Coronavirus - "C'est du cas par cas, de la petite couture" : la reprise de l'école, un casse-tête pour les maires

Le 11 mai prochain en France, les cours reprendront progressivement, en respectant des consignes sanitaires bien précises. Une lourde responsabilité pour les collectivités territoriales et notamment pour les mairies, en première ligne pour organiser cette rentrée atypique. Exemple dans la Somme.
 
Le 11 mai prochain, les écoles rouvriront progressivement à Amiens comme ailleurs en France.
Le 11 mai prochain, les écoles rouvriront progressivement à Amiens comme ailleurs en France. © Camille Di Crescenzo / France Télévisions
"Il va falloir travailler au cas par cas. Ecole par école." Pour Jean-Claude Billot, président de l’association des maires de la Somme, comme pour toutes les collectivités territoriales, c’est le branle-bas de combat. Depuis le discours du Président Emmanuel Macron, le 13 avril dernier, les questions s’accumulent concernant la reprise progressive de l’école à partir du 11 mai.

Une chose est sûre, la reprise des cours s’opèrera différemment en fonction de chaque territoire. Dans son allocution le 19 avril, Edouard Philippe le confirmait : "Les écoles n’ouvriront pas partout le 11 mai."
 
Cependant, les questions et hypothèses restent nombreuses : Les cantines pourront-elles rouvrir ? Comment organiser l’accueil du matin, du soir et du mercredi ? "Pour l’instant rien n’est établi, affirme Jean-Claude Billot, il faut attendre que le gouvernement nous donne des directives." Rien que dans la Somme, les maires vont devoir organiser la rentrée de 450 écoles élémentaires (les collèges et lyçées sont à la charge du département et de la région) dans environ 400 communes. "C’est du cas par cas, de la petite couture."


Priorité à la sécurité sanitaire

"Le maitre-mot, c’est la sécurité sanitaire", selon le président de l’association des maires de la Somme, qui s’est entretenu en audioconférence, ce lundi 20 avril, avec la rectrice de l'académie d'Amiens. "Nous avons expliqué que nous étions d’accord (pour rouvrir progressivement les écoles, ndlr) mais qu’il faudrait impérativement faire respecter des règles."

Auditionné ce mardi 21 avril à l'Assemblée nationale, le ministre de l'Education nationale a réaffirmé que les établissements scolaires devront obligatoirement disposer de savon, de gels hydro-alcooliques et de points d’eau.

Jean-Michel Blanquer a également dévoilé le calendrier envisagé pour la reprise des cours à partir du 11 mai. Une rentrée progressive étalée sur trois semaines, en fonction des niveaux, et avec un maximum de 15 élèves par classe.
La semaine du 11 mai, il s’agirait d’abord des classes de grande section, de CP et de CM2 . La semaine du 18 mai, ce seraient les collèges avec les sixièmes et les troisièmes, les lycées avec les premières et les terminales, ainsi que les lycées professionnels avec les ateliers industriels. Enfin la semaine du 25 mai, l'ensemble des élèves pourraient retourner en cours.

Une question demeure : Comment s’organiser de sorte à ne pas dépasser le seuil de 15 élèves par classe ? Pour Jean-Claude Billot : "Il faudrait que l’on parte sur des enfants regroupés par semaine. Pendant une semaine, un groupe d’enfants est à l’école. La semaine d’après, ils travaillent depuis chez eux pendant que l’autre moitié des élèves est en présentiel."

Une fois de plus, seules les écoles capables d’accueillir des demi-classes en respectant les distances de sécurité et les règles sanitaires seront concernées. "Nous aviserons en fonction des capacités d’accueil, des notions d’hygiène et de sécurisation au sein des établissements scolaires" assure le président de l’association des maires de la Somme.


Une reprise nécessaire ?

Pour certains, une reprise progressive de l’école le 11 mai est trop précipitée, voire dangereuse pour freiner la propagation du virus. Pour d’autres, comme Jean-Claude Billot, elle est nécessaire : "A un moment donné, il faut que le pays recommence à vivre. C’est important économiquement." L’élu ne s’en cache pas, "l’objectif est de s’occuper des enfants parce qu’il est important qu’ils apprennent, mais il est aussi de remettre les parents au travail".

Lors de son audition devant l’Assemblée Nationale, Jean-Michel Blanquer affirmait d'ailleurs : "Il n’y a pas que le Covid-19 qui fait des morts dans une société", soulignant l’importance d’une reprise des enseignements dans les établissements scolaires.

Dans la Somme, un questionnaire sera adressé à chaque maire afin de faire le point sur la situation de chaque école élémentaire et de savoir lesquelles seront en capacité d’accueillir des élèves à partir du 11 mai. Les réponses devront être remises à Jean-Claude Billot pour le 28 avril, à la veille d’une nouvelle audioconférence entre le président de l'association des maires de la Somme et la rectrice de l'académie d'Amiens.
 
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