitié. Pour l'accusation, les prévenus font partie d'une association de malfaiteurs, constituée pour organiser le transport, la détention et la vente de stupéfiants.

Ce sont les charges portées à l'audience par deux substituts du procureur. Le parquet suit les enquêteurs dans leurs conclusions. Les éléments à charge dans le dossier sont l'examen de la téléphonie, les déplacements en Corse de plusieurs des prévenus et une écoute réalisée dans un véhicule. L'un des protagonistes s'est également installé à Bastia quelques mois avant le premier voyage détecté par les enquêteurs.

Mais pour les avocats, les éléments probants manquent dans le dossier, et l'association de malfaiteurs retenue contre l'ensemble des prévenus n'est pas caractérisée. Un avis partagé par les juges, qui, au terme du délibéré, relaxent tous les prévenus de ce chef d'accusation.

Tarek Benyous, Farid Amrane et Patrick Tissier sont relaxés, et ce-dernier se voit restituer le bateau qui lui avait été saisi. Abdelkarim Kari, Kamel Quadri et Cédric Deguis écopent respectivement de 5 ans d'emprisonnement et 50 000 euros d'amendes douanières pour avoir transporté la drogue ; 6 mois d'emprisonnement pour infraction à la législation sur les armes, et 5 ans d'interdiction de détention d'une arme ; et 3 ans d'emprisonnement et 2 000 euros d'amende pour vente et détention de stupéfiants, assorti de 5 ans d'interdiction de porter une arme.
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