Réforme de la PACES en Corse : le député Jean-Jacques Ferrara interroge la ministre de l'Enseignement supérieur

Face à l'inquiétude des étudiants en première année de médecine en Corse confrontés à la réforme du concours, le député Jean-Jacques Ferrara a adressé une question écrite à la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal. Il demande un quota dérogatoire pour la Corse. 

Jean-Jacques Ferrara dénonce un "déséquilibre" quant aux places attribuées en deuxième année.
Jean-Jacques Ferrara dénonce un "déséquilibre" quant aux places attribuées en deuxième année. © Vincent Isore / MaxPPP

37 places pour les redoublants en PACES, 12 pour les nouveaux étudiants en PASS. Tels sont, en Corse, les quotas d'admission en 2e année de médecine fixés par le ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Santé dans le cadre de la nouvelle réforme du concours. Une répartition jugée injuste par les étudiants, mais pas que. Le député de la 1ère circonscription de Corse-du-Sud, Jean-Jacques Ferrara, a déposé une question écrite à la ministre Frédérique Vidal pour tenter de la sensibiliser à la situation spécifique du territoire.

"Sur les 49 places attribuées à l'Université de Corse, les Ministères de l'Enseignement Supérieur et de la Santé ont décidé d'affecter 37 places aux 83 étudiants en PACES et d'attribuer les 12 places restantes à hauteur de 7% aux 147 étudiants en PASS et 30% aux étudiants en LAS 1 et 2", explique Jean-Jacques Ferrara. En résumé, seuls 6,04% des étudiants en PASS pourrons passer en deuxième année. 

"Un tel déséquilibre apparaît injuste et appelle un réajustement, afin de ne pas confronter ces étudiants à un taux de réussite exceptionnellement faible, qui plus est dans une région particulièrement affectée par la désertification médicale".

La réforme face aux réalités insulaires

Selon le nouveau système intégré au plan "Ma Santé 2022", le numerus clausus laisse place au "numerus apertus", un nombre d'étudiants admis en deuxième année voulu plus flexible et adapté aux besoins de chaque territoire. C'est là que le bât blesse.

"La modification va être particulièrement aigüe en Corse compte tenu du faible nombre d’étudiants déjà sur le territoire, du faible nombre de médecins, de l’absence de la possibilité de réaliser la totalité des études de médecine en Corse, mais également de l'absence de centre hospitalo-universitaire (CHU)", poursuit l'élu.

Pour rappel, selon une étude du Guide Santé publiée jeudi 5 novembre 2020, 53% des communes en Corse sont des déserts médicaux contre 0,5% à l'échelle nationale. 

Le député demande un "quota dérogatoire" pour la Corse

"Il serait légitime d’avoir un quota dérogatoire pour la Corse, explique le député. Dans ces conditions-là, vous imaginez la situation des étudiants qui veulent s’engager dans cette filière ? Il faut être particulièrement volontaire et motivé." 

"S'il n'est pas envisageable de retirer des places à une filière pour les attribuer aux autres, et ainsi pénaliser de nombreux étudiants, il apparaît indispensable d'augmenter le quota pour l'année 2020/2021, poursuit-il, comme cela a été accordé aux universités qui ont basculé l'an dernier dans la réforme de manière anticipée, à hauteur de 18 places créées exceptionnellement pour cette promotion"

En Corse, le risque est double : décourager certaines vocations, et rendre obligatoire le départ sur le continent dans des facultés qui autorisent plus de places en deuxième année. "Or on peut penser que les jeunes qui s’engagent dans cette filière viennent s’installer en Corse et pratiquer en Corse pour le grand bonheur et le bénéfice de la population qui vit ici".

La démarche de Jean-Jacques Ferrara accompagne les revendications des étudiants de l'Institut Universitaire de Santé à Corte. Le 28 janvier, ils se sont réunis devant leur faculté pour dénoncer les conséquences de cette réforme.

Le collectif PASS/LAS pour défendre la "génération sacrifiée"

Si le cas de la Corse fait exception quant à sa situation, il s'inscrit néanmoins dans une démarche au niveau national pour dénoncer l'injustice vécue par la première génération post-réforme. Le collectif PASS/LAS a été créé pour dénoncer les préjudices à venir. Une pétition en ligne a déjà récolté plus de 30.000 signatures. "En pleine pandémie, et si rien n’est entrepris pour rétablir l’équité, ils sont condamnés à être une génération sacrifiée", écrit le collectif PASS/LAS. 

Ils demandent au gouvernement de garantir "une augmentation exceptionnelle de la capacité d’accueil d’a minima 33 %" pour toutes les Universités qui appliquent la réforme pour la première fois cette année. 

 

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