Grande Guerre : sur les traces des poilus de Calvi avec le généalogiste Grégory Viguié

L'historien et généalogiste Grégory Viguié réalise un livre sur les poilus inscrits sur le monument aux morts de Calvi afin que leurs noms ne tombent pas dans l'oubli. Sur place jusqu'au 30 septembre, il cherche à rencontrer des descendants de poilus pour compléter ses recherches.

L'historien photographie des souvenirs de poilus afin d'illustrer son futur livre.
L'historien photographie des souvenirs de poilus afin d'illustrer son futur livre. © G. Viguié
Y a-t-il parmi vous des descendants de poilus ? Si vous habitez à Calvi, vous risquez sans doute d'entendre cette phrase, au café du coin ou à la boulangerie. L'historien et généalogiste Grégory Viguié a débarqué en Corse samedi 26 septembre, et y restera jusqu'au 30.

Tombé sous le charme de Calvi lors de ses multiples villégiatures, Grégory Viguié a été mandaté il y a un an par le maire, Ange Santini, pour réaliser un livre sur les poilus inscrits sur le monument aux morts de la commune.
Grégory Viguié devant le monument aux morts de Calvi, en Haute-Corse.
Grégory Viguié devant le monument aux morts de Calvi, en Haute-Corse. © G.Viguié

Un livre pour rendre hommage aux poilus calvais

Le Gardois Grégory Viguié travaille depuis déjà un an sur ce projet. En octobre 2019, il a commencé à se plonger dans les archives municipales de Calvi, avant de poursuivre ses recherches sur le continent, notamment au Service historique de la Défense ainsi qu'aux Archives nationales. 

Son travail consiste à réaliser la biographie des 111 poilus inscrits sur le monument aux morts de Calvi. Deux autres parties du livre seront consacrées à la solidarité municipale pendant la guerre, ainsi qu'aux statistiques sur l'ensemble des poilus.

Plus le temps passe, plus la mémoire se délite.

Grégory Viguié

Le projet est avant tout motivé par un devoir de mémoire : "rendre hommage à ces soldats afin que leurs noms ne tombent pas dans l'oubli".

"Plus le temps passe, plus la mémoire se délite, regrette ce passionné de généalogie. Qui a déjà vu un monument aux morts à la gloire des Grognards de Napoléon ?"

"Un jour ou l’autre, on finira peut-être par détruire les monuments aux morts de la Grande Guerre 1914-1918. C'est donc important de travailler sur ce devoir de mémoire pour que les poilus, leur mémoire, puissent perdurer dans le temps"
.

Retrouver des descendants et partager des souvenirs

Ces prochains jours, en plus des recherches aux archives municipales de Calvi, Grégory Viguié souhaite se rendre au cimetière, chercher les tombes des poilus afin d'y trouver des photos pour son livre.

Il compte également faire le tour des villages aux alentours pour compléter ses recherches. Plusieurs soldats inscrits sur le monument aux morts de Calvi n'étaient pas natifs de la commune, mais de Lumio, Calenzana ou encore L'Île Rousse. 

Enfin, le plus gros du travail pour l'historien, "le plus long, le plus difficile, mais le plus intéressant", consiste à trouver des descendants des poilus. "Je cherche des photos, des documents, n'importe quel souvenir qui pourrait illustrer les biographies du livre", explique-t-il.
Grégory Viguié réalise les biographies des 111 poilus calvais morts pour la France en 14-18.
Grégory Viguié réalise les biographies des 111 poilus calvais morts pour la France en 14-18. © G. Viguié

Il se balade ainsi dans la ville et ouvre le dialogue avec ses habitants. "Parfois, ils ne savent même pas qu'ils ont un grand-père ou arrière-grand-père inscrit sur le monument aux morts", explique l'historien qui a déjà travaillé sur un projet similaire à Nîmes.

Grégory Viguié ne garde pas les souvenirs des Calvais. Il les prend simplement en photo et profite d'un moment privilégié avec les familles pour échanger.

"Ça crée une émulation au sein des familles. Rechercher avec les enfants et les petits-enfants, ça leur permet aussi de redécouvrir l’histoire familiale, de redécouvrir des souvenirs qu’ils avaient un petit peu oubliés", confie l'historien.

"C’est ça la partie la plus intéressante parce qu’on rentre dans l’histoire des familles, on travaille avec eux, poursuit-il. Ils sont heureux parce qu’ils auront dans le livre, le grand-père ou l’arrière-grand-père qui sera mis à l’honneur".
Grégory Viguié, généalogiste et historien nîmois.
Grégory Viguié, généalogiste et historien nîmois. © Viguié Généalogie
Grégory Viguié n'exclut aucun soldat de la Grande Guerre. Blessés ou malades et morts plus tard, certains poilus calvais ne figurent pas sur le monument aux morts.

Grâce à ses investigations et à ses rencontres, il est fort possible que leurs noms soient rajoutés lors de la présentation du livre achevé.

"Je me donne encore deux ans"

Grégory Viguié compte sur le bouche-à-oreille pour retrouver le maximum de descendants de poilus. "Ici, tout le monde se connaît, c’est génial. Ça aide énormément"

Malgré tout, cela va prendre du temps. "Je me donne encore deux ans pour sortir le livre", estime-t-il. L'historien prévoit déjà plusieurs allers-retours entre Calvi et le continent pour pouvoir terminer ses recherches.

Après dix livres publiés, dont "Les poilus nîmois, l’accent du sacrifice", son travail sur les poilus de Calvi paraîtra aux éditions La Fenestrelle. L'occasion peut-être de rencontrer des classes de CM1-CM2 pour travailler sur ce devoir de mémoire à Calvi.

Et si d'autres communes de Corse sont intéressées par un tel projet, Gréogry Viguié est partant, "avec grand plaisir".
 Pour contacter Grégory Viguié : 

Téléphone : 06.63.09.58.90
Mail : viguie.genealogie@gmail.com
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