Dans l'Aisne, les températures exceptionnellement douces n'inquiètent pas les producteurs de fruits

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Écrit par Eric Henry
Vergers givrés à Reuilly dans l'Aisne
Vergers givrés à Reuilly dans l'Aisne © @Philippe Topin

Les températures de ce mois de décembre battent des records de douceur. Une météo clémente qui rassure les producteurs de pommes et de poires du département de l'Aisne quand à des possibles gelées tardives.

La spécialiste de la division services de météo France égrène les valeurs relevées ce 30 décembre au matin dans l'Aisne. Plusieurs records sont tombés. "la température la plus douce dans les Hauts-de-France a été constaté à Braine avec 14,1°C exactement".

À Saint-Quentin, le thermomètre affichait ce matin 13,3 °C, soit un degré de plus que la température la plus douce enregistrée jusque-là pour un mois de décembre : 12,1°C en 1989. Nous l'avons tous ressenti : les températures dépassent de plusieurs degrés les normales saisonnières.

Il est bien trop tôt pour s'inquiéter

Benoît Venet

Arboriculteur à Boué

Ces douceurs printanières n'inspirent pas pour l'instant d'inquiétudes particulières aux arboriculteurs. Benoît Venet attend sa 37éme récolte à Boué. Le producteur de pommes et de poires posséde15 hectares plantés. Pour cet arboriculteur, il est beaucoup trop tôt pour s'alarmer de ces conditions météo exceptionnelles. "Il faudrait que cette situation se prolonge plus de 15 jours pour devenir vraiment problématique". 

Trouble du repos végétatif hivernal

Pourtant au printemps dernier, des gelées tardives au mois d'avril avaient détruits 40% de la production de fruits. Les fleurs sur les arbres n'avaient pas résisté au retour du froid. "Nous sommes encore beaucoup trop tôt dans l'hiver pour que ce cas de figure se reproduise", précise le producteur pourtant marqué par cet épisode.

Le seul inconvénient des températures très clémentes observées ces derniers jours réside dans le trouble du repos végétatif hivernal. La sève continue à circuler de façon très limitée mais peut rendre moins tonique le redémarrage printanier.

A Reuilly dans le sud de l'Aisne, l'analyse est partagée par Philippe Topin. Ce producteur de fruits ne veut pas céder à la psychose: "c'est à partir de la seconde quinzaine de février qu'il faut être vraiment vigilant et qu'un redoux peut entraîner un cycle végétatif" précoce".

Une terre encore très humide

Propriétaire de 9 hectares, l'agriculteur n'a pourtant pas été épargné. En avril, une tornade a déraciné la presque totalité de ses 700 mirabelliers. Aujourd'hui, la seule petite pointe d'inquiétude concerne l'humidité très présente. "Dans certains cas, cela peut entraîner l'asphyxie des racines lorsque l'eau ne parvient pas à s'évacuer mais les risques restent très limités". Les quelques jours de gel en octobre ont bien lancé l'hiver et déjà Météo France annonce un retour aux normales de saison la semaine prochaine.

Diversifier les périodes de floraison

Plus que les épisodes de redoux, les différents arboriculteurs contactés se rejoignent sur le constat de la multiplication des gelées tardives ces dernières années. Denis Prouvost, arboriculteur à Villers-les-Guise, tente de diversifier les variétés pour atténuer le risque. 12 essences de pommiers peuplent ses vergers. 17 variétés chez Philippe Topin à Reuilly.  Elstar, Jonagold, Jonagored ... Les pommiers fleurissent à des périodes différentes, de manière "à ne pas mettre toutes les pommes dans le même panier". Mais les arbres fruitiers sont plantés pour 15 ans et les accidents climatiques soudains restent très difficiles à prévoir.

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