Congrès Les Républicains : les cadres du parti en ordre de bataille dans les Hauts-de-France

La droite choisira son candidat, en congrès fermé, le 4 décembre. Quelles réactions pour l'état-major Les Républicains dans la région ?

Le compte à rebours est lancé, la droite va connaître son candidat à la présidentielle le 4 décembre prochain. Un congrès Les Républicains doit amener les adhérents du parti à voter, en deux tours, et probablement de façon électronique. Un congrès pour éviter une primaire, décrite comme une "machine à perdre" par de nombreux cadres du parti, notamment Christian Jacob, chef de file LR.

Dans les Hauts-de-France, les cadres régionaux du parti se félicitent aussi de ce mode de désignation. Pour Sébastien Huyghe, député du Nord, c'est une manière selon lui de ne pas étaler les luttes intestines. "Une primaire aurait mis en exergue les divisions. On est adversaire le temps d'une campagne et au lendemain des résultats de la primaire, on est tous unis derrière un candidat ? Non ! Les français ne sont pas dupes, dans ce cas-là ils voient bien que le rassemblement n'est qu'une façade. Là, on renoue avec l'essence même du gaullisme, la tradition du congrès, où un candidat vient à la rencontre des militants." 

Un avis partagé par Pierre-Henri Dumont, député du Pas-de-Calais, principal soutien et porte-parole de Xavier Bertrand dans la région. "C'est une très bonne nouvelle, le choix en congrès. Et c'est surtout une première victoire pour Xavier Bertrand qui ne voulait absolument pas d'une primaire. Là, on revient aux votes et au choix des adhérents, ce sont eux qui vont décider. La primaire, au contraire, ça divise." 

Le maire du Touquet, Daniel Fasquelle, trésorier du parti Les Républicains, était plutôt partisan d'une primaire ouverte. "Je pense que ça aurait créé un élan. La primaire aurait permis de rassembler au-delà du parti, d'avoir un nombre de sympathisants beaucoup plus important, de susciter de l'intérêt et de créer une dynamique pour tous les français. Mais il y avait un inconvénient : Xavier Bertrand avait annoncé ne pas participer en cas de primaire." Pour Daniel Fasquelle, le choix des militants est donc un moindre mal. "C'est le bon choix, car c'est le choix des militants. Et je respecte ça." Et d'ajouter : "On renoue avec notre tradition du congrès. Tous les candidats potentiels vont participer et c'est l'immense mérite de cette solution, nous allons avoir une procédure de départage avec l'ensemble de nos candidats potentiels." 

Un congrès, mais sous quelle forme ? 

Côté procédure justement, l'état-major du parti se réunit mardi matin au siège des Républicains. Daniel Fasquelle, en tant que trésorier, participe. Sébastien Huyghe, membre du bureau politique, en sera aussi. Christian Jacob, le chef du parti, devrait faire des propositions concrètes sur le modus operandi de ces prochains mois de campagne interne. Au 6 octobre, un comité sera désigné pour organiser les deux tours du vote des adhérents, très probablement par voie électronique. La machine est lancée. "Ce week-end, c'était une première étape pour déterminer la forme du soutien. Maintenant, on va s'organiser sur le fond, le concret" résume Sébastien Huyghe. "Ceux qui partagent les valeurs de cette famille politique et veulent nous rejoindre disposent de 15 jours avant le 4 décembre pour adhérer au parti. Après cette date, il ne sera plus possible de voter" précise Daniel Fasquelle. Pour Pierre-Henri Dumont, la réunion de mardi matin est déterminante, elle doit donner des garanties. "Cette compétition doit être saine avec l'idée du rassemblement. Le piège serait que tout ça se transforme en primaire déguisée."

Quel champion pour LR ? 

Une fois la procédure lancée, se pose désormais la question du soutien. Et selon un sondage Ifop pour le JDD, paru dimanche, Xavier Bertrand fait largement la course en tête. "Les sondages le montrent bien, nous avons trouvé notre candidat naturel, et c'est Xavier Bertrand. Il est l'homme fort de la droite et surtout le seul capable de battre Marine Le Pen au premier tour et Emmanuel Macron au second" résume Pierre-Henri Dumont. 
Autre supporter du président de région, Sebastien Huyghe. "Aujourd'hui les choses sont claires, Xavier Bertrand demande le soutien de sa famille politique. Il l'a dit, il n'imagine pas être candidat sans le soutien du parti. C'est lui qui a le plus de chance de l'emporter à la présidentielle. Son état d'esprit est rassembleur et là le défi pour lui, c'est de sélectionner la meilleure équipe de france possible pour gagner la présidentielle." 

Quant à Daniel Fasquelle, il soutient Michel Barnier, ancien négociateur de l'Union européenne pour le Brexit. "Il a été très investi sur la question épineuse de la pêche pendant le Brexit et ça me concernait directement en tant que maire du Touquet. Avec cette séquence Brexit, il a fait preuve de ses qualités d'homme d'Etat en ayant préservé l'unité des 27 et en tenant tête aux britanniques pendant les négociations. Il a la stature et la qualité d'un homme d'Etat, avec beaucoup d'expérience, de nombreux mandats et des bilans positifs." Le maire du Touquet ajoute : "Michel Barnier aujourd'hui est le 3e homme mais je crois qu'il faut respecter la campagne qui s'ouvre auprès des militants. Souvenez-vous en 2016 lors de la primaire : Alain Juppé était annoncé vainqueur, c'est finalement François Fillon qui l'avait emporté. Ce qui compte ce ne sont pas les sondages, tout ça va évoluer." 


Peut-être une surprise à droite ? Réponse le 4 décembre. 
 

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