Décès de Marc Blondel, figure du syndicalisme qui vécu son enfance dans le Nord Pas-de-Calais

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Écrit par AFP

L'ancien numéro un de Force ouvrière, Marc Blondel, forte personnalité qui a marqué la vie sociale française pendant près de deux décennies, est décédé dimanche soir à l'âge de 75 ans, salué comme un militant "résolu" et un partenaire "intransigeant" par la classe politique.

Né le 2 mai 1938 à Courbevoie (Hauts-de-Seine), Marc Blondel, fils de militaire et petit-fils de mineurs passe son enfance à Hénin-Liétard (aujourd'hui
Hénin-Beaumont), dans le Pas-de-Calais. 

Après son baccalauréat, il entame des études de droit qu'il n'achèvera pas et milite au sein de l'organisation étudiante Unef. A Paris, il accumule les petits
boulots: auxiliaire des PTT (les postes et télécoms), garçon de café, vendeur sur les marchés, tout en militant pour l'Algérie indépendante.
Marc Blondel adhère à FO en 1958 et devient dès 1960 secrétaire du syndicat des organismes sociaux de la région parisienne, puis permanent de l'union syndicale des employés de la région parisienne.

En 1974, il accède au poste de secrétaire général de la fédération des employés et cadres avant de faire, six ans plus tard, son entrée au bureau confédéral. En 1989, à l'issue d'un congrès houleux, il l'emporte d'une courte majorité sur Claude Pitous (53,6% des voix) à la tête de FO. Il succède à André Bergeron, qui avait piloté le syndicat pendant 26 ans.
Il est réélu à une majorité écrasante (98%) en 1992, puis en 1996 avec 85% des voix, avant d'être ovationné lors de sa réélection pour un dernier mandat en 2000. Quatre ans plus tard, Jean-Claude Mailly, considéré comme l'héritier de la ligne Blondel, lui succède.

Hommage de Martine Aubry

La maire de Lille Martine Aubry a fait part lundi de sa "très grande peine" après le décès de l'ancien numéro un de FO Marc Blondel, dont elle a salué "la fermeté dans les convictions et la capacité à écouter".
"Dans mes différentes fonctions au ministère du Travail et de l'Emploi, que de discussions, de débats, de concertations avec Marc Blondel, dont j'ai pu apprécier à la fois la fermeté dans les convictions et la capacité à écouter et à comprendre les positions d'autrui", a déclaré Mme Aubry, qui a mis
en place les 35 heures, alors que Marc Blondel était encore à la tête de FO.

"Ce fut un très grand syndicaliste qui a consacré toute sa vie aux conditions de vie et de travail des salariés", a ajouté Mme Aubry à propos de M. Blondel, qui lorsqu'il dirigeait le syndicat FO, "défendait avec force la négociation dont il était un adepte, réclamant comme son prédécesseur André Bergeron, du +grain à moudre+".
"Il défendait aussi avec force la hiérarchie des normes, de l'action législative et réglementaire de l'Etat jusqu'à la négociation d'entreprise, en passant par
la négociation interprofessionnelle et de branche
", a ajouté l'ancienne ministre du Travail.