Avec la crise sanitaire, la cueillette a la cote en Picardie

Depuis le confinement, les modes de consommation ont changé et donnent la part belle aux circuits courts, plus particulièrement à la cueillette. Un phénomène que les maraîchers espèrent voir perdurer.

Cueillette de bleuets à Saint-Gratien
Cueillette de bleuets à Saint-Gratien © Vincent Liénart

En ce dimanche 7 mai, les fleurs ont le vent en poupe. Fête des mères oblige, les amateurs de cueillette recherchent la fraîcheur pour composer des bouquets personnalisés.

À Saint-Gratien, près d'Amiens dans la Somme, cela ne fait aucun doute. Ce mode de consommation a pris un véritable essor avec la crise sanitaire

"On a fait zéro publicité, fait remarquer Vincent Liénart, agriculteur et gérant de la cueillette de Saint-Gratien. À la fois, on ne voulait pas trop de monde pour la cueillette parce qu’il fallait gérer les mesures sanitaires : on filtre à l’entrée, on met du gel hydroalcoolique, on désinfecte les brouettes. Malgré ça, on a eu un accroissement de clients par rapport à une année habituelle, entre 30 et 40 % de clients en plus, sans faire de publicité. Pas de panneaux en bord de route, ni de pub radio, zéro publicité. Il n'y a eu que le bouche à oreille et on a eu un accroissement de clientèle avec beaucoup de personnes qui n'étaient pas habituées".

Même constat dans l'Aisne. Dans les Jardins de Pontarcher, près de Soissons, Sophie Desmarest propose une cueillette multiproduits. Sur ses 13 hectares, on trouve des fruits et des légumes de saison. Des radis et des navets au printemps, des fruits rouges en début d'été, des légumes de ratatouille au mois d'août, des pommes et des légumes de pot-au-feu à l'automne.

La maraîchère a rouvert son magasin de proximité fin mars, à peine une semaine après le début du confinement, dès que son activité a été catégorisée en surface alimentaire.   

"C'est une période où normalement on n’était pas ouvert au public parce qu’il y a un distributeur automatique. Mais avec l’afflux devant le distributeur, on est passé de 0 à 50 personnes. Il fallait trouver une autre formule parce que je n'arrivai pas à suivre. Approvisionner le distributeur au rythme où on l’a approvisionné la première semaine, ce n’était pas tenable dans le temps donc on a ouvert notre point de vente les mercredis et vendredis".

Chez Quentin Liénart aussi, dans l'Oise, les clients ont afflué depuis la réouverture de la cueillette d'Anserville. "Avec le déconfinement, les gens ont eu besoin et ont voulu prendre l’air et avec cette activité, on a ressenti un peu plus de fréquentation qu’à la normale. Est-ce que ça va rester ? j'espère mais je me pose la question". 

Pendant le confinement, l'agriculteur a multiplié par cinq sa clientèle. Aujourd'hui, la fréquentation est en légère baisse. "On a une fois et demi de plus de fréquentation. Tout le monde nous dit que c'est génial mais est-ce que les gens vont garder leurs nouvelles habitudes ? Ce serait génial qu'on garde au moins 1 client du confinement sur 2. Mais ça, on ne peut pas le maîtriser. Ce sont essentiellement des clients locaux. Pour les fidéliser, on a essayé de proposer des produits de qualité. Est-ce qu'ils ont été satisfaits ? On n'a pas assez de recul sur tout ça".

Que ce soit dans l'Oise, la Somme ou l'Aisne, les cueillettes fonctionnent avec les saisons. Les produits phares du moment restent les fraises mais vous pouvez également trouver des concombres, asperges vertes, salades, navets, haricots verts, fenouil ou radis et bientôt les tomates. 

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