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Emploi : les formations dans le secteur des déchets ne font pas recette

Le tri sélectif permet, en théorie, la création de nombreux emplois. Mais ce sont des métiers difficiles et pénibles. Et peu de personnes se tournent vers ces formations. Pourtant, la Corse ne valorise que 20% de ses déchets. Un dossier de la rédaction à découvrir ici !
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Photo d'illustration © Maxppp/ V.Voegtlin
Agent de tri, conducteur d'engin, chimiste, ambassadeur du tri : ces métiers peu plébiscités pourraient constituer à l'avenir un vrai gisement d'emplois.

Dans une entreprise au sud de Bastia, 90 personnes travaillent dans la prise en charge et la valorisation des déchets. Le travail à la chaine de tri est pénible. Pourtant, la paie est loin d'être attractive, elle correspond au salaire minimum : 1.150 euros net par mois.

Ces salariés ont été embauchés en contrat d'insertion. Mais d'autres postes plus valorisants seraient à pourvoir. Seul problème, les insulaires n'ont pas les formations requises.

« C’est assez difficile de trouver des personnes compétentes avec un niveau de formation lié au secteur de l’environnement. On recrute majoritairement des insulaires, mais pour des postes assez techniques, on est obligé de faire appel à des candidats venus du continent ou basé sur le continent pour travailler ici », explique Soufien Bouhaloua, DRH d'une entreprise de collecte de déchets.


Formation de jeunes


Car l'entreprise est en pleine expansion, elle prévoit une seconde chaine de tri pour les déchets des entreprises. 10 à 15 emplois de cadre seraient disponibles, selon ce directeur des ressources humaines.

Dans la filière déchet, certaines sociétés demandent des compétences particulières. C'est le cas d’une entreprise de l’île, qui prend en charge 2.800 tonnes de déchets toxiques par an. Aérosols, huiles usagées : sur place une chimiste est indispensable afin d'analyser la nature des polluants. Comme tous les autres salariés, elle a bénéficiée d'une formation en interne.

« Nous avons privilégié ces dernières années des recrutements en contrats de professionnalisation, donc des jeunes qui ne sont pas initiés et que nous formons ensuite. Ils apprennent la base et le terrain concernant tout le cursus déchet, de la collecte au tri sélectif », explique Gérard Medori, directeur d'une entreprise de traitement de déchets dangereux.

Après un stage en alternance, Aurélie, 24 ans a été embauchée en CDI comme commerciale.
Son salaire est de 1.800 euros net par mois. C'est une diplômée de l'Université de Corté : « L’environnement était souvent soulevé durant mes études et j’ai souhaité m’orienter vers une entreprise ou une déchèterie, ou de la gestion des déchets ».


Changer les habitudes


Avec les entreprises privées, les collectivités locales sont également à la recherche de salariés, formés ou pas. La communauté de communes de Casinca a embauché trois ambassadrices du tri et un agent technique, en contrat d'avenir.

Ils font du porte-à-porte pour encourager les habitants à faire leur compost et le tri sélectif. En diminuant le volume des déchets ménagers, la Casinca a économisé 57.000 euros sur la facture enfouissement. Cette économie va pouvoir pérenniser les quatre nouveaux emplois. Guide, ou maître composteur : des qualifications qui vont du CAP au Bac professionnel.


En Corse, 20% des déchets valorisés


Le Centre de formation des apprentis est habilité à former des stagiaires dans le domaine des déchets depuis juillet 2015. « Cette spécialité représenterai un gisement de 600 emplois sur la Corse, c’est énorme », affirme Xavier Luciani, directeur du Centre de formation des apprentis de Furiani.

Ce chiffre est-il surévalué ? En tout cas, la formation mise en place par le CFA n'a pas attiré de stagiaires, et pas de candidatures spontanées. Est-ce dû à une mauvaise communication ? Ou ce type d'emploi est-il rédhibitoire ?


Pourtant, tout reste à faire. Car la Corse produit chaque année 183.000 tonnes d'ordures ménagères. Et seulement, 20 % de ces matières sont valorisées.

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