Tema Napoléon : la chute de l’empereur

© Stéphane Agostini/FTVIASTELLA
© Stéphane Agostini/FTVIASTELLA

En 1814, l'Empire s'effondre. Napoléon est forcé d'abdiquer et part pour l'île d'Elbe. S'il parvient à reconquérir la France après 11 mois d'absence, ce sera la dernière fois que la chance sourira à l'empereur.

Par France 3 Corse ViaStella

Avril 1814 dernier acte du règne de Napoléon. C’est à Fontainebleau que l’empereur signe son abdication. « Pressé par ses maréchaux, Napoléon signe le 4 avril une abdication conditionnelle. Puis […] il est acculé le 6 avril 1814. Il doit signer une abdication définitive », explique Christophe Beyeler, conservateur du musée Napoléon 1er au palais de Fontainebleau. 

Autour de Napoléon, tout s'effondre. Toute l'Europe s'est coalisée contre lui. En mars 1814, la bataille de Paris est perdue. Le Tsar de Russie, Alexandre Ier, est rentré victorieux dans la capitale. « Des catastrophes vont se succéder. Il apprend à Fontainebleau que le Sénat le destitue de son titre d’empereur, il apprend la trahison de tous les maréchaux, il apprend aussi qu’on refuse qu’il abdique en faveur de son fils », précise Philippe Perfettini, historien et responsable des collections napoléoniennes au Palais Fesch - Musée des beaux-arts d’Ajaccio. 
 

« Je vous fais mes adieux »


Le 20 avril, Napoléon s'apprête donc à partir pour l'île d'Elbe où les puissants alliés ont décidé de l'assigner à résidence. Du haut de l'escalier en fer-à-cheval de Fontainebleau, il adresse à ses soldats un discours improvisé et émouvant. « Il s’adresse à eux : ‘Soldats de ma vieille garde, je vous fais mes adieux. Je ne puis vous embrasser tous. J’embrasse le drapeau, j’étreins votre Général’. Et là, il s’engouffre dans une berline et en route pour l’île d’Elbe, ce caillou en Méditerranée », continue Christophe Beyeler. 

 
Tema Napoléon : la chute de l’empereur
Intervenants - Christophe Beyeler, Conservateur du musée Napoléon 1er au palais de Fontainebleau ; Philippe Perfettini, Historien et responsable des collections napoléoniennes au Palais Fesch - Musée des beaux-arts (Ajaccio ) ; Pierre Branda Directeur du patrimoine de la Fondation Napoléon. Equipe - Caroline Ferrer ; Stéphane Agostini ; Yann Moil.


L'île d'Elbe lui a été accordée ainsi qu’un revenu annuel de deux millions de francs. Il conserve son titre d'empereur et une agréable villa lui est aménagée à Porto Ferraio. « On se moquera de lui, Chateaubriand son royaume un ‘carré de choux’. Il va vite en faire le tour, il va l’administrer, le changer, tracer des routes, créer des fontaines, assainir la ville. Mais le problème, c’est qu’en Europe, on ne l’a pas oublié. Et on estime qu’il est beaucoup trop près des côtes européennes. Les Français puis les Autrichiens commencent à intriguer pour l’en faire partir et peut-être déjà le déporter à Sainte-Hélène », indique Pierre Branda, directeur du patrimoine de la Fondation Napoléon.
 

Le vol de l’aigle


Napoléon y reste 11 mois. Persuadé que la France se lassera de la restauration de la monarchie avec Louis XVIII, il s'embarque pour la France avec une poignée de fidèles. Il reconquiert le pouvoir avec une facilité déconcertante. 

Ce sera le vol de l'aigle. « Personne n’a repris un pays à lui tout seul sans tirer un coup de fusil. En seulement 20 jours, […] il a repris seul son pays et chassé les Bourbon sans même qu’il y ait une bataille », complète Pierre Branda. 

Mais ce sont les tous derniers feux de la gloire. Car désormais, la chance cessera définitivement de lui sourire.


 

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