Le gynécologue parisien accusé de viols par plusieurs patientes, consultait aussi à Bastia

Accusé de viols et de maltraitances par plusieurs patientes, le professeur Emile Daraï, chef du centre endométriose à l'hôpital Tenon à Paris, fait l'objet d'une enquête interne et d'une enquête judiciaire. Ses consultations ponctuelles à l'hôpital de Bastia sont suspendues.

"A ce jour, il n'y a pas eu de signalement concernant ce type de faits à Bastia" selon le procureur de la République de Bastia Arnaud Viornery.

Le chef du centre endométriose de l'hôpital Tenon à Paris, Emile Daraï, accusé de viols et de maltraitances physiques et verbales par plusieurs anciennes patientes, effectuait plusieurs fois par an des missions de consultation avancée à l'hôpital de Bastia, qui a une convention de partenariat avec l'hôpital Tenon.

Ses missions à Bastia sont suspendues

On a arrêté les missions avec lui dès qu'on a eu connaissance de cette affaire

Jean-Mathieu Defour, directeur de l'hôpital de Bastia

S'il tient à rappeler qu'il respecte la présomption d'innocence à laquelle à droit le professeur Daraï, le directeur de l'hôpital de Bastia Jean-Mathieu Defour indique que, dès qu'il a appris les faits qui lui sont reprochés par de nombreuses patientes, il a"convenu avec lui que tant que sa situation ne serait pas éclaircie, ses missions à Bastia sont suspendues".

Des signalements depuis 2014

L'enquête réalisée par franceinfo retrace les premiers signalements concernant le Pr Daraï au conseil départemental de l'Ordre des médecins à Paris en 2014.

Depuis cet automne 2021, Emile Daraï fait l'objet d'une plainte pour viol par personne ayant autorité sur mineur de plus de 15 ans, et d'une deuxième plainte pour "viol en réunion", plaintes déposées par d'anciennes patientes ces dernières semaines. Deux plaintes qui ont conduit à l'ouverture d'une enquête judiciaire confiée à la deuxième division régionale de la police judiciaire de Paris ce 4 octobre 2021.

Depuis le 1er octobre, il est aussi l'objet d'une enquête interne au sein de l’Assistance Publique - Hôpitaux de Paris et la Sorbonne, où le médecin enseigne. Patientes, étudiants et confrères vont être auditionnés suite aux nombreux témoignages recueillis par le collectif Stop aux violences obstétricales et gynécologiques.

A Paris, il peut continuer à exercer

Ces deux enquêtes ont conduit l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris et la Sorbonne à lui retirer ses responsabilités de chef de service et de responsable pédagogique. Il peut toutefois continuer à exercer et recevoir des patientes selon une "procédure formalisée pour s’assurer de la complète information des patientes avant tout examen clinique", indique l'AP-HP. Un maintien en activité qui suscite la colère de celles qui militent contre ces pratiques violentes.

Emile Daraï a de son côté fait savoir via l'AP-HP qu'il "conteste les faits dont on l’accuse et récuse des propos qu’il juge diffamatoires".

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