Aisne : un drone dans les vignes pour limiter les pesticides

© BELPRESS/MAXPPP
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Deux anciens ingénieurs de chez Airbus ont conçu un drone automatisé capable d’alerter les vignerons sur la présence d’anomalies dans les vignes. Cette initiative a séduit un vigneron de Charly-sur-Marne.

Par France 3 Hauts-de-France avec AFP

Paul Fallet, 29 ans et 20 hectares de vignes sur les coteaux de la vallée de la Marne, est persuadé que cette nouvelle technologie lui permettra d'être plus efficace dans son métier : "On ne peut pas être partout. Si je peux être aidé par des machines, volontiers".

Désormais, un drone quadrille la parcelle de sa maison de champagne Fallet Dart, à 80 km à l’est de Paris, qui sera vendangée début septembre. Objectif : utiliser moins de pesticides à l’avenir et être prévenu à la moindre anomalie constatée.


En effet, l'appareil prend des milliers de photos, disséquées par l'algorithme, "un oeil artificiel" qui peut "détecter des symptômes de mildiou (maladie qui attaque le feuillage et les grappes), des carences éventuelles ou calculer la vigueur de la vigne", expliquent Charles Nespoulous et Cyril de Chassey, les fondateurs de la startup Chouette, basée en région parisienne.

"Le but n'est pas de faire voler un drone mais de donner une information précise qui va permettre de réussir des vendanges de meilleure qualité, d'avoir un vin de meilleure qualité pour moins cher, en polluant moins", dit Cyril de Chassey.

Une alternative concluante


Malgré la progression du bio (9% du vignoble français), la viticulture reste très gourmande en produits phytosanitaires, nocifs pour la santé et l'environnement. La vigne représente 3% de la surface cultivée en France, mais 20% des fongicides utilisés, principalement pour combattre l'oïdium et le mildiou. En survolant régulièrement les vignes, le drone peut localiser les prémisses d'une attaque de mildiou. Plus la détection de la maladie est précoce, moins le traitement sera massif.

Les premières cartographies de la parcelle de chardonnay laissent entrevoir "des phénomènes qu'on n'imaginait pas", avec de fortes variations de l'état de santé des vignes au sein d'une même parcelle, remarque Paul Fallet. "On se rend compte qu'il ne faut pas raisonner à la parcelle, mais avec des carrés de 10 mètres sur 10 sinon on peut faire de grosses erreurs" de dosage.

Un futur "incontournable"


Cette technicité ne l'effraie pas. "Quand on gagne en technique, on fait des belles choses en termes de vin, on pollue moins", dit le gérant du domaine champenois.
La filière viticole "s'intéresse de très près" aux innovations liées aux drones qui émergent "un peu partout" en France, déclare Jérôme Despey, président du conseil spécialisé Vins de FranceAgriMer et secrétaire général de la FNSEA, principal syndicat agricole français.

Le viticulteur y voit une opportunité pour "faire évoluer les pratiques" dans un "meilleur respect de l'environnement". À condition que cela reste rentable pour les domaines.

La formule d'abonnement proposée par la startup de région parisienne coûte entre 10 et 20 euros par mois à l'hectare. Convaincus que le drone va devenir "incontournable" au même titre que le tracteur, ses créateurs visent aussi le marché américain.

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