Continental Cup : immersion dans le petit monde du hockey-sur-glace des Gothiques d'Amiens

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Écrit par Emmanuel Pall
Lors de l'entraînement des jeunes Gothiques d'Amiens, deux jours avant la Continental Cup (22-24 octobre au Coliseum d'Amiens)
Lors de l'entraînement des jeunes Gothiques d'Amiens, deux jours avant la Continental Cup (22-24 octobre au Coliseum d'Amiens) © E.P. France Télévisions

Ce week-end, le quart de finale de la Continental Cup oppose quatre équipes dont celle des Gothiques, à Amiens. A quelques heures du lancement de la compétition, une certaine effervescence règne au sein du Coliseum. Rencontre avec ceux qui vibrent pour le hockey-sur-glace.

A l'instar de Graham, jeune joueur de 8 ans, ou de Stella passionnée par le hockey-sur-glace depuis ses 13 ans, ou encore de Jean-Baptiste, responsable de la structure associative qui les forme, c'est un monde qui respire, mange, vit pour le hockey.

Dans les sous-sols du Coliseum, la structure omnisports amiénoise où se niche tout ce petit monde, ça grouille cet après-midi, aux horaires d'entraînement des plus jeunes hockeyeurs. Papas ou mamans sont là, en tribune ou sur le banc de touche, pour voir évoluer leurs petits sur la glace de la patinoire principale où les Gothiques reçoivent leurs adversaires en ligue Magnus.

Des Penguins de Pittsburgh aux Gothiques d'Amiens

Et là, dans cette salle de près de 3 000 places assises, place au rêve. On imagine aisément les gamins se prendre pour des champions. Déjà certains d'entre-eux lèvent les bras dans les exercices de matchs en fin d'entraînement, lorsqu'ils marquent un but. Ce rêve, cette "passion", comme il la nomme spontanément et avec enthousiasme, Graham la vit avec son père, James, depuis au moins trois ans. Américains originaires de Pittsburgh, entre Chicago et New-York, les deux fans des Penguins ont encore regardé un match de leur équipe fétiche en NHL (National Hockey League), le matin même. 


Si Graham suit de près le championnat américain, pas de rêve de gloire affirmé pour le moment. Ce qui compte et ce qui lui fait plaisir actuellement, c'est "aider mon équipe", "qu'on joue ensemble" et "s'amuser". Un peu comme le proposent les plateaux FairPlay'Zir, que propose l'HCAS (Hockey Club Amiens Somme), la structure associative qui compte environ 300 licenciés et organise des rencontres conviviales et ludiques avec les moins de 7 ans et les moins de 9 ans, en fin de semaine. 

De Villard-de-Lans à Dunkerque, le rayonnement du hockey amiénois

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Une phase d'entraînement de l'équipe féminine de hockey-sur-glace d'Amiens

Cette passion, elle se lit aussi dans les yeux de Stella, 16 ans, en terminale S à Amiens, qui, originaire de Villard-de-Lans, en Savoie, avait découvert la glace à 8 ans. "Ca m'a manqué", explique-t-elle. "Quand j'allais voir des matchs, ensuite, la pratique me manquait". Du coup, quand elle change de région, elle décide avec l'accord de sa mère qui habite Beauvais ; dès 13 ans, de venir en internat la semaine et en famille d'accueil le week-end à Amiens pour l'amour du hockey-sur-glace. Un choix que visiblement, l'adolescente ne regrette pas, car, devinez la suite... Elle compte bien trouver une formation pour devenir préparateur physique au Canada... Et ce n'est pas un hasard si elle choisit le pays où le sport national est le hockey-sur-glace !

Fanny, 21 ans, étudiante en master de sociologie, vient de Dunkerque, où malheureusement, elle n'a pu continuer à jouer faute d'équipe féminine. Avec Stella et Héloïse, étudiante amiénoise de 21 ans également, elle s'entraîne, deux fois par semaine au Coliseum. Elle, Fanny, aime "la vitesse, l'impact physique" et la "cohésion de son équipe", et regrette comme le dit Jean-Baptiste Ripoll, qui les regarde évoluer sur la patinoire depuis les tribunes, que "les filles ne font pas ce sport en nombre, en raison d'une image de virilité, de masculinité, qui reste dans la tête des gens". 
 

