Coronavirus : le Tour de France est reporté, un soulagement pour l'équipe nordiste Cofidis

Pas d'annulation mais un report du Tour de France. Une course vitale pour les équipes cyclistes comme Cofidis.
L'équipe Cofidis au Vélodrome de Roubaix
L'équipe Cofidis au Vélodrome de Roubaix © JEAN-MARC DEVRED
Le patron du Tour de France Christian Prudhomme l’a confirmé lui-même ce mercredi dans le JT de 13h de France 2 : la Grande Boucle se déroulera finalement du 29 août au 20 septembre avec un parcours identique.

Cette nouvelle attendue depuis l’allocution télévisée d’Emmanuel Macron a en tous cas a soulagé tout le milieu cycliste, entré en léthargie depuis la fin de Paris-Nice, le 14 mars. Et particulièrement les équipes concernées, comme Cofidis. C’est en effet la 1è année où l’équipe nordiste retrouve le World Tour. "Ce n’est sans doute pas la meilleure ", dit avec humour le président de Cofidis compétitions Thierry Vittu, satisfait du maintien du Tour, vital pour l’économie du cyclisme professionnel, déjà fortement secoué par l’annulation des courses du printemps.
 
Confinement : le Tour de France reporté


« Le Tour de France, c’est la plus grande course au monde. Il offre aux équipes et à leurs sponsors une énorme visibilité en terme d’image et en retombées ». Et sur la date ? "De toutes façons, nous n’avons pas le choix. En septembre, il y aura certainement moins de monde sur les routes avec la rentrée scolaire et on l’espère, une reprise de l’activité économique. Mais cela voudra dire que les conditions sanitaires seront bonnes. C’est déjà une très bonne chose que la course ait lieu ».
 
C’est en effet la 1è année où l’équipe nordiste retrouve le World Tour. "Ce n’est sans doute pas la meilleure », dit avec humour Thierry Vittu, satisfait du maintien du Tour, vital pour l’économie du cyclisme professionnel, déjà fortement secoué par l’annulation des courses du printemps.
« Le Tour de France, c’est la plus grande course au monde. Il offre aux équipes et à leurs sponsors une énorme visibilité en terme d’image et en retombées ».

Et sur la date ? "De toutes façons, nous n’avons pas le choix. En septembre, il y aura certainement moins de monde sur les routes avec la rentrée scolaire et on l’espère, une reprise de l’activité économique. Mais cela voudra dire que les conditions sanitaires seront bonnes. C’est déjà une très bonne chose que la course ait lieu ».
 

Quel calendrier ?

                                                           
Ce report inévitable aura des conséquences aussi sur le calendrier qui sera chamboulé. Quid du Tour d’Espagne, prévu du 14 aoùt au 6 septembre ? Et du Tour d’Italie qui pourrait avoir lieu en octobre, à un moment où les coureurs terminent habituellement leur saison ? Ces deux grands Tours ont aussi énormément d’importance pour le groupe de crédit Cofidis, qui possède des filiales dans ces deux pays. Cofidis est même partenaire de la Vuelta.
« Il est urgent pour nous et toutes les équipes d’avoir une visibilité sur ce nouveau calendrier. Mais là non plus nous n’aurons pas le choix car nous devons disputer toutes les épreuves World Tour" .

A commencer par les classiques de printemps comme Milan-San Remo, Paris-Roubaix ou le Tour des Flandres, qui ont demandé un report.
L’organisation s’annonce compliquée même si Cofidis compte 28 coureurs, qui seront fortement sollicités dès la reprise en juillet. L’équipe est au chômage partiel depuis le 1è avril. " Les coureurs ont besoin de repartir », confirme le patron de Cofidis compétition. "L’annonce d’une date a un effet bénéfique. Ils ont désormais une échéance qui donne du sens à leur entraînement actuel, qui a lieu sur home trainer pour les Français, les Italiens et les Espagnols, ou sur route quand même pour nos coureurs belges qui ont le droit de sortir ». En espérant que les Français pourront retrouver les routes dès le début du déconfinement, le 11 mai. Les coureurs auront alors deux mois pour se préparer normalement à la reprise.
                                                              
 

Pas de crainte pour l’avenir


Pour Thierry Vittu, qui a été confiné comme ses coureurs à Abu Dhabi en mars après le Tour des Emirats Arabes Unis, cette nouvelle a un impact psychologique important pour les coureurs confinés chez eux. « Le pire dans ce cas -là, c’est de ne pas avoir de visibilité sur la suite. A Abu Dhabi, les quatre premiers jours ont été les plus difficiles à vivre car nous n’avions aucune information sur les raisons du confinement ni sur une date de sortie. Nous étions confinés dans une chambre et c’était très difficile à vivre. Là, le fait d’avoir une échéance est bénéfique pour le moral des troupes ».

Le monde cycliste professionnel a été ébranlé par ce printemps confiné. La formation polonaise CCC, de Greg Van Avermaet et Mattéo Trentin, pourrait être victime de la crise et disparaître du paysage cycliste. Cofidis n’a pas cette crainte.

«  La société de crédit Cofidis enregistre bien sûr une forte baisse d’activité », explique Thierry Vittu. "Malgré tout, elle n’envisage pas de recourir à la solidarité nationale et donc au chômage partiel. Nous faisons le choix de supporter cette crise nous-mêmes ». Le chômage partiel a seulement été demandé pour l’équipe cycliste depuis le 1er avril.

