Rentrée politique de Femu a Corsica : pour Gilles Simeoni, "on ne peut pas opposer l'autonomie et les problématiques concrètes"

Femu a Corsica organise sa rentrée politique, ce dimanche 3 septembre à Aléria. Un rendez-vous marqué par une série de conférences-débats, et qui se veut rassembleur, au-delà même du parti majoritaire. Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de Corse, nous a accordé un entretien dans le cadre de cette journée.

Femu a Corsica a choisi de tenir sa rentrée politique à Aléria, un lieu symbolique. Y avait-il un besoin de revenir aux fondamentaux ?

Il y a besoin de réaffirmer le fil historique d'un combat qui a commencé il y a plus de 60 ans pour la période contemporaine. Un combat qui puise à l'histoire, à la justice, à l'exigence de reconnaissance de notre peuple. Et c'est important qu'à la veille d'échéances politiques fondamentales nous réaffirmions que nous sommes dans la continuité de ce combat.

C'est donc un message à l'Etat ?

C'est aussi un message à l'Etat, de la permanence du combat qui est le nôtre, du fil historique dans lequel nous nous inscrivons, et le fait que le peuple corse existe depuis toujours sur ces terres et qu’il a vocation à continuer à vivre et à se développer.

Le 5 juillet dernier, l'Assemblée de Corse a adopté par 46 voix la délibération en faveur d’un statut d'autonomie pour la Corse. Depuis, pas de réponse, pas de communication de la part du gouvernement. Comment envisagez-vous la suite du processus de Beauvau ?

La Corse a parlé, l'Assemblée de Corse s'est exprimée, cette délibération a été votée à une très large majorité. Nous avons fait notre part du travail, maintenant c'est à l'Etat de répondre. Je pense qu'il a vocation à le faire dans les tout prochains jours. Le mois de septembre sera donc décisif.

Il y a la dimension politique, historique, institutionnelle, et puis il y a aussi toutes les autres urgences, économiques, sociales, sociétales. À nous de les traiter avec détermination, en inscrivant chacune de ces dimensions dans une philosophie globale, celle de la vocation de ce peuple à être reconnu et à exercer ses droits.

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Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de Corse, nous a accordé un entretien. ©Christian Giugliano, Sarah Defranchi / FTV

Vous n'avez pas eu le moindre signe de l'Etat depuis juillet ?

Pour l'instant il n'y a rien d'officiel. On entend beaucoup dire que la réponse par rapport à la délibération devrait intervenir dans quelques jours, on parle aussi d'un voyage du ministre Darmanin, voire du président de la République. Mais au moment où je vous parle, je n'ai aucune confirmation officielle.

Il vous est parfois reproché de faire de l'autonomie l'alpha et l'oméga de votre politique, au détriment peut-être de problématiques concrètes...

Nous l'avons dit et nous allons continuer à le démontrer : on ne peut pas opposer l'autonomie et les problématiques concrètes. Un statut d'autonomie c'est bien sûr une revendication historique, une revendication institutionnelle, mais c'est aussi la façon d'apporter des réponses efficaces dans le domaine économique, dans le domaine fiscal, dans le domaine du patrimoine, dans le domaine social...

L'expérience qui est menée dans d'autres régions ou territoires montre que l'autonomie s'est toujours traduite, pour les peuples qui la vivent, par des progrès, notamment dans les domaines économiques et sociaux.

Cette rentrée politique est placée sous le signe de l'autonomie. Vous avez invité l'ensemble des partis politiques...

Je suis moi-même invité aujourd'hui, puisque cet événement est organisé par le mouvement Femu a Corsica. Je suis convié en tant président du conseil exécutif, au même titre que la présidente de l'Assemblée de Corse, et c'est normal que nous soyons là.

Ceci étant, il y a effectivement d'autres responsables et élus européens, et notamment de régions ou de territoires qui vivent depuis longtemps des statuts d'autonomie et en tirent beaucoup de bienfaits.

Vis-à-vis des autres élus nationalistes, nous avons largement invité. Certains ont fait savoir qu'ils ne viendraient pas, d'autres seront présents. Ce sera l'occasion de débattre sur l'autonomie et sur ses déclinaisons dans tous les domaines.

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