Coronavirus : François Tatti questionne la démarche de l'Université de Corse

A ce jour, seul le laboratoire d'analyses du professeur Jean Canarelli est agréé pour réaliser des tests de dépistages du Covid-19 en Corse. / © PHOTOPQR/LA MONTAGNE/Thierry LINDAUER
A ce jour, seul le laboratoire d'analyses du professeur Jean Canarelli est agréé pour réaliser des tests de dépistages du Covid-19 en Corse. / © PHOTOPQR/LA MONTAGNE/Thierry LINDAUER

Le laboratoire de recherche de l'Université de Corte pourrait bientôt passer laboratoire de diagnostic, et ainsi réaliser des tests de dépistages au Covid-19. Une nouvelle qui suscite l'interrogation de François Tatti : pourquoi seulement maintenant ? Au mécontentement des universitaires.

Par Axelle Bouschon

Il aura suffit d'un tweet pour mettre le feu aux poudres.

L'Université de Corte a annoncé, mercredi, vouloir faire de son laboratoire de recherche un lieu agréé pour le dépistage et le diagnostic du Covid-19, qui a, à ce stade, contaminé au moins 250 personnes sur l'île et fait 21 décès . Le laboratoire viendrait ainsi en renfort de celui du professeur Jean Canarelli, à Ajaccio, seul habilité à ce jour à effectuer des tests de dépistage en Corse.
 

Une nouvelle découverte ce vendredi 27 mars par François Tatti, qui s'interroge : "Si l’Université possède des appareils permettant de faire les diagnostics Covid-19 depuis le début de la crise sanitaire, pourquoi ne pas les avoir immédiatement mis à disposition des hôpitaux ? Combien de patients auraient pu être diagnostiqués et pris en charge ?"
 

Le message, posté sur le compte Twitter du président de l'agglomération de Bastia, a suscité de vives réactions, notamment au sein du milieu universitaire. "Se servir de la peur et la détresse des gens (...) pour attaquer la fac est un procédé lamentable" répond ainsi un internaute, "Rassurez-moi vous hiberniez jusqu’à ce matin et vous venez de vous réveiller c’est ça ? Très petit de votre part ... On touche le fond" estime une autre. 

"Trop facile et démagogique de s'offusquer à posteriori... Surtout en brandissant la peur, la crainte, la surprise et les défauts de prise en charge, en période de crise..." souffle un troisième, quand certains choisissent de citer Abraham Lincoln : "Il vaut mieux rester silencieux et passer pour un imbécile, que parler et n'en laisser aucun doute".
 

Levée de boucliers contre le tweet de François Tatti, ce vendredi matin



"Je me fous de son avis"

Une indignation qui a dépassé le cadre des réseaux sociaux. Joint par téléphone, Antoine Aiello, directeur de la plateforme Stella Mare et signataire du collectif universitaire anti-Covid s'est dit peu concerné par l'opinion du président du Syvadec. "Il ferait mieux de s'en tenir à ce qu'il sait faire. Je me fous de son avis".

Le professeur est un des signataires du collectif universitaire anti-Covid, qui appelle notamment à la mise en oeuvre du protocole du Professeur Didier Raoult en Corse, et propose la réalisation de tests au Covid-19 dans les laboratoires de l'Université de Corte, afin d'entamer une phase de dépistage généralisé du coronavirus sur l'île.
 

François Tatti parle de chose qu'il ne connaît pas


"Nous avons de plus de très bonnes relations avec les hôpitaux et les médecins, et discutons avec eux depuis le début de l'épidémie de cette possibilité. François Tatti parle de chose qu'il ne connaît pas" conclut-il séchement. 



Agrément en cours

"C'est sans doute une méconnaissance du processus d'agrément", analyse Dominique Federeci, président de l'Université, qui indique "ne pas vouloir faire de polémique". Ainsi, rappelle-t-il, le laboratoire de la faculté est un laboratoire de recherche. Pour pouvoir y organiser des tests de dépistages, et un diagnostic dans les règles et dans de bonnes conditions, "il faut être agré par l'ARS". 
 

Depuis la semaine dernière, nous avons des échanges réguliers avec les acteurs de la crise, et nous avons très tôt avancé cette possibilité. Je pense que notre volonté d'aider est claire, entre le collecti anti-Covid, et cette proposition.


L'Université en a fait la demande auprès de l'Agence régionale de santé par lettre mercredi. "Mais depuis la semaine dernière, nous avons des échanges réguliers avec les acteurs de la crise, et nous avons très tôt avancé cette possibilité. Je pense que notre volonté d'aider est claire, entre le collecti anti-Covid, et cette proposition."

Dominique Federeci espère maintenant recevoir une réponse au plus vite de la part de l'ARS, "idéalement cet après-midi". Après quoi, si cette dernière était positive, la faculté pourrait entamer les démarches pour produire au plus vite des premiers tests de dépistage au sein de son laboratoire. "Il nous faudra nous approvisionner en test. L'objectif, c'est de mettre tout ça en place le plus vite possible". Peut-être même dès le début de la semaine prochaine.

Sollicité pour réaction, François Tatti n'a pour l'heure pas répondu à nos demandes.

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