La lutte « contre le terrorisme et la criminalité organisée », priorité du nouveau coordonnateur pour la sécurité en Corse

Ce jeudi 15 février, Arnaud Vieules a officialisé sa prise de fonction à la préfecture de Corse en tant que coordonnateur pour la sécurité. Il répond aux questions de France 3 Corse ViaStella.

La nomination d’Arnaud Vieules en tant que « sous-préfet, coordonnateur pour la sécurité en Corse » avait été actée le 9 janvier dernier, par décret du président de la République. Il a officialisé sa prise de fonction à la préfecture de Corse, ce jeudi 15 février. 

Jusqu’alors sous-directeur de la protection économique à la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), il était en poste à la direction des renseignements généraux d’Ajaccio dans les années 1990. 

En poste pour une durée de trois ans, Arnaud Vieules succède à Michel Tournaire, nommé à la sous-préfecture de Vichy en novembre dernier. Le nouveau coordonnateur pour la sécurité en Corse répond aux questions de France 3 Corse ViaStella. 

Vous étiez en Corse, il y a plus d’une vingtaine d’années, vous revenez, un vrai policier reprend ce poste de coordinateur à la préfecture de Corse, avec quelles priorités ? 

Les priorités, ce sera la lutte contre le terrorisme, la lutte contre la criminalité organisée. Il s’agit de coordonner, d’associer, non seulement les services de sécurité, mais l’ensemble des services de l’État pour envisager les résultats d’action les plus pertinents. Une action qui vise l’entrave, la réduction de ces menaces pour un espace plus paisible dans cette région. 

Lors de votre conférence de presse, vous avez beaucoup parlé de criminalité organisée, pour vous, c’est une menace qui pèse sur la société, en quoi ? 

C’est une menace qui pèse parce que la criminalité organisée rompt le lien social le plus paisible entre les gens. Quand vous êtes dans des logiques de corruption, l’État de droit s’effondre, l’égalité entre les citoyens s’effondre. C’est la loi du plus fort. Et ce territoire à le droit, comme n’importe quel autre en France ou partout ailleurs, à cette égalité entre les citoyens et qui suppose une action extrêmement déterminée contre ces acteurs. 

Des acteurs « redoutables, »vous avez dit… 

Oui, ce sont des acteurs redoutables, ils sont très organisés, ils orchestrent leur action, ils sont très fortement soutenus, ils sont dans des logiques d’association, ils sont craints, ils génèrent une délinquance très violente avec des assassinats. Oui, il s’agit d’avoir une action déterminée contre ces acteurs. 

Deuxième priorité, le terrorisme, avec un retour de la violence politique… 

Je fais le constat, comme tous, sur le redémarrage sur ce territoire après une période d’accalmie du terrorisme. La violence politique n’est pas une voie, ce n’est pas la voix que l’État peut entendre. Il y a des discussions politiques aujourd’hui, toute la place doit être laissée à la politique et aucune place ne peut être laissée à la violence politique. On discute entre acteurs responsables, on ne discute pas avec des acteurs qui portent une cagoule. 

Avez-vous pensé à une méthode ? 

Je vais être un peu générique et je n’entrerai pas dans le détail parce qu’il faut rester discret sur la manière dont on fonctionne quand on fait le métier que je fais. Je viens du renseignement dont on peut comprendre que c’est pour ces compétences-là que l’on fait appel à moi ici. 

La méthode consiste à associer de manière très engagée, très déterminée, tous les acteurs et les fédérer pour permettre de récupérer toutes les informations nécessaires pour une action très déterminée d’entrave. Donc la méthode, c’est rapprocher le plus possible les acteurs, se mettre autour d’une table, faire remonter de l’information et mettre en place une action déterminée pour entraver. 

Le reportage de Marie-Françoise Stefani et Lionel Luciani :

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M.-F. Stefani ; L.Luciani ; ©France Télévisions