"J'y vais un peu au petit bonheur la chance" : une Axonaise se lance dans un tour de France en vélo électrique

Julie Pruvost partira ce dimanche 14 juin de Fère-en-Tardenois, dans l'Aisne, pour un voyage de quatre mois. Objectifs : sensibiliser aux mobilités douces, lever des fonds pour une association et se lancer dans un défi personnel en solitaire.
Julie Pruvost, 29 ans, dit avoir découvert le vélo à Berne, mais s'entraîne depuis trois semaines en France.
Julie Pruvost, 29 ans, dit avoir découvert le vélo à Berne, mais s'entraîne depuis trois semaines en France. © Juli_e_cycle

Premier tour de roue ce dimanche 14 juin, 10h, devant la mairie de Fère-en-Tardenois. Ensuite, il faudra pédaler, et longtemps : le tour de France de Julie Pruvost, alias Juli_e_cyle, doit s'étaler sur quatre mois. L'Axonaise de 29 ans se lance dans cent étapes d'une moyenne de 55 km, pour se dépasser, sensibiliser à l'écologie et lever des fonds pour Velafrica, une association suisse de développement du cyclisme en Afrique. Au total, 4137 kilomètres de Fère-en-Tardenois à...Fère-en-Tardenois !

Qu'est-ce que vous appréhendez à la veille du départ ? 

Au départ, j'ai voulu faire quelque chose d'assez simple. C'est pour ça que j'avais pensé au vélo. Malheureusement, je ne suis pas vraiment très sportive - bon, j'ai une bonne condition physique. C'est ça que j'appréhendais le plus, d'où le fait que j'ai choisi le vélo électrique. 

Les appréhensions que je pourrais avoir pour l'instant, c'est plutôt mécanique. Le vélo électrique, ça reste un vélo. Je ne suis pas du tout adepte de la mécanique vélo, c'est quelque chose que je découvre vraiment. Donc j'y vais un peu au petit bonheur la chance et si j'ai un problème sur la route, j'irai frapper à la première porte pour trouver le premier vendeur de vélo dans la ville dans laquelle je serai.

Pourquoi le vélo ?

J'avais une situation très confortable en Suisse. Je travaillais dans le monde de l'automobile, justement, donc les transports, je ne connaissais pas mal. J'ai eu une prise de conscience, qui est, je pense, assez importante dans notre génération autour de la trentaine. J'ai envie de faire quelque chose pour moi, mais aussi pour la planète. 

Je suis résidente en Suisse, mais je suis originaire de Picardie et je ne vois jamais tous les proches que j'ai autour de moi, que ce soit en France ou en Europe. Au départ je pensais voyager en France pour rendre visite à mon entourage mais par le train, sans prendre la voiture ou l'avion. Malheureusement les grèves de 2019 sont arrivées, et c'est pour ça que j'ai pensé au vélo.

Comment on passe d'une pratique occasionnelle à un tour de France ?

Au départ, c'était complètement un challenge personnel, de dépassement de soi. J'ai commencé à m'entraîner en Suisse avec un VTT tout à fait normal, pendant un mois et demi, sur lequel j'ai démarré tranquillement sur du 15 km. Je suis montée à 30 puis à 45 par jour. Là, ça fait depuis la fin du confinement que je suis rentrée en France, que j'ai acheté mon vélo électrique chez un vendeur local et que j'ai commencé mon entraînement avec ce vélo. [...] Je fais environ 4 à 5 jours de vélo par semaine.

Vous partez en solo... Comment vous vous logerez ? 

Je contacte notamment les mairies et les clubs de cyclisme locaux, que ce soit du VTT ou autres. Déjà pour leur parler de mon projet, pour communiquer. Mais entre cyclistes, il y a une grande solidarité, et les gens me proposent souvent soit de m'offrir le gîte et le couvert ou même simplement leur jardin, puisque je vais avoir ma tente avec mon sac de couchage. Je cherche un peu au bonheur la chance et si jamais je ne trouve rien, je vais dans le camping du coin. Je ne fais aucun bivouac. 

Il y a énormément de gens autour de nous qui pensent que voyager seule, pour une femme, c'est extrêmement dangereux. Mon entourage, quand je leur ai parlé de faire un tour de France seule, ça a vraiment été catastrophe au départ. [...] Je pense que plus on voyage seule, plus les gens vont s'habituer à voire des femmes sur leur propre vélo ou à pieds. Plus on en parle, plus on voyage, plus ça va devenir une banalité. 

Au bout de quatre mois, vous pensez finir comment ?

J'espère surtout être satisfaite de ce que j'ai fait [...], me découvrir via le monde du vélo. Comme je l'ai dit, je travaille dans l'automobile. Si j'arrive à me passer le défi d'avoir une voiture, et d'utiliser mon vélo pour des trajets quotidiens voire plus longs, je pense que ce sera déjà le premier défi que moi, personnellement, j'aurais réussi.

 

 

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