Coronavirus - Jean-Baptiste Galeazzi, pneumologue à Bastia : “Toutes les épidémies ont une fin”

Le coronavirus Covid-19 passé au microscope. / © NIAID-RML / Maxppp
Le coronavirus Covid-19 passé au microscope. / © NIAID-RML / Maxppp

Chloroquine, mesures de confinement et élections municipales : Jean-Baptiste Galeazzi, pneumologue libéral à Bastia a répondu à nos questions par téléphone ce lundi il livre son analyse sur l’évolution de la situation concernant le Covid-19.

Par Interview menée par Henri Mariani, éditée par P. Sauthier

France 3 Corse ViaStella : Le traitement proposé par le professeur Didier Raoult, est-il un placebo ? Un médicament qui va soigner tout le monde ? Ou un palliatif en attendant mieux ?
 

Jean-Baptiste Galeazzi, pneumologue : On parle beaucoup de la Chloroquine , mais sans mentionner qu’elle doit être impérativement associée à un antibiotique, comme le préconise le professeur Raoult. Je pense que ça vaut la peine d’essayer, aucun médicament au monde n’est sans danger. Même le Paracétamol, pourtant utilisé sans ordonnance peut donner des effets secondaires.
A titre personnel, je n’hésiterais pas une seconde à la prescrire y compris à mes proches, dont cinq sont dans le milieu médical et donc en première ligne face au Covid-19.
 
Le confinement total de la population est-il le meilleur moyen de lutter efficacement contre l’épidémie, ou est-ce une décision par défaut, faute de mieux ?
 
Si nous avions la possibilité de tester des millions de gens, de faire de la massification, alors nous pourrions effectivement ne confiner que les personnes malades. Mais nous n’avons pas les moyens de le faire, le confinement, qui est une technique employée au moyen âge pour lutter contre les épidémies est donc une technique indispensable, qu’il fallait mettre en œuvre comme l’a fait le gouvernement. Vous savez, toutes les épidémies ont une fin, celle-ci aura également une fin. Soit parce qu’une grande partie de la population aura été contaminée par le virus, et aura développé les anticorps nécessaires. Soit, parce qu’un traitement efficace ou un vaccin auront été trouvés.

 Si nous avions la possibilité de tester des millions de gens, de faire de la massification, alors nous pourrions effectivement ne confiner que les personnes malades.

Comment s’organisera la fin du confinement selon vous ?
 
La sortie sera progressive, en douceur. Elle ne se fera pas d’un coup. Il y aura une évaluation qui sera faite dans chaque région afin de mesurer le niveau de contamination et le nombre de personnes encore malades.
 
Le premier tour des élections municipales a-t-il favorisé la propagation du virus ?
 
Ce qui a été un vecteur de propagation du virus, ça n’est pas le scrutin lui-même. J’ai voté au bureau électoral du collège Simon Vinciguerra à Bastia, je peux vous garantir que toutes les mesures avaient été prises et étaient respectées. Ce qui est dangereux, c’est le rassemblement des personnes, la promiscuité   dans les permanences électorales dans l’attente des résultats. Et les accolades et embrassades entre ces personnes lors de la proclamation des résultats, pour les candidats élus au premier tour.
 

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