Meurtre de Tom, 9 ans, dans l'Aisne : devant la cour d'assises de Laon, Jonathan Maréchal se dit toujours innocent

Le procès pour meurtre sur le petit Tom, 9 ans, au Hérie-la-Viéville dans l'Aisne, se déroule du 19 au 23 avril à la cour d'assises de Laon. Nos journalistes Rémi Vivenot et Valentin Pasquier y ont assisté. Trois ans après les faits, l'accusé, Jonathan Maréchal, nie toujours toute implication.

Jonathan Maréchal et son avocat Me Bouchaillou.
Jonathan Maréchal et son avocat Me Bouchaillou. © Valentin Pasquier - France Télévisions

Trois ans après la mort de leur fils de 9 ans, les parents de Tom vont peut-être obtenir des réponses. Que s'est-il vraiment passé le soir du 28 mai 2018 ? Tout ce qu'ils savent pour le moment, c'est ce que l'enquête a révélé. Le corps de l'enfant a été retrouvé à 23h dans la cour d'une maison abandonnée à quelques pas de chez lui. D'après l'autopsie, Tom serait mort à la suite d'un coup à la tête, et des lésions trouvées sur son corps laissent penser à un viol post-mortem.

L'accusé réaffirme son innocence

Très vite, un voisin âgé de 27 ans est identifié comme l'unique suspect dans cette affaire : Jonathan Maréchal. Il connaissait l'enfant et l'aurait accompagné ce jour-là pour cueillir des cerises, mais il nie toute implication. Pendant sa garde à vue, il a évoqué des "flashs" qui lui revenaient à l'esprit, dans lesquels il se voyait frapper l'enfant. Mais il s'est ensuite rétracté. 

Jonathan Maréchal, lors du premier jour de son procès à la cour d'assises de Laon.
Jonathan Maréchal, lors du premier jour de son procès à la cour d'assises de Laon. © Valentin Pasquier - France Télévisions

Dans la salle d'audience ce lundi 19 avril, le nombre de personnes présentes est limité, crise sanitaire oblige. Les parents et les proches de la victime, ceux de l'accusé, et quelques journalistes, ont écouté dans le calme Jonathan Maréchal réaffirmer son innocence devant la cour d'assises. Tout au long de l'audience, il répond aux questions qui lui sont posées, mais regarde souvent dans le vague.

A la barre, une voisine le qualifie de "bon voisin". Elle se rappelle aussi de Tom, "un enfant souriant et plein de vie".

Des témoignages changeants

Le soir du meurtre, Jonathan Maréchal a rejoint un groupe d'amis qui s'étaient retrouvés devant le calvaire du village pour boire un verre. Deux jeunes femmes et un jeune homme racontent à la cour que ce soir-là, l'accusé n'était "pas normal", qu'il "suait à grosses gouttes". "Il a demandé une bière alors qu'il ne boit pas", affirme l'une d'elle. Pourtant, le lendemain des faits, ces trois témoins avaient affirmé aux enquêteurs qu'ils n'avaient pas remarqué de changement ou d'anomalie dans le comportement de Jonathan Maréchal. "La seule chose dont on est sûrs sur cette soirée au calvaire, c'est qu'ils ont pris une belle cuite", résumera l'avocat des parties civiles à l'interruption de séance.

Le demi-frère de Jonathan Maréchal a témoigné devant la cour d'assises.
Le demi-frère de Jonathan Maréchal a témoigné devant la cour d'assises. © Valentin Pasquier - France Télévisions

A ce moment-là, la disparition du petit Tom avait déjà été signalée par sa mère, et les recherches étaient en cours dans le village. Le demi-frère de l'accusé raconte à la cour que Jonathan Maréchal lui a confié avoir peur qu'on l'accuse de cette disparition. Ce à quoi il aurait répondu "mais si c'est pas toi, tranquille, t'as pas à t'en faire"'. Mais aujourd'hui, il est convaincu de la culpabilité de son demi-frère. "On fait pas ça à un gamin. (...) Il ne se rend pas compte du mal qu'il a fait à nos familles", déclare-t-il à la barre.

Une attirance pour les jeunes garçons 

Si les expertises psychologiques et psychiatriques n'ont pas encore été entendues, un expert chargé de détailler l'activité de l'accusé sur internet a tout de même révélé un élément qui montre l'attirance de Jonathan Maréchal pour les jeunes garçons. Entre deux recherches banales, il consultait des sites pornographiques en entrant les mots-clés comme "young boys abused" ("jeunes garçons forcés") ou "viole" (sic). L'expert explique néanmoins que les vidéos consultées mettaient en scène des viols ou des relations sexuelles entre mineurs mais jouées par des majeurs, et souligne que c'est légal. Il affirme n'avoir trouvé aucun contenu pédopornographique ou illégal ni dans son ordinateur ni dans son téléphone portable. 


 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
justice société faits divers