Législatives 2022 : 5 questions à François-Xavier Ceccoli, candidat dans la deuxième circonscription de Haute-Corse

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Le maire de San-Giuliano est également le président de la fédération Les Républicains de Haute-Corse. Pour autant, il se présente au scrutin législatif sans avoir demandé l'investiture de son parti.

Il a mené la campagne de Valérie Pécresse en Corse pour la dernière présidentielle. Et il semblait être l'un des derniers piliers insulaires du parti Républicain, en capilotade sur l'île comme sur le continent. Et pourtant, François-Xavier Ceccoli, à l'occasion de la législative sur la deuxième circonscription de Haute-Corse, se présente aux électrices et aux électeurs sans l'investiture LR. Une investiture qui n'a pas demandée. Le maire de San-Giuliano l'assure, il reste fidèle à l'esprit de son parti. Mais il préfère aussi rester prudent... Explications. 

Qu’est ce qui a motivé votre candidature ?
Peut-être l'offre politique qui se dessinait dans la circonscription. Aujourd'hui elle s'est un peu enrichie, mais au tout début nous avions sur la deuxième circonscription de Corse-du-Sud une offre nationalo-nationaliste, avec le sortant Jean-Félix Acquaviva, et monsieur Lionel Mortini. J'estime pour ma part qu'en démocratie, la base, c'est la diversité de l'offre politique, et je ne pouvais pas imaginer que sur la circonscription, il y ait une offre aussi restreinte politiquement. Il me semblait nécessaire de porter une autre voix que l'offre nationaliste. 

Si vous êtes élu, quelles seront vos principales actions en faveur de votre circonscription en tant que député ?
Bien sûr, les débats nationaux sont importants, mais ma priorité, ce sera les actions locales. J'ai retenu quatre points essentiels dans mon programme.
Le premier, c'est le pouvoir d'achat, avec des mesures fortes sur les carburants, la TVA réduite à 2,10 sur les paniers alimentaires.
Le deuxième, c'est la santé, en matière par exemple de lutte contre les cancers, alors que l'offre est vraiment affligeante. Je plaide à ce titre pour la création d'un vrai hôpital centralisé pour la Haute-Corse, où l'on aurait l'ensemble des services, des traitements et des examens. Mais je soutiendrais également la création d'une vraie antenne médicale dans la plaine orientale.

Oui au tourisme, mais il ne faut pas qu'on devienne les Baléares.

Le troisième point, c'est l'accès au logement, avec des mesures assez fortes pour les primo-accédants. Je propose que chaque commune ait le droit et le choix de limiter le pourcentage de résidences secondaires sur tout ou partie de son territoire, et je pense que ce que nous avons réalisé à San-Giuliano, au village comme en bord de mer, plaide en notre faveur. Les résidences secondaires corses ne seraient bien sûr pas concernées, la déclaration d'impôts faisant foi. Chaque élu aurait ainsi en main les clés pour limiter ce qui aujourd'hui est un déséquilibre flagrant. Oui au tourisme, mais il ne faut pas que l'on devienne les Baléares. 
Le dernier point, c'est l'économie et le solidaire propre. Il faut continuer de prendre des mesures pour les entreprises, notamment une mesure très importante, qui est la baisse du coût horaire du travail. En baissant les charges, vous pouvez permettre aux employeurs d'augmenter les salaires. Si vous enlevez 200 euros de charge sur 2000 euros brut, ça fait 200 euros de plus en salaire. 

Un cycle de discussions devrait s'amorcer entre le futur gouvernement et les élus de la Corse autour de la possibilité d'évoluer vers un statut d'autonomie. Quelle sera votre position sur cette question ?
Je fais partie des progressistes, et donc, sur le principe, je ne suis pas un opposant farouche à l'idée de plus de compétences. Ma seule ligne blanche, et elle est très claire, c'est que d'éventuelles compétences supplémentaires doivent être mieux exercées par la Région en direct qu'elles ne le sont par l'Etat. En clair, soit il y a une amélioration du service, soit il y a une dégradation. Quand je vois comment les déchets sont traités en Corse, ou plutôt comment ils ne le sont pas...
Quels seront les moyens, quels seront les décideurs, quelle sera l'ingénierie mise en place ? J'attends des réponses à ces questions. Et je m'interroge aussi sur l'autonomie fiscale. J'aimerais savoir quel aurait été le parachute si l'autonomie fiscale avait été en place à l'époque du Covid, et qu'il n'y avait plus aucune rentrée d'argent. Quel aurait été notre amortisseur ? Je veux bien qu'on prenne le bon, en matière d'autonomie, mais il ne faut pas oublier de ce demander ce qu'il passe lorsque c'est moins bon. Il faut rester prudent. 

J'attends de savoir ce que va devenir mon parti.

Il y a des candidats classés à droite, pour ces législatives, mais aucun ne se présente avec l'étiquette des Républicains. C'est une première depuis très longtemps. Vous-même, qui êtes président de la fédération de Haute-Corse des républicains, n'avez pas demandé l'investiture. Comprenez que l'on s'interroge...
Ca nécessite un certain nombre d'explications, c'est vrai. Je n'ai pas demandé l'investiture LR tout simplement parce que j'attends de savoir ce que va devenir mon parti. Aujourd'hui il est en pleine refonte, et c'était nécessaire. Cette refonte va définir une nouvelle ligne politique, et également de nouvelles personnalités pour la mettre en œuvre. Moi, je me revendique de l'héritage du général De Gaulle, cette fameuse droite forte et sociale, proche des peuples, proche de la population, solidaire, et animée des valeurs du travail, et pas forcément de l'argent des grosses entreprises. Et pas la droite des extrêmes. Si cette droite-là perdure, je resterai un pilier des Républicains.

Et si ce n'est pas le cas et que vous gagnez, le 19 juin prochain, avec qui siégeriez-vous ?
Si ce n'est pas le cas, un autre groupe de droite se dégagera de toute manière sur les bancs de l'Assemblée nationale. Et il est primordial d'être dans un groupe pour pouvoir peser. Les nationalistes, dont l'action a été très diluée au niveau réglementaire, décisionnaire, comme en ce qui concerne les propositions de loi, s'en sont rendus compte. 
Quoi qu'il advienne, je suis, et je resterai, un homme de droite. Et je pense que la diversité politique est nécessaire. Alors je ne siégerai pas dans la majorité présidentielle. Je ne rejoindrai ni Renaissance, ni Horizons, ni que sais-je encore...