Territoriales 2021 en Corse : l'heure des rapprochements et des négociations

La famille nationaliste a réuni plus de 50 % des votes. Elle sort renforcée de ce premier tour, mais en sort-elle plus unie ? Il va maintenant falloir trouver la bonne formule pour reprendre l'Assemblée de Corse, et les discussions s'annoncent serrées...

Qui se rangera derrière Gilles Simeoni au deuxième tour des territoriales ?
Qui se rangera derrière Gilles Simeoni au deuxième tour des territoriales ? © Marc-Antoine Renucci

L'heure est désormais aux tractations. Les mouvements, les partis se sont comptés. Et savent désormais de quoi ils peuvent se prévaloir devant leurs alliés potentiels. 

Une chose est sûre, les nationalistes ont remporté la première manche. Mais sous quelle forme vont-ils aborder la deuxième ? Trois des quatre listes ont passé la barre des 7 %, et peuvent donc se maintenir, et assurer leur présence sur les bancs de l'Assemblée. La quatrième, celle de Corsica Libera, échoue aux portes du second tour à quelques voix près, en enregistrant un score de 6,9 %. 

Le triumvirat au pouvoir à la CdC durant la dernière mandature devrait reprendre les discussions.
Le triumvirat au pouvoir à la CdC durant la dernière mandature devrait reprendre les discussions. © Michel LUCCIONI / FTV

Une famille recomposée ?

Les combinaisons sont nombreuses, dans cette équation à quatre inconnues, où il est difficile de mesurer combien pèseront les divergences du passé face au pragmatisme politique qu'impose un second tour. 

Ce serait fort de café qu'avec plus d'un Corse sur deux qui vote nationaliste, on perde la majorité à l'Assemblée.

Jean-Christophe Angelini

Pour le maire de Porto-Vecchio, "ce serait fort de café qu'avec plus d'un Corse sur deux qui vote nationaliste au premier tour, on perde la majorité à l'Assemblée". Mais Gilles Simeoni, de son côté, s'empresse de préciser que "l'on ne peut pas additionner de façon mécanique les scores. Le message envoyé c'est d'être à la hauteur des enjeux. Bien sûr que je vais me tourner vers Jean-Guy, Paul-Félix, Jean-Christophe, et même d'autres candidats et candidates. On souhaite rassembler le plus largement possible, mais pour être crédible il faut être d'accord sur les principes, et les valeurs". 

Une condition qu'avait déjà avancée Femu in Corsica en avril dernier, pour légitimer sa volonté d'aller seul au scrutin. Un argument qui avait irrité Jean-Christophe Angelini à l'époque. et qui semble toujours l'agacer deux mois plus tard : "Nous nous apprêtons à vivre une forme de coalition, je ne sais pas comment elle s'exprimera. Mais personne ne peut gagner seul. Notre refus du cavalier seul à payé, nous avons réussi un score tres élevé qui est la promesse d'une majorité future, dont nous serons. Mais il ne s'agit pas de tordre le bras à quiconque, ou d'accepter qu'on nous le torde".

Paul-Félix Benedetti et Core in Fronte savent que les autres nationalistes vont devoir compter avec eux.
Paul-Félix Benedetti et Core in Fronte savent que les autres nationalistes vont devoir compter avec eux. © Stéphane Poli / FTV

Troisième tour

Jean-Guy Talamoni, lui, a déjà fait savoir que Corsica Libera examinera toute proposition qui lui sera adressée. Le mouvement indépendantiste semblait, et de loin, le mouvement le plus attaché à l'union Pè a Corsica, alors qu'elle prenait l'eau de toutes parts, au cours des derniers mois. "Pour qu'un rapprochement soit possible, il faut que des gens vous tendent la main, ce qui n'est pas le cas à l'heure où on se parle", disait-il au soir du premier tour sur le plateau de France 3 Corse ViaStella. 

Reste Core In Fronte. Avec 8,4 %, Paul-Félix Benedetti revient à l'Assemblée, et si son discours est un peu moins virulent vis à vis des autres nationalistes, il semble vouloir faire les choses selon son rythme. Il se maintiendra au deuxième tour, et attend avec impatience un possible troisième tour. 

Du côté de Laurent Marcangeli, les discussions sont également ouvertes pour des rapprochements au deuxième tour, mais les possibilités d'alliance semblent restreintes.
Du côté de Laurent Marcangeli, les discussions sont également ouvertes pour des rapprochements au deuxième tour, mais les possibilités d'alliance semblent restreintes. © IP3 PRESS/MAXPPP

Du côté de Laurent Marcangeli, les choses sont plus compliquées. Le réservoir de voix est peu profond, mais à notre micro, il ne s'avoue pas vaincu : "Je resterai tel que je suis. Je suis entouré d'hommes et de femmes qui ont des convictions. Je ne suis pas dans une optique d'être autre que ce que je suis. Mais j'ai encore l'ambition de rassembler". 

Pour autant, il semble difficile pour le maire d'Ajaccio de retourner la situation au cours de la semaine qui s'ouvre.

Rendez-vous et échanges téléphoniques

Ce lundi 21 juin, au lendemain du premier tour, les échanges entre colistiers des diverses listes encore en course pour le second tour sont allés de bon train. Gilles Simeoni et les membres de "Fà populu inseme" se sont réunis à Lucciana pour évoquer la stratégie à adopter au second tour : partir seul ou fusionner avec une ou plusieurs des autres forces nationalistes ?

Des échanges avec le leader "Avenzemu", Jean-Christophe Angelini, ont déjà pris place. La liste du leader PNC s'est elle réunie dans l'après-midi pour faire le point dans le cortenais.

Enfin, Laurent Marcangeli a lui opté pour la tenue d'un point presse devant l'hôtel de ville d'Ajaccio. L'occasion, peut-être, de faire des annonces pour la suite. Selon nos informations, il devrait reconduire sa liste à l'identique au second tour, sans réaliser de fusion.

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