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Marche en hommage à David, 4 ans, mort dans l'incendie du camp de Roms de La Madeleine

Ce samedi, à Lille. / © Didier Pithon
Ce samedi, à Lille. / © Didier Pithon

Ce samedi matin, a eu lieu une marche en hommage à David, 4 ans, décédé lundi dans l'incendie d'une camp qui abrite des Roms à La Madeleine. 

Par @F3nord

La marche est partie vers 10h du siège de la Métropole européenne de Lille, rue du Ballon. Environ 300 personnes y ont participé, derrière une banderole : "David, mort d'inexister". L'émotion est toujours forte, 5 jours après l'incendie qui a détruit une partie du camp de La Madeleine occupé par des Roms. Le corps de David, 4 ans, a été retrouvé sur place, mort dans l'incendie dont les causes sont pour le moment indéterminées.

Le cortège a ensuite rejoint à quelques mètres de là le campement rom où vit la famille du jeune David et une quarantaine d'autres personnes, des caravanes et des cabanes faites de bric et de broc, et qui portait toujours cinq jours plus tard les traces de l'incendie mortel.

Rendez-vous en préfecture

"Partout en Europe, les Roms rencontrent les mêmes problèmes: la stigmatisation, le racisme... ce n'est pas ça le destin des Roms", a lancé Viorel Costache, président de l'assocation Prales de défense des Roms, venu d'Antibes (Alpes-Maritimes), pour prôner le dialogue avec l'Etat et les collectivités et demander le droit à l'éducation pour les enfants. "Ne pas vouloir sur le territoire français gérer une poignée de 20.000 Roms, c'est bien une volonté politique de ne pas vouloir les intégrer", a renchéri Esmeralda Romanez, présidente de la fédération européenne des femmes romani et voyageuses, également venue du sud de la France en soutien.

Le cortège a ensuite pris la direction de la préfecture. Les manifestants espéraient qu'une délégation serait reçue par la préfecture de Lille. Un représentant de la mairie socialiste a fixé un rendez-vous lundi à 9H00. "C'est une question large qui s'adresse d'abord aux Etats et à l'Europe", a observé Laurent Guyot, adjoint chargé de l'inclusion sociale, qui participait à la marche. "Nous n'avons pas tous les moyens, on a interpellé le préfet", a-t-il ajouté.
La maman de David aux côtés du Père Arthur / © Didier Pithon
La maman de David aux côtés du Père Arthur / © Didier Pithon

Cette marche était organisée à l'appel de plusieurs associations en soutien à la famille (ATD Quart-Monde, Ligue des Droits de l'Homme, MRAP, Atelier Solidaire, Enfants de Don Quichotte, Europe Ecologie Les Verts...). "Le petit David est mort d'inexister, pouvait-on lire sur l'invitation diffusée sur Facebook. Les migrants de culture rom sont ignorés ou tenus pour quantités négligeables par les pouvoirs publics de notre pays, avec application, avec résolution, avec préméditation parfois. On fait semblant qu'ils ne sont pas là, comme si les bidonvilles n'étaient que des campements-fantômes, témoins d'une ancienne ruée vers nos terres de cocagne. Ou bien, on les expulse des recoins où ils survivent, en espérant, poings serrés, doigts croisés, yeux fermés, qu'ils disparaîtront. Les responsables qui veulent bien soulever une paupière et les rares élus qui regardent les choses autrement constatent que ces migrants qu'on voudrait si volatils vivent chez nous depuis des années. Qu'ils ont l'intention d'y rester, d'autant plus qu'ils en ont le droit, s'ils trouvent un emploi et un toit décents. Que les expulser d'ici revient à les retrouver là, puis là et là encore."

Le cortège à son arrivée au camp Pasteur. / © Didier Pithon
Le cortège à son arrivée au camp Pasteur. / © Didier Pithon

 

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