Bastia : l'exportation des boues paralysée en raison de la grève à la Méridionale

Bastia - Les bennes s'accumulent devant l'usine de dépollution - 20.01.20 / © France 3 Corse ViaStella
Bastia - Les bennes s'accumulent devant l'usine de dépollution - 20.01.20 / © France 3 Corse ViaStella

L'usine de dépollution des eaux usées de l'agglomération bastiaise est à deux jours du rejet en mer. Avec la grève des marins, les boues ne peuvent plus être exportées par bateaux, comme elles le sont chaque jour depuis quatre ans.

Par C.N avec France 3 Corse ViaStella

Le blocage maritime qui dure depuis maintenant 12 jours, induit de nombreuses conséquences sur le transport. L'agglomération bastiaise doit en effet s'attaquer à un gros dossier : le transport des boues de la station de l'Arinella qui devient un véritable casse-tête sans trafic maritime

Sur le parking de l'usine, toutes les bennes de stockage sont pleines, 120 tonnes de boues au total sont dans l'attente d'être exportées vers le continent, faute de bateaux.
 

Si nous ne pouvons plus exporter nos bennes à boues, il nous reste environ trois jours d’autonomie. Mercredi l’usine va automatiquement s’arrêter pour se mettre en sécurité, vous allez avoir des eaux usées incorrectement traitées qui vont se rejeter au large de la plage de l’Arinella, explique Bernard Bombardi, directeur d'Acqua publica.

 

400 000 euros pour absorber ces boues


Les boues s'amoncellent dans le silo depuis le début de la grève. Depuis quatre ans, elles sont expédiées par la mer, vers une usine de traitement à Tarascon. Un système qui coûte 400 000 euros par an de plus qu'un traitement local.

Mais la Corse ne peut pas les absorber. En effet, l'usine de Lucciana a fermé sur arrêté préfectoral fin 2015. Les deux autres, à Sainte Lucie de Porto Vecchio et Poggio di Venaco sont saturées.

 


"Même si on a à diverses reprises souligné ce sujet auprès de l’état, on n’est jamais allé jusqu’au bout d’une démarche qui aurait été intéressante. Il y a des solutions qui peuvent être applicables en Corse soit à travers l’investissement privé soit semi-public", expose Michel Rossi, président d'Acqua publica.

Parmi les pistes, l'installation sur site d'une unité pour valoriser ces 5000 tonnes de boues notamment. En attendant, l'urgence exige d'envoyer au moins deux bennes chaque jour vers Tarascon. Ce soir cela devrait être le cas à bord d'un navire de la Corsica Ferries au départ de Bastia. Mais demain la situation reste encore incertaine.
 

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