Héloïse analyse la chose en estimant que ce sport, "l'un des plus rapides au monde et où il y a beaucoup de contacts" peut impressionner. Qu'à cela ne tienne, elle préfère parler de son équipe à la "cohésion forte", son "envie de marquer ou de faire marquer", elle, qui évolue avec ses copines en Elite féminine contre des clubs de Tours et de la région parisienne. 

U20, l'antichambre du hockey-sur-glace professionnel

Si tout ce beau monde, U7, U9, U11, U15, U17, Elite féminine, Nationale 4 est regroupé au sein de l'association HCAS, il existe des passerelles avec le monde professionnel de l'Amiens Hockey Elite, qui est une entreprise. Mais attention, les places sont chères et s'il faut une part de rêve, pour conduire à l'excellence, à la performance, il faut aussi garder les pieds sur terre. "Cartonner en hockey-sur-glace n'est pas suffisant", explique Jean-Baptiste Ripoll, qui veille à ce que les résultats scolaires suivent pour toujours assurer une porte de sortie.


Dans l'antichambre du monde professionnel, on trouve par exemple, Léo, Corentin, Trystan ou Mathys, étudiants en STAPS. En U20, ils ont un signé un contrat de 4 ans, pas rémunéré, mais qui leur permet d'être formés et équipés. Dans ce cadre, ils peuvent être "appelés" à jouer en Ligue Magnus, le championnat Elite en France. "Appelé", "ça fait un peu militaire !", glisse-t-on... "C'est un combat !", renchérit Léo qui évoque aussi, avec Mathys "le respect, la vie en communauté, les amis depuis de longues années", au sein du club. Corentin, à la casquette blanche, intervient : "Non ! Pas de longues années". Ce dernier, venu du roller hockey, n'a rejoint que depuis 4 ans le hockey-sur-glace. "Ha oui, c'est vrai, toi je te déteste", tranche Léo en faisant rire ses amis. Et la fine équipe de partir vite s'équiper en vue de son entraînement.

Un univers, une ambiance, des protagonistes à découvrir en tribune lors de la Continental Cup qui a lieu ce week-end à Amiens. Et puis l'équipe première, sur la glace, à encourager !

Le rendez-vous de la Continental Cup

Compétition européenne créée en 1997, c'est, après la Champion's Hockey League, CHL, la deuxième plus prestigieuse coupe d'Europe des clubs de hockey-sur-glace. Elle se dispute en différentes phases. Ce week-end, c'est la deuxième phase qui se joue simultanément à Amiens et Budapest. Ce sont des quarts de finale. A Amiens, jouent 4 équipes : les Gothiques amiénois, l'équipe roumaine de la ville de Brasov, italienne d'Asiago (entre Venise et Milan) qui joue dans la même ligue (l'Alps Hockey League) que l'équipe Slovène d'Acroni-Jesenice (deux-villes limitrophes situées au nord-ouest de Ljubljana).

Les quatre équipes se rencontrent en six matches. A Amiens, une seule se qualifera pour les demi-finales. A Budapest, un seul club se qualifiera également. Les demi-finales auront lieu en Pologne et au Danemark du 19 au 21 novembre et la finale du 7 au 9 janvier 2022. 

Au Coliseum d'Amiens

Complexe de loisirs mulitpsorts amiénois inauguré en 1996, il est doté d'un dojo, d'une piscine olympique, de deux patinoires, dont l'une olympique avec 3000 places qui se transforme en mini Aréna pour l'accueil d'événementiels. A ce propos, la patinoire reste sous un revêtement isolant qui se met par dessus et qui a déjà accueilli des compétitions comme la Fed Cup de tennis ou des compétitions internationales de handball ou des galas de boxe. Le Coliseum, c'est aussi un gymnase de 1500 places, une salle de chorégraphie et une salle d'haltérophilie et fitness. En 2024, le Coliseum sera centre de préparation olympique. 

Le programme de la Continental Cup à Amiens

Une poule des quarts de finale de la Continental Cup se déroule ce week-end à Amiens. Quatre équipes le club italien Asiago, le club slovène de Jesenice, le club roumain de Brasov et Amiens jouent ensemble. 

En partenariat avec France 3 France Bleu et Make.org

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