La proposition faite jeudi soir par Benoît Hamon de redistribuer aux associations d'aide aux démunis les plats préparés dans lesquels de la viande de cheval a été retrouvée ne fait pas l'unanimité.
La ministre de la lutte contre l'exclusion Marie-Arlette Carlotti rencontrera mardi les associations en charge de l'aide alimentaire (Croix Rouge, Secours Populaire, Banques alimentaires et Restos du Coeur) "pour discuter de l'opportunité de récupérer ces produits". "Si un consensus est trouvé et que l'absence totale de risque sanitaire est avérée, il serait inutile d'ajouter le gaspillage à la fraude", a-t-elle précisé.
Toutes les associations ne sont pas sur la même ligne. Le Secours Catholique, par exemple, a refusé de redistribuer ces plats à ses bénéficiaires.
Mais plusieurs autres associations avaient indiqué la semaine dernière être intéressées par ces produits mais seulement si les garanties sanitaires étaient réunies.
"On reste sur la même position", ont confirmé jeudi à l'AFP les Restos du Coeur. "On ne ferme pas la porte, mais on attend des assurances", selon une porte-parole.
Même son de cloche du côté du Secour Populaire: "Si tous les contrôles sont OK et si tout a été stocké dans de bonnes conditions, alors, on prendra, bien sûr", confirme le président de l'association, Julien Lauprêtre. "On a fait une première enquête. Le problème de la faim est tellement grand que des familles sont très contentes de pouvoir profiter de ces plats", assure-t-il. "Le plus important, c'est d'éviter que la marchandise soit jetée".
Le problème pour ces associations, ce sera le stockage, coûteux, des produits surgelés.
La Fédération du Commerce et de la distribution explique que "l'ensemble des produits retirés des rayons ont été conservés et non détruits. Ils ont été stockés dans des chambres froides (...), respectant toutes les conditions sanitaires nécessaires".
Chez Système U, les 20.000 produits surgelés retirés sont également conservés au frais, a assuré Serge Papin, le patron de l'enseigne.
Picard rappelle de son côté avoir saisi la justice. "Nous sommes donc obligés de garder les paquets incriminés à sa disposition. Nous n'allons pas les donner
dans l'immédiat à des associations".
Le scandale de la viande de cheval a touché des enseignes et marques comme Findus, Carrefour, Intermarché ou encore Picard et Ikea, les obligeant à retirer des milliers de plats cuisinés de la vente.