Alain Krivine, figure de l'extrême gauche française originaire de l'Aisne, est mort

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Alain Krivine, figure d'extrême gauche et ancien candidat à la présidentielle, est décédé samedi 12 mars à l'âge de 80 ans. Le révolutionnaire a passé une partie de son enfance dans l’Aisne.

Alain Krivine, ancien leader et fondateur de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) et figure de l'extrême gauche française, est mort à l'âge de 80 ans, a annoncé son épouse samedi 12 mars.

Trotskiste, il est l'un des fondateurs, en 1966, de la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR). Il devient alors l'une des figures de Mai-68, aux côtés de Daniel Cohn-Bendit, Jacques Sauvageot et Alain Geismar. Son activisme lui vaut d'être emprisonné un mois à la prison de la Santé et entraîne la dissolution de la JCR.

Candidat à la présidentielle

Désigné par la Ligue communiste, fraîchement créée, comme candidat à l'élection présidentielle de 1969, il obtient 1,06% des suffrages. Il se représente en 1974, après avoir cofondé la LCR (Ligue Communiste Révolutionnaire). Il échoue à nouveau avec 0,37% des suffrages.

Journaliste à l'hebdomadaire "Rouge", l'organe du parti, et député européen entre 1999 et 2004, il démissionne du bureau politique de la LCR en 2006, tout en restant porte-parole du mouvement jusqu'à sa dissolution en 2009.

Enfance dans l’Aisne 

Né le 10 juillet 1941 à Paris, Alain Krivine a passé une partie de son enfance en Picardie. Issu d'une famille juive d'Ukraine émigrée en France, son père préfère quitter la capitale pendant l’occupation allemande et s’installe en tant que dentiste à Danizy dans l’Aisne.

Garçon cultivé, à l’adolescence il intègre le réputé lycée Condorcet à Paris et quitte la Picardie. Plus tard, il a tenu plusieurs meetings dans la région, en compagnie notamment d’Arlette Laguiller. Des meetings souvent plein à craquer.

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Meeting d'Arlette Laguiller et Alain Krivine en soutien en février 2004 à Amiens. ©INA

La gauche radicale lui rend hommage

Sur les réseaux sociaux, la gauche radicale rend hommage à Alain Krivine. "Je t'entends encore dire que la plus belle manière de célébrer la mémoire des disparus est de perpétuer leur combat. (...) Le faire sans toi n'aura plus jamais la même saveur", a réagi sur Twitter Olivier Besancenot qui milita à la LCR puis au Nouveau parti anticapitaliste (NPA) à ses côtés.

"Émotion et chagrin", a pour sa part commenté le candidat Insoumis à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon. "Une pensée affligée à sa famille et salut fraternel à tout le mouvement trotskiste", a-t-il ajouté.