"Ce sera un défi humain" : depuis la baie de Somme, trois jeunes marins partent six mois en expédition en Arctique

En avril prochain, depuis la baie de Somme, trois jeunes marins vont embarquer à bord d'un voilier direction l'Arctique. Ils remonteront la mer de Norvège jusqu'à l'archipel du Svalbard, territoire habituellement bloqué par la glace. Une expédition en totale autonomie qui durera six mois.

Les trois marins Théophile Schouller, Nicolas Marcillaud et Julien Poisson prendront le large en avril direction l'Arctique
Les trois marins Théophile Schouller, Nicolas Marcillaud et Julien Poisson prendront le large en avril direction l'Arctique © Nicolas Marcillaud

Selon la météo et les coefficients de marée, le grand départ depuis Saint-Valéry-sur-Somme devrait avoir lieu la semaine suivant Pâques. Nicolas, Julien et Théophile se préparent depuis novembre pour cette expédition. L'objectif : remonter tout droit vers le nord, le long des côtes norvégiennes, à bord d'un voilier de 9 mètres, le Baladin.

Le Baladin sur l'eau
Le Baladin sur l'eau © Nicolas Marcillaud

Après une escale dans les fjords du Troms, tout au nord de la Norvège, l'équipage rejoindra l'archipel du Svalbard où il y restera trois mois. "Le temps de faire le tour puis de visiter chaque île", précise Nicolas Marcillaud, le skipper de l'équipe. 

L'équipage fera ensuite la route en sens inverse pour un retour prévu à la fin du mois de septembre 2021. Six mois d'expédition en totale autonomie.

S'adapter en permanence

Ce qui motive le plus les trois jeunes marins âgés de 26 à 29 ans c'est l'esprit d'aventure. "Nous ce qui nous plaît, c'est de pouvoir aller dans des zones qui étaient inaccessibles à la voile car bloquées dans la glace", confie Nicolas. Si leur expédition n'a pas de visée scientifique, elle sera tout de même l'occasion de rendre compte du phénomène de réchauffement climatique dans cette région. "Il n'y a pas de processus très linéraire, même s'il y a une tendance forte de réduction de la surface de la banquise. Il y a des années qui sont un peu anormales, comme en 2018 par exemple", explique le skipper. 

En fonction des conditions de la glace et de la météo, l'itinéraire sera donc adapté. "Il y a une part d'incertitude, on n'est pas certains de pouvoir faire le tour de l'archipel, il y aura sûrement des endroits qui seront bloqués. C'est la raison pour laquelle on a aussi choisi de rester trois mois, pour pouvoir attendre si besoin", indique Nicolas. 

Un travail spécifique a été réalisé sur le voilier de Nicolas, le Baladin
Un travail spécifique a été réalisé sur le voilier de Nicolas, le Baladin © Nicolas Marcillaud

Attendre signifie aussi être capables de surmonter toute situation exceptionnelle seuls. "On a fait un gros travail spécifique sur l'autonomie du bateau, il faut être capable d'être autonomes en eau, en nourriture, en énergie, détaille le marin. L'avantage d'avoir un petit bateau c'est que c'est plus facile de s'adapter en cas de problèmes, par contre on va devoir prendre beaucoup moins d'équipement. Pour ça, il faut redoubler d'ingéniosité."

Un projet de film et de podcast

Un autre défi de taille pour les trois membres de l'équipage : tenir six mois confinés dans un voilier de 9 mètres carrés. "Ce sera effectivement un vrai défi humain, mais c'est ça qui est intéressant, estime Nicolas. On n'a jamais vécu ça, je pense que ce sera assez instructif." Pour les trois marins, un tel voyage sur une période aussi longue sera une grande première. "Je suis déjà parti l'année dernière, avec un autre équipage en Atlantique Nord et en Islande, mais là c'est sûr que ce ne sera pas du tout la même chose. C'est d'ailleurs à ce moment-là que j'ai eu envie d'aller plus au nord", raconte Nicolas. 

Nicolas n'en est pas à sa première expédition sur son voilier, le Baladin
Nicolas n'en est pas à sa première expédition sur son voilier, le Baladin © Nicolas Marcillaud

En rentrant de ce voyage, le capitaine compose alors son équipage. Théophile Schouller, originaire de Chambéry et ingénieur en génie civil sera responsable de la partie terrestre de l'expédition. Julien Poisson, professeur originaire de région parisienne, sera quant à lui le vidéaste de l'équipe. "On a aussi un projet narratif. On aimerait raconter notre expérience, notamment les aspects de la vie quotidienne, indique Nicolas. Dans les récits marins, habituellement on met l'accent sur les territoires explorés et sur les difficultés, mais peu sur l'aspect psychologique." Julien, qui a déjà réalisé un documentaire en Colombie en 2017, sera donc en charge de produire le film de leur aventure.

L'expédition sera à suivre en direct grâce à la mise en ligne d'un podcast, annonce Nicolas : "ce serait comme une sorte de journal de bord, mais on ne sait pas encore quelle forme cela va prendre, tout dépendra des moyens de communication que l'on a. On espère quand même pouvoir mettre du contenu tout au long de l'aventure." L'équipe partagera également des photos sur le compte Instagram : baladin_en_balade.

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