Tri des biodéchets obligatoire : des poules offertes aux habitants d'un village par la mairie, une solution économique et efficace

Depuis le 1er janvier 2024, les collectivités ont l'obligation d'organiser le tri des biodéchets. La mairie de Montigny-en-Arrouaise, dans l'Aisne a trouvé une solution originale mais efficace : distribuer gratuitement des poules aux habitants.

"C'est mes bébés, c'est mes amours !", s'exclame le petit Mathéo, dont la famille vient d'accueillir deux nouvelles poules. De quoi le consoler du décès de son chien il y a quelques jours. Mais ces poules sont bien plus que de simples animaux de compagnie. La mairie de Montigny-en-Arrouaise, petit village de 300 habitants dans le nord de l'Aisne, les distribue gratuitement à ses administrés, pour qu'elles participent activement à la gestion des déchets.

Épluchures de fruits et légumes, restes de pain, croûtes de fromage : à quelques exceptions près, les poules se régalent de nos déchets alimentaires. Une solution complémentaire avec le composteur communal pour trier les biodéchets, comme l'exige la loi depuis le 1er janvier 2024.

Un petit investissement pour un grand succès

La municipalité a donc investi 1 000 € pour acheter 162 poules. Elles ont presque toutes été adoptées en moins d'une semaine. "On avait déjà fait cette opération, ça avait eu pas mal de succès, mais là, c'est la première fois qu'on a autant de demandes", se réjouit Christophe Parent, le maire (EELV) de la commune. Lui-même avait déjà des gallinacés chez lui, et avait constaté leur efficacité. "Et puis, c'est plutôt sympathique d'avoir des poules chez soi et d'avoir des œufs !" Bien utilisées, les fientes de poules peuvent même constituer un engrais naturel pour certaines plantes.

Brigitte Desfontaine, habitante du village, avait déjà un poulailler chez elle. Trois membres de sa famille qui ont moins de place chez eux lui ont donc confié leurs nouvelles poules. "Tout le monde vient à la maison pour donner ses déchets alimentaires, explique-t-elle. Et après, on se partage les œufs !" Ce qui ne peut pas être donné aux poules finit au composteur du village. Brigitte n'y voit pas un acte particulièrement militant, mais simplement un procédé logique. "On fait ça naturellement, on ne se pose pas trop de questions. C'est dans l'air du temps, on trie nos déchets."

Avec Florent Motey / FTV