Vallourec annonce des suppressions d'emploi, l'aciérie de Saint-Saulve va être vendue

Le groupe Vallourec, fabricant de tubes sans soudures pour le marché de l’énergie et de l’industrie, a annoncé des mauvais résultats ce mercredi; Conséquences : 900 suppressions d'emploi en France. Vallourec veut céder son aciérie française de Saint-Saulve

Le plan de restructuration annoncé ce mercredi par Vallourec concerne 2 000 postes dans le monde (d'ici 2017), dont 900 en France. Le groupe français a fait état mardi d'une perte nette de 76 millions d'euros au premier trimestre, pour un chiffre d'affaires en recul de 17,2% à 1,05 milliard
d'euros.

Le syndicat CFDT n'indique pas de chiffre précis pour les usines de Saint-Saulve et Aulnoye-Aymeries mais croit savoir que tous les sites de production sont concernés par les suppressions d'emploi. L'aciérie de Saint-Saulve pourrait être revendue. Elle emploie actuellement 350 personnes.  Des contacts ont déjà été pris en ce sens, a précisé M. Crouzet, le président du directoire. "Nous n'avions plus suffisamment de besoin d'acier correspondant à notre production de tubes pour justifier le maintien de cette aciérie dans notre périmètre", a-t-il expliqué. Le groupe français veut toutefois continuer à s'approvisionner auprès de cette aciérie qu'il a modernisée, de même que son site allemand de Mulheim.

En Europe, les 1.500 suppressions de postes - soit 15% des effectifs européens - concerneront 600 postes en Allemagne, et en France un peu moins de 600 (12% des effectifs français). Le groupe inclut dans ces réductions d'effectifs les 350 salariés de l'aciérie de Saint-Saulve, appelée à être reprise. M. Crouzet, qui n'a pas détaillé les sites concernés, estime que la pyramide d'âge favorable dans les deux pays et des mesures de reclassements devraient "minimiser les départs contraints".

"Vallourec justifie cette restructuration du fait de surcapacités mondiales et principalement en Europe, explique la CFDT. L’industriel estime que cette évolution est d’origine structurelle et qu’un retournement n’est pas envisageable à moyen terme. Elle serait la conséquence d’une forte pression sur les prix, de la montée en gamme des concurrents à « bas coûts » et de la contraction de son marché." 

Inquiétudes

La CFDT s'inquiète de ces éventuelles suppressions d'emplois dans la Nord Pas-de-Calais : "Le projet de Vallourec soulève d’importantes inquiétudes d’un point de vue social et industriel, mais également pour l’organisation du travail."

Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a assuré que l'Etat sera "attentif à ce qu'il n'y ait ni départ contraint ni fermeture de site en France".
La présidente de Valenciennes Métropole et sénatrice du Nord (UDI/UC) Valérie Létard a souligné que son agglomération "a vu naître et se développer" le groupe Vallourec, en jugeant l'annonce des suppressions d'emplois "inadmissible et inacceptable en l'état". Elle a demandé l'organisation d'une table ronde avec le ministère de l'Economie, la direction du groupe et les élus concernés et exigé de la direction qu'elle "s'explique sur ses intentions précises quant à la vente de l'aciérie de Saint-Saulve qui ne saurait se traduire par des suppressions d'emplois", en refusant aussi "la disparition pure et simple de 600 emplois en France".

Au niveau mondial, les suppressions de postes concerneront principalement les fonctions support. Pour l'activité de fabrication de tubes, il n'est pas prévu de fermeture de sites, mais de "poursuivre leur rationalisation et leur spécialisation", a indiqué M. Crouzet. L'objectif est de réduire d'un tiers les capacités de production de tubes en Europe, pour passer de 1,3 million de tonnes en 2014 à 900.000 tonnes en 2017. Le groupe avait déjà annoncé en février 1.400 suppressions de postes pour 2015.

Vallourec Saint-Saulve emploie 1300 personnes. L'usine d'Aulnoye-Aymeries emploie 1600 salariés. En février dernier déjà, un plan de suppression de 190 postes avait été annoncé pour le site de Saint-Saulve mais sans licenciements secs.