Avant le procès du conducteur qui a tué ses deux filles dans un accident, Nadia Karmel témoigne

Nadia Karmel et son livre "Elles s'aimaient très très fort" / © B. Henrion / FTV
Nadia Karmel et son livre "Elles s'aimaient très très fort" / © B. Henrion / FTV

Le 3 avril 2018, une mère rentre chez elle avec ses trois enfants. Entre Reims et Laon, une voiture percute la sienne, ses deux filles perdent la vie. Le procès du conducteur du 6 décembre 2018, pour homicide involontaire, est reporté. Avant le nouveau procès du 19 septembre 2019, la mère témoigne.

Par G.F. & M.M.

Le soir du 3 avril 2018, Nadia Karmel et ses trois enfants rentrent à leur domicile sur la RD1044 que la mère de famille emprunte quasi-quotidiennement, entre Reims et Laon…

On n’était plus qu’à quelques mètres de notre domicile et là il y a une voiture qui arrivait à vive allure. Au départ j’ai vu une berline noire et je me suis dit ‘Mais elle va vraiment vite cette voiture.’ Et le temps finalement que je me dise réellement ça, la
voiture était déjà sur nous, elle a quitté la route et elle est venue en choc frontal, directement sur notre voiture.


Lila, trois ans et demi, et Adélaide, vingt-six mois perdent la vie. Leur petit frère, Isaac, un mois, survit mais gardera des séquelles à vie.
 

Il représente encore un danger sur nos routes.

Je crois que la configuration de notre accident est malheureusement l’exemple de ce qui se passe régulièrement. C’est à dire un conducteur en récidive qui a un comportement routier inadapté et qui a fait preuve de violence routière.

L'homme a déjà fait l'objet de deux retraits de permis. Après l'accident, il ne lui sera retiré à nouveau que six mois plus tard. Pourtant, aujourd'hui, il conduit toujours : une voiture sans permis. Lors de son procès Nadia espère le voir condamné à de la prison ferme, et surtout interdit de conduire. Et pour cause elle l’a récemment recroisé sur la route.

Un véhicule sans permis, en tout cas une voiturette, est limité à 45 km/h. Et cette personne nous a doublés à 75 km/h. il représente encore un danger malgré le fait qu’il y ait une procédure en cours et qu’il soit sous contrôle judiciaire, il représente encore un danger sur nos routes. Et pour nous le temps de cette procédure doit aussi servir au temps de réflexion puisqu’en l’occurence il n’a présenté ni condoléances ni excuses et il continue à être en excès et à ne pas respecter en tout cas les contraintes imposées par la procédure.
 

Il y a la maman qui veut voir son fils grandir en sécurité.


De ce drame, Nadia en a fait un livre Elles s’aimaient très très fort. Pour tenter de responsabiliser et sensibiliser les automobilistes. Dedans, elle s'adresse directement au gouvernement.

On a eu un an et demi pour réfléchir à ça, pour regarder ce qui se faisait, comment c’était pratiqué et je crois qu’aujourd’hui on est tous unanimes pour dire que les peines encourues ne sont quasiment jamais appliquées.

Nadia aimerait aussi que les assurances prennent en compte les infractions au code de la route au moment d'assurer les conducteurs. Aujourd'hui, c'est pour son fils qu'elle tient bon.

Il y a deux mamans aujourd’hui. Il y a la maman qui pleurera toujours ses filles, qui sera toujours attristée et peinée et qui partira avec cette peine. Et il y a la maman qui ne veut pas voir un jour son fils en danger sur la route. Qui veut voir son fils grandir en sécurité et qui veut voir aussi sa famille, ses amis et toutes les personnes qu’elle côtoie en sécurité.

Le procès se tiendra jeudi 19 septembre au tribunal de Laon, à 9 heures.
 

 

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