Violences sexuelles dans l’Église : "il faut agir et agir vite"

Mercredi 1er février, le diocèse de Corse a annoncé la mise en place d’une charte visant à lutter contre les violences et abus sexuels au sein de l’Église. En Corse, deux signalements ont été recensés depuis la publication du rapport Sauvé.

"Au lieu de cacher ou de se protéger, il faut agir et agir vite." Pour l’évêque de Corse Monseigneur Bustillo, le comportement de l’Église face aux agressions et abus sexuels doit désormais être sans ambiguïté.

Et pour lutter concrètement contre ces dérives, le diocèse a décidé de mettre en place une commission spéciale, composée de deux magistrats honoraires, Françoise Luciani et Marie-Jeanne Arrighi, et de deux hommes d’église, le père Joseph Fini et le diacre Alain Rousseau, en plus de Monseigneur Bustillo.

Charte et écoute

Cette commission, au travail depuis un an, a rédigé une charte de "protection des mineurs et des personnes vulnérables". Elle s’applique à toute personne ayant des responsabilités dans le diocèse.

Pour l’évêque, la charte représente "un moyen concret de dire que notre volonté est d'être bien avec les gens, avec notre société et avec l'humanité". Dans le texte, des recommandations de "bienveillance" mais aussi de "distance nécessaire" avec les mineurs ou les personnes vulnérables.

Autre point d’action, l'écoute des victimes. "Un contact rapide, immédiat et clair", grâce à une adresse mail (chancellerie.signalement@corse.catholique.fr) et un numéro de téléphone, bientôt disponible sur le site de l’Église de Corse. "L'écoute est déjà thérapeutique et il est important que nous puissions faciliter le contact avec une entité qui va écouter, conseiller et orienter une personne en souffrance", souligne Monseigneur Bustillo.

Deux signalements en Corse

Lors de la remise du rapport Sauvé sur les abus sexuels dans l'Eglise en octobre 2021, aucun signalement n’avait été recensé en Corse. Depuis, deux personnes d’une soixantaine d’années ont fait état d'actes de pédophilie qu'elles auraient subi.   

"Il y a eu deux cas, deux signalements, livre Monseigneur Bustillo. L'un tout de suite après la commission Sauvé et l'autre, il n'y a pas longtemps". Les faits remonteraient à "40 ou 50 ans". Néanmoins, l’évêque l’assure, "ces personnes qui n'ont pas voulu entamer des poursuites".

 « L'Église doit être une maison sûre »

Face aux craintes exprimées par certains parents à l’idée de confier leur enfant à l’Église, l’évêque se veut rassurant. "Le pape François le dit très souvent : l'Église doit être une maison sûre. Vous nous confiez vos enfants au catéchisme, à l'aumônerie, chez les scouts… notre mission c'est de les accompagner, de les aider, de les respecter dans leur dignité, dans leur intimité", indique l’homme d’église.

L’évêque insiste, enfin, sur le nécessaire travail interne qui doit être mené par l’Église, en Corse comme ailleurs. "C'est à nous de travailler notre autorité pour que les enfants soient bien et au lieu d'utiliser un pouvoir qui peut les écraser, on doit utiliser une autorité au sens noble du terme et étymologique, qui tire vers le haut", conclut-il.

Plus que jamais, le message se veut celui de la transparence : "C'est de dire que dans l'Église de Corse, nous ne sommes pas indifférents aux cas de souffrance. S'il y a un problème, nous sommes là. Nous écouterons, nous conseillerons et nous orienterons la personne".  

Retrouvez l'intégralité de l'interview de l'évêque de Corse :

durée de la vidéo : 00h03mn48s
Interview de Monseigneur Bustillo, évêque de Corse ©Y. BENARD / F. ROMBALDI / FTV

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