Vaccins à base d’ARN messager : un concept novateur

Les vaccins contre le Covid-19 émergent depuis quelques semaines, tandis que plusieurs chefs d'états entendent lancer des campagnes de vaccination dès le début d'année. Deux vaccins sortent du lot : ceux de Moderna et Pfizer à base d'ARN messager

Comment fonctionne le vaccin Pfizer ?
Comment fonctionne le vaccin Pfizer ? © Jean-Luc Flémal/MAXPPP

Depuis le début de la campagne de vaccination, le procédé utilisé à base d’ARN messager suscite de nombreuses controverses, à cause d’une supposée modification d’ADN de la personne.

ADN ou ARN, comment s'y retrouver

Dans le noyau de chaque cellule du corps humain se trouve l’ADN, c’est le porteur de l’information génétique : le génome. Celui-ci est responsable des développements du corps humain, du cerveau au bout des doigts en passant. Ce sont des lettres, qui composent une séquence génétique dans un ordre aléatoire, qui composeront ensuite un texte particulier, qui une fois lu enclenchera le développement.

Une molécule d'ADN c’est une double hélice qui s'enroule autour d'elle-même. La structure de cette double hélice maintenue grâce aux nucléotides, que l’on connaît sous les noms d’Adenine, Thymine, Guanine et Cytosine (ATGC). Ce sont eux, qui contiennent le génome.

La structure de l'ADN est due aux nucléotides. Ils contiennent l'information génétique.
La structure de l'ADN est due aux nucléotides. Ils contiennent l'information génétique. © EFE/Newscom/MaxPPP

Pour que l'ADN transmette son information génétique, il aura besoin d'un intermédiaire, l'ARN messager. Il va rompre la double hélice d'ADN et va pouvoir se connecter à l'ADN via les nucléotides.

Une fois l’information captée, l'ARN messager va migrer en dehors du noyau de la cellule pour entrer dans un ribosome, l’équivalent d’un lecteur CD qui par la suite lira le son.

Dans les cellules du corps humain, on retrouve des ribosomes. Ils traduisent l'information génétique pour créer des protéines.
Dans les cellules du corps humain, on retrouve des ribosomes. Ils traduisent l'information génétique pour créer des protéines.

Au sein du ribosome, l'ARN messager va être "traduit". La séquence génétique, l’alignement des nucléotides, permettra au ribosome de produire des protéines. Chaque séquence, donc chaque enchaînement de lettres, entraînera la création d'une protéine particulière, dans le cas des vaccins de Moderna et Pfizer, la protéine Spike.

L'utilisation de l'ARN messager par les vaccins

Les deux laboratoires ont battu des records lors de l'élaboration de leur vaccin respectif et l'utilisation d'ARN messager n'y est pas étrangère. Tous deux ont synthétisé l'ARN messager contenu dans le SARS- COV2, le virus responsable de la COVID-19. La principale difficulté résidait dans l'ordination de la séquence génétique qui permettrait la création de la protéine Spike et non d'une autre protéine.

L'ARN messager a donc été fabriqué de toute pièce, dans le but de faire produire par l'organisme humain lui-même, la protéine Spike du coronavirus.

La protéine Spike permet au virus de s'arrimer aux cellules humaines.
La protéine Spike permet au virus de s'arrimer aux cellules humaines. © Lise Abiven, Author provided

Les chercheurs ont prouvé que la protéine Spike est l'élément qui permet au virus de s'accrocher aux cellules humaines et de transmettre la maladie.

Pour les vaccins conventionnels, l'objectif est d'inoculer un élément pathogène. Soit une maladie ou un virus, mort ou peu dangereux, dans l'organisme afin que celui-ci entame sa défense immunitaire.

Dans le cas des vaccins contre la COVID-19, aucun élément pathogène n'est inoculé. C'est l'ARN messager composé de la séquence génétique, qui va lancer la création de la protéine Spike par le corps humain.

Ainsi, elle sera reconnue et les défenses immunitaires et acquerront une mémoire. Si un être vacciné devait être contaminé par la COVID-19, il serait donc apte à s'en défendre puisque les défenses immunitaires reconnaîtront la protéine Spike en cas de contamination.

Si les vaccins ont vraisemblablement fait leurs preuves en laboratoires et sur des échantillons in vivo, il leur reste à mener à bien leur mission : endiguer la pandémie de COVID-19 arrivée depuis un an sur le seul européen. Reste désormais à savoir si le nombre de doses sera suffisant pour pouvoir réaliser toutes les injections.

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