L’entreprise nordiste devrait poursuivre son investissement dans le cyclisme. Même si les retombées seront moins importantes en cette saison singulière, l’essentiel est sauvé avec le maintien du Tour de France. Surtout dans ces conditions normales.

«  Dès le début, j’ai été opposé à l’idée d’un Tour à huis clos », rappelle le président de Cofidis compétitions. "Le Tour de France, c’est une grande fête populaire. Il ne repose certes pas comme d’autre sport sur une billetterie. Mais comment imaginer une course sans public ? C’est absurde. C’est comme si vous étiez invité à un bal populaire et que l’on vous demandait de rester assis… ça n’a pas de sens ».
 

"Bouffée d'oxygène"


Pour le manager général de l’équipe, Cédric Vasseur, l’annonce de Christian Prudhomme représente « une vraie bouffée d’oxygène. C’est même la première vraie bonne nouvelle depuis le début de la crise sanitaire. Dans le monde du sport et même au-delà puisque les Jeux Olympiques, l’Euro de football ont dû être reportés. De nombreux événements culturels ont été annulés. Le maintien du Tour de France constitue un changement de direction dans la crise, et peut-être même la première victoire contre le coronavirus ».
Cédric Vasseur, manager sportif de Cofidis, réagit au report du Tour de France


Le manager de Cofidis s’est tout de suite projeté sur l’avenir proche, c’est-à-dire la reprise de la saison en juillet. Pour l’instant, cet avenir est totalement lié à la refonte du calendrier, que l’Union cycliste internationale annoncera dès que possible. Une tâche compliquée parce qu’il faudra trouver d’autres dates pour la Vuelta, le Giro et les monuments du cyclisme comme Milan-San Remo, le Tour des Flandres, Paris-Roubaix et Liège-Bastogne-Liège, en plus des épreuves déjà prévues cet été et à l’automne.

« En tant que formation World Tour, nous devons participer à toutes les courses du circuit mondial. Mais nous attendons des précisions de l’UCI pour savoir si ce cahier des charges va être assoupli. Voir aussi si nous pouvons aligner moins de coureurs sur des courses moins importantes. Nous avons bien l’intention de disputer les trois grands tours, sans négliger les autres. Mais il faudra revoir le programme de chacun. Nous avons fait une croix sur le calendrier initial et nous attendons le nouveau pour fixer le nouveau programme de nos 28 coureurs ».

D’autres points restent à définir. Les coureurs confinés chez eux, notamment en France, en Italie et en Espagne, pourront-ils de nouveau rouler ? Jusqu’à présents, seuls les 4 Belges (Piet Allegaert, Dimitri Claeys, Julien Vermote, Kenneth Van Bielsen), l’Allemand Marco Mathis et le Danois Jesper Hansen ont pu s’entraîner en extérieur ; soit 6 coureurs sur 28 seulement. "Mais les autres ont deux mois maintenant pour se remettre à niveau s’ils ont bien l’autorisation de rouler début mai. Sinon, ils vont beaucoup perdre en capacités aréobie et anaérobie. Cependant, il est plus facile pour un coureur de remettre la machine en route en mai-juin, plutôt qu’en novembre-décembre, comme c’est le cas habituellement », explique l’ancien maillot jaune du Tour de France, qui attend impatiemment maintenant le calendrier de l’UCI.


Petit et Sénéchal rassurés     
                                            

Hormis les Cofidis, y-aura-t-il des coureurs nordistes sur le Tour de France 2020 ? Peut-être. Adrien Petit pourrait faire partie de l’équipe Total Direct Energie, qui n’aura pas de leader pour le classement général (sauf Lilian Calmeijane) et qui visera des victoires d’étapes avec le sprinter italien Nicolo Bonifazio. Dans ce cas, le « bison arrageois » serait un excellent poisson-pilote.

«  Le maintien du Tour constitue une excellente nouvelle pour le monde du cyclisme », relève Adrien Petit. Le Tour, c’est l’Histoire du vélo et cela aurait été une catastrophe pour toutes les équipes si la course avait été annulée. C’est essentiel aussi pour les sponsors ».

Le routier-sprinter d’Arras attend aussi le nouveau calendrier pour fixer son programme. Avec en point de mire Paris-Roubaix, l’objectif principal de sa saison. Mais pour lui, la priorité immédiate, c’est de « terminer le confinement. Il faut refaire du foncier avant les premières courses en juillet. Cela passe par des stages. Pour l’instant, j’ai délaissé le home trainer pour le jogging près de chez moi. Je tiens surtout à éviter la prise de poids. Je fais surtout de l’entretien, du cardio, de la musculation, de la corde à sauter, avant de pouvoir reprendre les sorties sur route dès que possible » (le 11 mai ?).

Florian Sénéchal, lui, ne devait pas disputer le Tour de France et se concentrer sur les classiques flandriennes. Le programme va donc être revu et une participation à la Grande Boucle ou à un autre grand tour n’est pas exclue même si Paris-Roubaix et le Tour des Flandres restent ses priorités. "Le Tour de France qui a bien lieu, c’est une bonne nouvelle pour tous les coureurs ».

Le Lignysien, domicilié près de Tournai, a pu continuer à s’entraîner normalement comme tous les coureurs résidant en Belgique. "Mais il faudra quand même refaire de gros blocs d’entraînement durant les deux mois à venir. D’où la nécessité de se reposer un peu maintenant, même si je n’ai fait que 8 jours de course depuis le début de l’année ».En Belgique, le confinement pourrait être levé dès le 3 mai.

 
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