#InCasa : Que lire, que regarder pendant le confinement ? Les conseils de nos invités très spéciaux (Episode 5)

Julien Blanc-Gras a choisi l'Homme-dé, l'un des romans les plus troublants, revigorants et fascinants XXème siècle / © Raphaël Poletti
Julien Blanc-Gras a choisi l'Homme-dé, l'un des romans les plus troublants, revigorants et fascinants XXème siècle / © Raphaël Poletti

 Chaque jour, des auteurs, corses, continentaux ou internationaux, des acteurs culturels, et des anonymes, concoctent un conseil pour nos internautes. Et le casting est de choix... Aujourd'hui, Julien Blanc-Gras, qui gère remarquablement le confinement, pour un écrivain voyageur !

Par Sébastien Bonifay

Le conseil de Julien Blanc-Gras :

Je recommande sans hésitation L'homme-dé de Luke Rhinehart
C'est l'histoire d'un psychiatre, dans le New-York des années 70, qui décide de s'en remettre totalement au hasard en jouant toutes les décisions de sa vie au dé.
Impossible de lâcher ce roman à la fois profond et excentrique, qui brasse les questions du hasard, du destin, du libre arbitre (et donc de l'existence de Dieu), tout en restant hilarant de bout en bout.
Ça ne peut pas nuire en ce moment. 

 
"Notre plus profond désir est d'être multiples, de jouer de nombreux rôles différents". Luke Rhinehart, L'Homme Dé / © DR
"Notre plus profond désir est d'être multiples, de jouer de nombreux rôles différents". Luke Rhinehart, L'Homme Dé / © DR


Dans le roman, le psychiatre contamine son entourage avec sa manie hasardeuse. Dans la réalité, ce roman a engendré une communauté d'adeptes suivant les préceptes du Dé, comme dans le livre.
Belle illustration de la viralité de la littérature. 

 

N'importe qui peut être n'importe qui - Luke Rhinehart

La tonalité de L'homme-dé est, disons, anarcho-libertaire (sans être militant, Dieu merci (s'il existe, donc)) et questionne gaiement toutes nos structures d'organisation sociale
C'est peut-être le moment d'y songer aussi, quand on constate l'hallucinante baisse de la pollution, qu'on retrouve au petit matin le concert des oiseaux et que l'on voit les eaux de Venise redevenir bleues.

Julien

 
Julien Blanc-Gras, à Bastia, sous le regard de St-Jean. / © Patrick Vignoli
Julien Blanc-Gras, à Bastia, sous le regard de St-Jean. / © Patrick Vignoli


Julien Blanc-Gras, la bio :
Un temps journaliste, ce « névrosé de géographie », selon ses mots, décide en 2001 de partir à l’aventure. Destination, l’Amérique du Sud.
Il revient de ce voyage avec l’idée d’un premier livre, Gringoland.
Le début d’une exploration du globe à la découverte de pays de plus en plus éloignés et improbables, qu’il nous raconte dans un style ironique, original, et sans filtre.
Ainsi, dans Paradis avant liquidation, Blanc-Gras nous emmenait au coeur du Pacifique, aux Kiribati. Un pays en voie de disparition dont l’avenir incertain se dessine sur fond de sable blanc et de (remontée des) eaux turquoises.
Son dernier livre, Comme à la guerre, confirme le changement de cap initié avec In Utero. L’écrivain globe-trotter y livre une réflexion plus personnelle autour de la paternité et de la transmission.
Mais avec Blanc-Gras le voyage n’est jamais loin…
Voyage à travers le temps grâce aux récits de guerre de ses grands-parents, et voyage d’un père qui doit affronter la réalité d’un monde se relevant après les attentats de Paris. 
Un roman beaucoup plus intime, donc, mais toujours empreint d’une tonalité qui n’appartient qu’à lui.


 

► Retrouvez la biliothèque du confinement conseillée par les invités de France 3 Corse :


- LAURENT CHALUMEAU
nous parle de 
Le maître de Ballantrae de Robert Louis Stevenson
 
Pour Laurent Chalumeau, un seul mot d'ordre, "vive le hasard. Et de la nécessité faisons donc une vertu. Lisons donc certains livres qu’autrement nous n’aurions jamais lus.
Ceux qu’on a. Ceux qui sont là." / © Raphaël Poletti
Pour Laurent Chalumeau, un seul mot d'ordre, "vive le hasard. Et de la nécessité faisons donc une vertu. Lisons donc certains livres qu’autrement nous n’aurions jamais lus. Ceux qu’on a. Ceux qui sont là." / © Raphaël Poletti
 


- JACKY SCHWARTZMANN
nous parle de 
Vinyl et Chernobyl, sur HBO
 
Les choix de séries de Jacky Schwartzmann sont ) l'image de ses livres : d'un humour noir féroce et revigorant / © Hermance Triay
Les choix de séries de Jacky Schwartzmann sont ) l'image de ses livres : d'un humour noir féroce et revigorant / © Hermance Triay
 


- FRANCOIS MEDELINE
nous parle de
Le seigneur des porcheries de Tristan Egolf
 
C'est François Médéline qui s'est essayé à l'exercice de critique littéraire en temps de crise, avec son style inimitable ! / © xhacquard_et_vloison
C'est François Médéline qui s'est essayé à l'exercice de critique littéraire en temps de crise, avec son style inimitable ! / © xhacquard_et_vloison
 


- PHILIPPE JAENADA
nous parle de
Jacques le Fataliste, de Diderot
 
Philippe Jaenada, prix Femina 2017, a choisi Jacques le Fataliste de Diderot / © Raphaël Poletti
Philippe Jaenada, prix Femina 2017, a choisi Jacques le Fataliste de Diderot / © Raphaël Poletti
 

Avoir le temps, pour une fois...

La phrase que les libraires, les bibliothécaires et les écrivains entendent le plus souvent, c'est "J'adore lire, mais j'ai jamais le temps !". 
Maintenant, et pour quelques jours au moins, nous l'avons. 

Vous êtes chez vous, et vous avez regardé mille fois tous les épisodes de Friends. 
Que l'on soit grand lecteur, lecteur occasionnel, ou pas du tout lecteur, c'est le moment où jamais de tenter des choses, de sortir de sa zone de confort, de prendre le temps de regarder des films, d'écouter des disques, de lire des livres, ceux qu'on laisse de côté, qu'on garde pour plus tard sans jamais y aller, ou dont on est persuadés qu'ils ne sont pas pour nous. 
Avoir le temps de lire, pour une fois.
Le risque, c'est celui d'avoir perdu quelques heures qui, de toute manière, ne vous manquent pas, si par malheur ça ne vous plaît pas.
Le pari, c'est de passer quelques heures formidables qui vous divertiront, vous ferons rire, bousculeront vos certitudes, vous ferons faire un pas de côté, et voir les choses un peu autrement. 
Ca vaut le coup d'essayer. 

On a demandé à des écrivains, des libraires, des artistes, des bibliothécaires de choisir un livre pour les Corses confinés chez eux, et de nous dire, en quelques mots, pourquoi ce choix. 
Et tous ont répondu favorablement. 

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