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Pénurie de kinésithérapeutes : les professionnels de santé demandent à leurs patients... de la patience

Les masseurs-kinésithérapeutes alertent sur la pression infligée par les patients / © MAXPPP/CAROLINE BLUMBERG/MAXPPP
Les masseurs-kinésithérapeutes alertent sur la pression infligée par les patients / © MAXPPP/CAROLINE BLUMBERG/MAXPPP

Il manque des masseurs-kinésithérapeutes en Picardie. Résultat : tous les patients ne peuvent pas être reçus, ou tard. Des délais qui suscitent chez certains beaucoup d'énervenement. Pour les professionnels de l'Aisne, la situation devient difficile à vivre. Ils ont décidé de communiquer dessus. 

Par AP avec Julien Guéry

Aux côtés des affiches de prévention habituelles, celle-ci risque de ne pas de passer inaperçue. 

Notré métier ? Vous soigner... Pas nous faire insulter. Stop à la violence verbale !  

Le message est clair, et placardé dans les cabinets de l'Aisne. Les masseurs-kinésithérapeutes demandent à leurs patients... de la patience. Et pour cela, ils ont commandé une campagne d'affichage. Las des altercations de ces derniers mois, les professionnels de santé alertent sur une situation qui n'est pas de leur fait : des effectifs insuffisants pour répondre à toute la demande médicale. "On a facilement 2, 3 mois d'attente, reconnaît Thomas Pratt. Ca créé une frustration sur le patient qui passe ses nerfs sur la personne qu'il a en face de lui." Selon le président du syndicat départemental des masseurs-kinésithérapeutes de l'Aisne, il manque huit praticiens, rien que pour la ville de Laon. Une pénurie généralisée à l'ensemble du département, en atteste cette infographie : 
 
Les jeunes diplômés préfèrent s'installer en ville
Les jeunes diplômés préfèrent s'installer en ville


Dans le seul cabinet de la ville équipé d'un bassin de balnéothérapie, le constat est le même. Le planning des rendez-vous déborde. "En sachant qu'on arrivera pas à rappeler tout le monde", confie Sophie Claisse, également secrétaire du syndicat départemental des masseurs-kinésitherapeutes. Des semaines, parfois des mois d'attente, bien sûr, la situation inquiète la kiné. Mais à raison de vingt à trente séances par jour, sans oublier les déplacements à domicile, difficile d'allonger davantage les journées de travail. Il faut donc faire un choix dans l'urgence des soins à prodiguer. "J'ai du attendre deux mois et demi, j'ai eu des grosses crises d'arthrose à rester couchée. J'ai attendu, j'ai pris des inflammatoires...", confirme cette patiente. 

 

Une pénurie généralisée, des zones rurales premières concernées 

Dans le coin, les habitants ont du s'habituer. La désertification médicale concerne aussi bien la kinésithérapie que la médecine générale ou l'ophtalmologie. Problème : le département ne parvient pas à remplacer les départs à la retraite. Le contrat incitatif mis un temps en place par la Sécurité sociale n'a pas fonctionné. "Il y a un manque de kinés vraiment partout. Les jeunes qui sortent d'école ne vont pas venir s'embêter en zone rurale en sachant que dans une grande ville, vous avez autant de travail que dans les petites communes", explique Sophie Claisse. Les aides à l'installation n'y font rien. A Laon pourtant, classée en zone "très sous dotée", le professionnel de santé perçoit 3 000 euros par an, à condition de s'installer pour un minimum de 3 ans

Pour le moment, l'Aisne compte 250 kinésithérapeutes libéraux. Avec un kiné pour 1 800 habitants d'après nos calculs (contre 1 pour 1 200 en moyenne en France) le compte n'y est pas, loin de là. 
 

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