Tourisme en Corse : une arrière-saison meilleure qu'attendu

Publié le Mis à jour le
Écrit par Sébastien Bonifay
Le ciel est moins bleu qu'en août, mais les touristes, cette année, étaient au rendez-vous durant l'automne.
Le ciel est moins bleu qu'en août, mais les touristes, cette année, étaient au rendez-vous durant l'automne. © PHOTOPQR/L'ALSACE/MAXPPP

Les professionnels du secteur, dans leur majorité, se réjouissent d'un automne bien plus fréquenté qu'ils ne s'y attendaient, en raison de l'épidémie de Covid. Pour autant, l'heure est toujours à la prudence.

L'arrière-saison a toujours été un problème pour le tourisme insulaire. La Corse fait le plein durant les mois d'été, et dès la fin août, l'île se vide d'une bonne partie de ses visiteurs. Mais cette année, selon les chiffres publiés l'agence du Tourisme de la Corse, il n'en a rien été.

Le mois d'octobre, et les vacances de la Toussaint, témoignent d'une reprise de l'activité, et même d'une augmentation, pour nombre de professionnels du secteur, par rapport à d'habitude. Ainsi, 55 % des 350 établissements interrogés estiment que leur arrière-saison a été bonne. 15 % la jugent même très bonne. 

Bien sûr, une comparaison avec les chiffres de 2020 ne semble guère judicieuse. L'année dernière, les inquiétudes concernant l'épidémie étaient à leur sommet, le couvre-feu était de mise, et les restrictions sanitaires étaient nombreuses. Le secteur avait donc été contraint de "bricoler", selon l'expression employée volontiers par les professionnels. 

Mais, même à l'aune de l'année 2019, la dernière avant l'apparition du Covid, les chiffres sont globalement orientés à la hausse.

l'hébergement collectif grand gagnant du regain d'activité

70 % des établissements interrogés, nous l'avons vu, qualifient leur arrière-saison de bonne, voire très bonne. Seuls 20 % la jugent mauvaise, et 10 % très mauvaise.

Mais c'est l'hébergement collectif qui a le plus largement tiré bénéfice de la période, si l'on examine de plus près les chiffres.

On note en effet une vraie différence entre les hôtels, campings, résidences et villages de vacances d'un côté, et l'hébergement locatif déclaré (gîtes de France, meublés de tourisme et chambres d'hôtes), de l'autre. Les premiers sont 61 % à déclarer que leurs résultats du mois d'octobre sont au-delà de leurs attentes. Les seconds ont en revanche été plus nombreux à être déçus (39 %) qu'agréablement surpris (37 %).

Même tendance pour les vacances de la Toussaint. 68 % des hébergements collectifs sont satisfaits à très satisfaits. L'enthousiasme est moins flagrant dans l'hébergement locatif, avec 51 % de satisfaits. 

En ce qui concerne le chiffre d'affaires, au mois d'octobre, 41 % des établissements affichent une hausse par rapport à 2019. 27 % ont enregistré un chiffre d'affaires identique. Les 32 % restant, eux, témoignent néanmoins d'une baisse de leur activité. On peut imaginer, en toute cohérence, que ce sont, pour beaucoup, des hébergements locatifs. 

Satisfaction ou soulagement ? 

Ces données, concernant octobre et novembre 2021, semblent dégager une tendance positive. Mais au final, le sentiment est assez partagé. Bien sûr, au regard de 2020, sinistrée, l'arrière-saison est nettement meilleure, pour 52 % des professionnels interrogés. Mais lorsque l'on compare à 2019, le sentiment est bien plus modéré, au sein de la profession. A tel point que l'on se retrouve avec un bilan presque parfaitement équilibré. 

30 % trouvent l'arrière-saison meilleure, 30 % la trouvent moins bonne, et 41 % la jugent conforme à celle d'il y a deux ans (pour une somme, certes, de 101 %, mais on suppose que ce 1% d'erreur ne fera pas sensiblement bouger les lignes).

On pourrait déduire de ces tendances qui peuvent sembler, de prime abord, paradoxales, que la satisfaction affichée par la profession est, en partie, due au soulagement d'avoir évité une nouvelle année noire... 

Moins de plage, plus de nature et de patrimoine

Néanmoins, c'est indéniable, la situation liée au Covid, qui fait que la saison a commencé plus tard, après un mois de juillet timide, et qu'elle s'est terminée plus tard, a permis à de nombreux touristes de constater que la destination Corse pouvait tout à fait être envisagée au-delà des deux mois de la haute-saison estivale. Une amorce intéressante pour une destination qui peinait à séduire de manière significative, au printemps et à l'automne. 

D'autant qu'une dernière donnée illustre un possible glissement des préoccupations des touristes au moment de choisir leur destination de vacances. On constate la belle poussée du Centre-Corse, qui ne peut se prévaloir des plages de sable blanc du Sud et de Balagne, mais qui commence à faire valoir ses atouts nature et patrimoniaux. La micro-région, en octobre, affiche un taux d'occupation spectaculaire, de 49 %, tout près des deux leaders, Ajaccio (51 %) et l'extrême-Sud (50 %).

La profession a désormais les yeux tournés vers les fêtes de fin d'année, en espérant que cette embellie des derniers mois se confirme. Malgré la cinquième vague, et les inquiétudes qu'elle suscite, Air Corsica a d'ores et déjà augmenté le nombre de vols durant la période. 

Consultez le bilan complet de l'Agence du Tourisme de la Corse pour l'arrière-saison 2021 :

Bilan

 

En partenariat avec France 3 France Bleu et Make.org

Participez à la consultation citoyenne sur la présidentielle 2022

Faites-vous entendre ! France 3 Régions s'associe à la consultation Ma France 2022, initiée par France Bleu sur la plateforme Make.org. Le but ? Vous permettre de peser dans le débat démocratique en mettant vos idées les plus plébiscitées au centre de la campagne présidentielle.