Tests Covid-19 : le quotidien des personnels de santé

À chaque vague épidémique depuis 2020, ils sont amenés à tester massivement. Préparateurs en pharmacie, docteurs ou encore infirmiers, les tests font partie de leurs métiers. Ce qui n'était pas forcément le cas avant.
Les pharmacies proposent des tests antigéniques, avec des résultats en moins de 30 minutes.
Les pharmacies proposent des tests antigéniques, avec des résultats en moins de 30 minutes. © MAXPPP

Déchirer le papier qui entoure l’écouvillon, puis l’enfoncer dans les deux narines du patient avant d’analyser les résultats. Toujours les mêmes gestes, la même procédure. Des tests antigéniques, Étienne, préparateur en pharmacie, en réalise une quarantaine par jour. « Là je suis tout seul depuis une semaine. Tous nos rendez-vous sont pris jusqu’à la semaine prochaine », lance-t-il entre deux patients.

Dans la file d'attente, des Corses ou des touristes qui veulent un test pour le « pass sanitaire » ou rentrer chez eux, en Italie par exemple. Mais également beaucoup de personnes cas contact. L’épidémie progresse dans la région avec un taux d’incidence de 496 cas sur sept jours pour 100 000 habitants.

Tester, ce n’est pas notre travail premier

Étienne, préparateur en pharmacie

Selon Santé publique France, le nombre de tests (PCR ou antigéniques) réalisés en Corse est en constante progression :

Parmi les patients, des besoins liés au "pass sanitaire", mais aussi beaucoup de personnes cas contact
Parmi les patients, des besoins liés au "pass sanitaire", mais aussi beaucoup de personnes cas contact © MAXPPP

Depuis la mise en place des tests antigéniques en pharmacie en octobre dernier, c’est devenu une routine pour Étienne : « Tester, ce n’est pas notre travail premier. Nous, on doit rendre service aux gens, répondre aux demandes sur les ordonnances ». Ce préparateur en pharmacie regrette que son métier soit davantage tourné vers l’administratif ces dernières semaines. « A côté du test, remplir tous les papiers prend énormément de temps », ajoute-t-il.

Dans une autre pharmacie de l’île, Claire relativise cette situation. « Évidemment, depuis le Covid-19, on passe notre journée à faire des tests. Mais qu’est-ce que vous voulez, on s’adapte. On est obligés. Ce n’est pas spécialement notre métier, mais on nous le demande. »

Ici aussi, les tests antigéniques se multiplient. « Aujourd’hui, on a une personne supplémentaire qui teste. La pharmacienne qui devait partir en vacances n’est finalement pas partie », souligne la préparatrice en pharmacie. Le test covid est désormais un des services principaux rendus par les officines.

50% de l'activité en laboratoire

Dans les laboratoires, pour les tests PCR, les rendez-vous s’accumulent. Laurent Charpenel, docteur, en atteste : « En pleine vague, comme en ce moment, le dépistage [de la Covid-19] représente 50% de notre activité. C’était encore seulement que 20% il y a trois semaines. C’était gérable, mais là avec le pic, moins. »

Illustration.
Illustration. © MAXPPP

En laboratoire, « le métier n’a pas changé radicalement. Oui, on a une suractivité, on doit embaucher, travailler en horaires de nuit pour avoir les résultats, mais cela reste de la biologie médicale », détaille le docteur. Mais Laurent Charpenel assure que la profession fait « beaucoup de monotâche. On fait toujours la même chose à la chaîne. Cela manque d’intérêt au bout d’un certain temps. Des personnes sont dédiées au prélèvement ou alors à l’enregistrement des patients. »

Son laboratoire a tout de suite senti l’arrivée de la quatrième vague. Il y a quelques semaines, le taux de tests positifs était de 2% à 3%. Ce lundi 26 juillet, il a atteint 16% dans son établissement.

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