Covid-19 : 38 soignants des Hauts-de-France se rendent aux Antilles pour prêter main forte aux hôpitaux débordés

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Écrit par Anas Daif
240 soignants français dont 38 des Hauts-de-France s'envolent ce mardi 10 août aux Antilles.
240 soignants français dont 38 des Hauts-de-France s'envolent ce mardi 10 août aux Antilles. © Cedrick Isham CALVADOS / AFP

"Une évidence de se porter volontaire" pour les soignants de la région qui s'envolent vers Pointe-à-Pitre ce mardi soir pour aider leurs collègues antillais à faire face à l'explosion épidémique de Covid-19.

Tout s'est fait très vite ce dimanche 8 août. En 24 heures, 240 soignants français, dont 38 des Hauts-de-France, ont été mobilisés pour décoller vers Pointe-à-Pitre et Fort-de-France. "Il a fallu répondre dimanche vers 22 heures, et la décision finale de la liste (des volontaires) a été prise lundi entre 14 et 15 heures" pour un vol à 17 heures ce mardi, lance Emmanuel Faure, infectiologue au CHU de Lille. 

En cause, la situation sanitaire critique aux Antilles et les soignants débordés sur place. Les malades du Covid affluent dans les hôpitaux et les services de réanimation sont déjà saturés. Les taux d’incidence explosent et sont "bien au-dessus de la moyenne nationale de 229 cas positifs sur 100 000 habitants (1166 cas positifs sur 100 000 habitants en Martinique et 1416 cas positifs sur 100 000 habitants en Guadeloupe)", explique l'Agence régionale de santé des Hauts-de-France. Le taux de vaccination est de 17% dans les deux îles, contre 54,6% de moyenne nationale.

"Ils ont besoin d'aide"

Cet appel au renfort s'est fait sur la base du volontariat, et il a fallu s'adapter rapidement. Dans les Hauts-de-France, 22 infirmiers, 8 médecins, 6 aides-soignants et 2 manipulateurs radio sont envoyés en renfort pour 15 jours. "C'était une évidence de se porter volontaire, on a cette occasion de pouvoir aider les collègues dans les Antilles, explique Céline Ghelein, infirmière urgentiste à Calais. Nous, on est dans une phase qui est calme au niveau des entrées  Covid et eux sont vraiment dans une situation très compliquée et ils ont besoin d'aide." 

Pour Emmanuel Faure, la question ne s'est pas non plus posée. "J'avais la capacité de partir temporairement, poursuit-il. Les collègues font aussi un effort, parce que c'est eux qui vont prendre mon travail ici, et le compenser quand moi je ne suis pas là.

Un élan de solidarité s'est donc crée entre les soignants en France et des deux côtés de l'Atlantique. "C'est toute l'équipe aussi qui se mobilise pour venir travailler" à la place des soignants volontaires, quitte à "changer d'horaire et changer de poste", explique Aline Verbèke, cadre de santé en réanimation pédiatrie à Lille. 

"S'adapter en permanence"

Quand on leur demande s'ils ont des inquiétudes et des préoccupations, la réponse est négative. "Ça ne m'inquiète pas, c'est notre travail d'être toujours en train d'essayer de réorganiser, de s'adapter", détaille Aline Verbèke. L'adaptation s'est davantage fait sentir depuis le début de la crise sanitaire en mars 2020. Pour Emmanuel Faure, "c'est comme si j'allais au travail tous les jours, sauf que c'est un petit peu plus loin, et c'est pas les conditions habituelles."

En somme, pour les soignants interrogés, pas le temps de se poser plus de questions. La priorité reste l'urgence de la situation aux Antilles. Les structures de soin en Martinique et en Guadeloupe ne sont pas "forcément énormes", selon l'infectiologue lillois, qui a déjà travaillé sur place en 2016.

D'autant plus que les deux îles comptent près de 800.000 habitants, une population importante "avec un faible taux de vaccination, donc un risque d'épidémie qui est énorme" et qui explose depuis quelques semaines. 

 

 

 

 

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