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Calvi : Les propriétaires de paillotes en dur doivent démolir leurs établissements

Calvi : Les propriétaires de paillotes en dur doivent démolir leurs établissements
Gilbert Vietto, président des plagistes de Calvi; Pascal Verdon, directeur départemental des Territoires et de la Mer de la Haute-Corse; Marie-Antoinette Maupertuis, présidente de l'Agence du tourisme de la Corse - France 3 Corse ViaStella - Emilie Arraudeau, Guillaume Leonetti, Christian Giugliano, Francia Rajanoarison, Anne-Laure Louche

L'Agence du tourisme de la Corse veut demander l'extension de la période d'ouverture des établissements de plage. Cette demande intervient alors que cette saison, les exploitants de Calvi doivent démolir leurs structures en dur.

Par France 3 Corse ViaStella

Gilbert Vietto, président des plagistes de Calvi, est le patron d’un établissement de plage à Calvi depuis 30 ans. Pour la saison, il a entrepris quelques travaux de rénovation. Pourtant, très bientôt, il va devoir démolir son restaurant pour le remplacer par une structure démontable. Une opération qui va lui coûter cher : « Ce sera a minima 400.000 euros chez nous ».

En Balagne, l'exploitation de la plage est une vieille histoire. Depuis des décennies, un régime spécifique - une concession accordée par l'État aux communes - permettait aux restaurateurs d'occuper le domaine public maritime moyennant une redevance : autour de 15.000 euros en 2016.

Deux ans pour passer au démontable

Mais à Calvi, comme à l'Île Rousse l'an dernier, à la fin de la concession, l'État a repris ses droits sur la plage. Pour y poursuivre leurs activités, les exploitants ont deux ans pour passer au démontable.

« Le principe que l’on a suivi, c’est de proposer un protocole à chaque restaurateur lui disant : "nous attendons de votre part un engagement, l’assurance que vous mettez en place un projet, c’est-à-dire que vous aurez un devis de votre construction nouvelle, de votre installation." Mais aussi mettre en place un financement, pour que fin 2018, il puisse y avoir cette bascule. C’est-à-dire le démontage complet de l’installation en dur et son remplacement », explique Pascal Verdon, directeur départemental des Territoires et de la Mer de la Haute-Corse.

À ce moment-là, si les 16 exploitants ont remis la plage à l'état naturel, le système de concession avec la mairie pourra reprendre pour 12 ans.

Autorisations délivrées par l’État

D'ici là, leur activité est soumise au régime des AOT, les autorisations d'occupation temporaire du domaine public maritime. L'État en délivre à ceux qui respectent le protocole et provisionnent pour démolir.

« Il va falloir redéfinir des structures, des superficies pour certains des emplacements, parce qu’il y en a qui vont changer. On n’y est pas encore et on ne sait pas encore exactement ce qu’il va se passer dans la mesure où la concession entre l’État et la commune va prendre beaucoup de temps. Et je ne pense pas que le timing puisse être respecté », affirme Gilbert Vietto, président des plagistes de Calvi.

Ces autorisations d'occupation temporaires sont valables du 15 avril au 31 octobre.
Mais nombre de plagistes à Calvi, et plus encore à l'Île Rousse, veulent travailler plus longtemps.

Cette revendication est soutenue par la présidente de l'Agence du tourisme de la Corse, Marie-Antoinette Maupertuis : « Avoir une période d’ouverture un peu plus grande, cela donne de la visibilité en terme d’investissements : on voit où on va aller. Cela donne une visibilité aussi en terme d’emplois et de maintien d’un emploi qui est un peu plus pérenne avec des contrats de travail qui sont un peu plus longs. Je crois que cela, c’est favorable aux travailleurs et aux salariés. Donc une gestion dans un environnement qui est beaucoup plus serein et avec des perspectives de développement. »

Allonger la période d’ouverture

Au niveau national, l'ouverture à l'année des établissements sur les plages urbaines est réservée aux communes qui comptent au moins 200 chambres classées de décembre à mars.  Soit en Corse : Ajaccio et Bastia.

Marie-Antoinette Maupertuis veut une adaptation règlementaire pour abaisser ce seuil à 100 chambres : « Mon objectif, c’est d’avoir une dessaisonalisation, c’est-à-dire la possibilité d’avoir des établissements ouverts, que ce soient des établissements de plage, mais d’autres aussi, dès le mois de mars, c’est-à-dire dès maintenant, jusqu’à novembre voire décembre. Pourquoi ? Parce que l’on constate que la pression en juillet et août est terrible et les touristes viennent de plus en plus hors saison.

Si l'Assemblée de Corse adopte ce rapport, cette demande sera transmise à l’État. Ouvrir plus longtemps pourrait être possible dès l'automne prochain. Sur les 200 établissements de plage de Corse, près d'une centaine est concernée. Sous couvert, évidemment, de disposer d'installations démontables.

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