À Hirson dans l'Aisne, une fresque XXL sur les murs de l'hôpital en hommage aux soignants

Un artiste parisien originaire de Thiérache réalise une fresque de 150 mètres carrés représentant deux visages de soignants, sur la façade de l'hôpital d'Hirson. Un hommage XXL commandé par la municipalité pour remercier l'engagement des personnels hospitaliers pendant la crise sanitaire. 

La fresque en hommage aux soignants, sur le mur du centre hospitalier d'Hirson.
La fresque en hommage aux soignants, sur le mur du centre hospitalier d'Hirson. © Franck Levasseur / FTV
Deux visages de plusieurs dizaines de mètres, recouverts d'un masque chirurgical qui laisse juste apparaître le regard. C'est la représentation qu'a choisi l'artiste Jérémy Amate pour rendre hommage aux personnels soignants qui ont travaillé tout au long de la crise sanitaire. Une fresque de 150 mètres carrés, peinte à l'acrylique, qu'il a réalisée sur le mur de l'hôpital Brisset à Hirson. 

Le "dévouement perpétuel" des soignants

"C'est une période qui restera dans l'histoire, évidemment, donc c'est intéressant pour moi de laisser une trace qui va, j'espère, durer le plus longtemps possible", explique-t-il en apportant les dernières finitions à son œuvre. L'idée d'un hommage artistique aux soignants vient, à l'origine, de la municipalité. Une commande à 15 000 euros qui tenait à cœur au maire (PS) Jean-Jacques Thomas.

"Certains de ses infirmières, de ses médecins, de ses aides-soignantes ont même accepté de quitter leur service pour être dans l'aile covid du centre hospitalier d'Hirson", précise-t-il. "Il me semblait important au-delà du merci, au dela de la reconnaissance, que l'on puisse, au coeur de la ville, ne pas les oublier." C'était pour lui naturel de faire cet investissement pour saluer le "dévouement perpétuel" des professionnels de santé et "toucher le coeur des Hirsonnaises et des Hirsonnais" qui la contempleront chaque fois qu'ils passeront par là. "Il y a plusieurs façons de dire merci, et l'art est l'occasion de conserver à jamais la trace de cette période difficile."

Un cadre propice à la création

Méthodique et pointilleux, Jérémy Amate met tout le soin nécessaire aux finitions.
Méthodique et pointilleux, Jérémy Amate met tout le soin nécessaire aux finitions. © Franck Levasseur / FTV

Le choix de l'artiste s'est fait naturellement : Jérémy Amate, qui vit en région parisienne mais qui a de la famille en Thiérache, avait déjà réalisé, en 2014, une fresque de la même envergure, représentant le regard de Jean Jaurès, à quelques pas de l'école qui porte ce nom. Il n'a pas hésité à répondre favorablement à la commande du maire : "C'est vraiment un honneur, c'est là que j'ai mes racines, ma famille, c'est très important pour moi d'avoir fait ça ici, d'avoir laissé une trace dans cette région."
 
Jérémy Amate avait déjà réalisé une fresque à Hirson, étalant sur des dizaines de mètres le regard de Jean Jaurès.
Jérémy Amate avait déjà réalisé une fresque à Hirson, étalant sur des dizaines de mètres le regard de Jean Jaurès. © Franck Levasseur / FTV

Pourtant plus habitué à dessiner au fusain et à la craie sur du papier kraft, il ne s'est pas démonté devant le défi de réaliser des œuvres aussi gigantesques. D'autant que le cadre est radicalement différent du brouhaha parisien auquel il est habitué. "Ici, il y a beaucoup d'espaces verts, d'animaux, d'oiseaux, qui me font me sentir bien quand je peins, c'est juste top de peindre ici", confie-t-il. "Entendre le bruits des voitures, de la ville, c'est sympa aussi parce que c'est urbain, mais la campagne, c'est autre chose, et justement, le contraste entre les créations que je fais et cette ambiance, c'est intéressant."

Le street art sort des métropoles

L'occasion donc pour lui de prouver aussi que le street-art n'a pas vocation à exister que dans l'espace hyper-urbanisé des métropoles. Une idée partagée par le maire, qui n'en est pas à son coup d'essai. Avant même les deux fresques de Jérémy, il avait invité l'artiste ukraino-hongrois Peter Földessy à réalisé deux créations murales dans la ville, l'une représentant Victor Hugo, l'autre Louis Pasteur. 
 
D'après les estimations de Jérémy Amate, le travail sera fini d'ici la dernière semaine de juillet. Il aura donc fallu trois semaines pour réaliser cet hommage hors-norme.
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