L'agence VisitBrussels a mis en place une ligne directe avec des habitants de trois quartiers différents de la capitale belge pour qu'ils racontent aux visiteurs leur quotidien. Le but : donner envie aux touristes de s'attarder dans la ville.

Bruxelles veut démontrer qu'elle reste sûre pour les touristes. Après les attentats du 13 novembre, l'image de la capitale s'est en effet dégradée. L'agence bruxelloise de promotion du tourisme, VisitBrussels, a décidé de l'améliorer en installant des téléphones publics dans trois endroits clés de la ville pour que les touristes dialoguent avec des habitants. Il suffit simplement de leur demander "Comment ça va à Bruxelles aujourd'hui?", comme le préconise l'agence.

Changer l'image de Molenbeek

Une cabine en plein air se trouve par exemple sur la place communale de Molenbeek, à quelques pas de la demeure familiale de Salah Abdeslam, suspect clé des attentats de Paris toujours en fuite. Les internautes, qui utilisent leur ordinateur ou un smartphone peuvent donc directement appeler Molenbeek, taxé par la presse mondiale de "repaire de jihadistes", et interroger un habitant de passage pour obtenir des informations sur la sécurité dans la capitale belge et européenne.

Une habitante du quartier a par exemple fustigé les critiques sur Molenbeek à un journaliste de l'AFP qui testait le dispositif : "Je trouve ça un peu ridicule. C'est juste une image que les gens ont sans savoir (ce qu'est la réalité). Ce sont des préjugés. Il faut venir à Molenbeek pour savoir vraiment ce qui se passe", a-t-elle dit au téléphone. Son image est apparue à l'écran de l'ordinateur du journaliste, comme pour une conversation en ligne de type Skype.

Lignes directes vers le Mont des Arts et Place Flagey

Cette campagne de promotion devrait durer trois jours. Outre Molenbeek, des cabines publiques ont été installées sur le Mont des Arts, dans le quartier des musées surplombant la célèbre Grand Place de Bruxelles, et place Flagey, l'un des endroits les plus branchés de la capitale.

Le lien entre Bruxelles et les attentats a été à nouveau souligné vendredi avec l'annonce par la justice de la découverte en décembre, dans la commune voisine de Schaerbeek, de ce qui semble être l'atelier où les ceintures explosives utilisées par les assaillants de Paris venus de Belgique ont été confectionnées.

Une semaine après la tuerie de Paris, la capitale belge avait été placée en alerte terroriste maximale, avec écoles, musées et métro fermés en raison d'une menace d'attentat jugée "sérieuse et imminente". La fréquentation des hôtels, restaurants et autres cafés s'en était douloureusement ressentie, selon les responsables de ces secteurs.