RC Lens : 4 raisons d'être (très) inquiet si les 4 millions d'euros de Mammadov n'arrivent pas

Martel/Mammadov : "l'affaire" des 4 millions d'euros. / © MAXPPP / France 3
Martel/Mammadov : "l'affaire" des 4 millions d'euros. / © MAXPPP / France 3

J-5 avant le 1er septembre 2014, fin officielle du mercato. Si d'ici là, Gervais Martel n'apporte pas la preuve qu'Hafiz Mammadov a versé 4 millions d'euros sur le compte du RC Lens, les Sang et or ne pourront pas recruter. Et la situation pourrait bien alors devenir très inquiétante...

Par Emmanuel Magdelaine

S'il reste un optimiste, ce sera Gervais Martel ! Le président du RC Lens l'assurait encore ce week-end, les 4 millions d'euros promis par Hafiz Mammadov, actionnaire majoritaire, vont arriver sur le compte du club sang et or. Après la victoire face à Lyon dimanche, il a fait allusion à ce match financier interminable en lançant : « On va le gagner aussi, vous verrez ! ». "Ça va aller" avait-il également lancé la semaine dernière à La Voix du Nord.  Canal + affirme notamment que Gervais Martel tente actuellement de négocier directement avec l'Etat azerbaïdjanais.

Des petites phrases, bribes de communication qui ne suffisent évidemment plus à rassurer supporters, joueurs ou observateurs du football. L'hypothèse que ces 4 M€ n'arrivent pas du tout ou pas à temps est désormais plausible, envisageable et même pour certains, probable. Sans cet argent, le RC Lens serait sans doute amené à vivre une crise profonde. 

1. Pas de recrutement, pas d'équipe compétitive ?

C'est la conséquence la plus évidente et la plus immédiate. Pas de 4 M€, pas de recrutement. Pas de renforts pour l'équipe. Or, tout le monde le reconnaît, l'effectif actuel ne permet pas d'envisager sereinement l'objectif de maintien (encore moins celui, un temps évoqué  de jouer le TOP 10). Fin mai, Antoine Kombouaré déclarait (sur le site officiel du club !) : "J’attends de voir les moyens que l’on mettra à la disposition du club, à ma disposition, pour pouvoir recruter une équipe. Je suis très attentif à cela. Je ne demande pas des moyens considérables mais je veux avoir un minimum d’argent. La saison prochaine, il ne faudra pas repartir avec la même équipe. Il faut renforcer le groupe pour avoir une belle équipe."

Evidemment, le même Kombouaré nuance un peu son propos désormais et affirme à demi-mots qu'il pourrait s'en sortir sans nouveaux joueurs : "J’ai entendu dire que cette équipe avait de la solidarité, de l’abnégation mais pas forcément les qualités pour ce championnat. Oui, j’attends des renforts mais il y a tout de même moyen de réaliser des choses avec ce groupe. L’emporter à Lyon représente d’ailleurs un signe fort qu’on donne à nos adversaires directs. Pour le maintien, ce ne sont pas des points que l’on pensait prendre. Je suis fier de cette prestation. "

De toute façon, même si les 4 millions d'euros arrivent finalement, Kombouaré le sait, le RC Lens ne pourra se renforcer fortement. De nombreux joueurs pressentis sont désormais lassés par l'attente interminable et ont signé (ou sont sur le point de signer) ailleurs : Andy Delort, Renato Civelli, Ousmane Cissokho...
Andy Delort, attaquant de Tours, longtemps pressenti à Lens va signer à Wigan en Angleterre. / © MAXPPP
Andy Delort, attaquant de Tours, longtemps pressenti à Lens va signer à Wigan en Angleterre. / © MAXPPP

2. Kombouaré sur le départ ?

Antoine Kombouaré a boudé pendant plus d'un mois, manquant la préparation de son équipe, avant de revenir une fois la montée en Ligue 1 acquise. Mais il n'a jamais caché son envie et son besoin de diriger une équipe renforcée.  Que dira-t-il si le club ne peut pas recruter du tout ? Pourrait-il être tenté de tout plaquer ? Non, affirme-t-il : « C’est mal me connaitre. Entre toutes les rumeurs, les questions que les gens se posent… J’espère juste qu’on me juge sur ce que je fais. Les paroles, c’est du vent ! Moi, je le dis clairement : je suis heureux à Lens et j’ai envie de voir Lens gagner ! »

L'entraîneur lensois est connu pour sa combativité et son obstination. Peut-il faire des soucis financiers du club un argument pour décupler sa motivation et celle des joueurs ? 

3. Un club en danger financièrement 

Pour arracher la validation de sa montée en Ligue 1, Martel a promis que Mammadov allait verser très vite 4 millions d'euros, en signe de sa volonté de soutenir financièrement le club. La DNCG ne l'avait pas cru sur parole, le CNOSF l'a cru. Mais quelques semaines plus tard, le doute s'installe encore plus profondément. 

Des constats résumés sèchement par Richard Olivier, président de la DNCG, le 12 août dernier : "Lens ira-t-il au bout de la saison ? Je ne le crois pas, malheureusement. Les faits nous ont toujours donné raison." Effectivement, si les 4 millions d'euros n'arrivent pas, pourquoi le reste de l'argent promis (en janvier 2015 ?) arriverait-il ? Et dans ce cas, comment le RC Lens pourrait-il s'en sortir financièrement ? Avec quel argent ? Quels actionnaires ? 

4. Un club qui n'inspire plus confiance 

 / © AFP
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Gervais Martel n'a cessé de vouloir être rassurant, optimiste cet été. Jouant parfois avec les faits et la réalité et en flirtant avec le mensonge. Objectif : rassurer, montrer qu'il est le pilote dans l'avion, même en pleine turbulence. Son capital sympathie, déjà entamé par sa gestion pas toujours efficace avant la descente en Ligue 2, est désormais fortement réduit chez de nombreux supporters lensois. Son entente avec Hafiz Mammadov n'a jamais semblé optimale. Et l'aura du RC Lens dans le foot français est loin de ce qu'elle a été.

Quant à Mammadov, plus personne ne sait plus qui il est ou ce qu'il veut. Celui qui a injecté 17 millions d'euros pour sauver le club peut-il en devenir le fossoyeur ? On peut le craindre au vu de son attitude et de ce que l'on observe à Sheffield Wednesday, club qu'il avait affirmé avoir racheté avant que les propriétaires anglais ne s'aperçoivent qu'ils ne versaient pas l'argent réclamé...
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