© France 3 Picardie / Gontran Giraudeau
© France 3 Picardie / Gontran Giraudeau

Le gué de Blanquetaque reliant la rive nord à la rive sud de la Somme est situé entre Port-le-Grand et Noyelles-sur-Mer au nord et Saigneville au sud. C'était un passage historique de l’embouchure de la Somme. Il a permis le passage des hommes et des armées d'invasion durant des siècles.

Par Gontran Giraudeau

Nous sommes en 860, vingt-et-un ans avant la bataille de Saucourt. Les vikings ravagent tout pour aller piller les abbayes tout le long de la Somme. À Saint-Valery, en les apercevant, le curé du monastère est terrorisé : « on ne peut pas rester ici !, dit-il à ses moines, ils vont tout casser et il ne faut surtout pas qu'ils prennent la relique  de Saint-Valery ».

À l'époque, les reliques des saints étaient ce qu'il y avait de plus important à protéger dans une ville, elles attiraient les pèlerins qui laissaient beaucoup d'argent dans les caisses. C'était un vrai trésor pour une ville. Alors, rapidement, le curé et les moines s'en allèrent cacher la chasse en argent dans un bois.

En 981, Hugues Capet visite Saint-Valery. En se levant de son lit un matin, il se dit : « j'ai rêvé que cette nuit : quelqu'un me disait que je deviendrais roi de France, si je ramenais la relique de Saint-Valery ici ». Or, à cette époque, la relique était en la possession d'Arnoul, comte de Flandre. Hugues Capet se rendit donc à Saint-Omer avec ses hommes pour ramener le trésor.

Arrivé à Noyelles, il ne put traverser la baie, bloqué par les grandes marées. C'est alors qu'un de ses hommes qui tenait la relique, pria le bon dieu pour que l'eau baisse. Aussitôt, le miracle de la mer Rouge se reproduisit : les eaux s'écartèrent pour laisser passer Hugues Capet et son expédition.

Le passage est appelé « le gué de Blanquetaque » (blanche tache) à cause de la craie blanche qu'il y a dans le fond.

Saint-Valery a repris sa place dans le monastère, Hugues Capet et ses descendants ont été rois durant sept générations et le gué de Blanquetaque a continué à laisser passer les gens, les animaux et les charrettes.


Une histoire de picard - Picardie Matin (26/06/2016)


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