Guerre en Ukraine : branle-bas de combat pour loger les ressortissants en Hauts-de-France

Plus de 5 000 Ukrainiens fuyant la guerre sont d'ores et déjà arrivés en France. Les collectivités et les particuliers s'organisent, dans l'urgence, pour trouver un toit à ces exilés. Voici un état des lieux de l'offre de logements dans les Hauts-de-France.

Ici et là, les premiers Ukrainiens fuyant la guerre sont accueillis sur le sol français, Hauts-de-France compris. Ce mercredi 9 mars, un bus transportant 75 exilés est arrivé à Tourcoing pour les loger temporairement dans un hôtel réaménagé. À Beauvais plus d'une dizaine de ressortissants occupent des hébergements d'urgence. À Senlis, des familles ont commencé à accueillir femmes, hommes et enfants.

Ces quelques exemples montrent que la solidarité s'organise pour trouver un toit à ces nouveaux arrivants, et ceux qui viendront. Pour ce faire, l'Etat, les collectivités, les associations mettent en place des initiatives, le plus souvent conjointement. Avec l'aide précieuse apportée par les particuliers, sollicités pour offrir un hébergement.

Dans le Nord, Etat et collectivités offrent 750 places

À ce jour, au mercredi 9 mars, en dehors des particuliers, dans le département du Nord, environ 750 places d'hébergement sont "immédiatement opérationnelle" assure la préfecture. Une offre de logement qui se décline de plusieurs manières.

D'abord, il y a les hébergements à caractère public, au nombre de 500. Ce sont, par exemple, les "appartements propriétés des mairies, comme les anciens logements d'instituteurs", précise Simon Fetet, secrétaire général de la préfecture du Nord.

L'Etat finance également près de 250 places d'hébergement. Il s'agit de "sas", autrement dit, de logement d'urgence où les exilés ukrainiens "peuvent se reposer avant de poursuivre leur voyage en France ou en Europe ou bien avant de bénéficier d'un hébergement plus pérenne", explique Simon Fetet.

Il existe deux "sas" dans le Nord, dont l'un d'eux se situe à Tourcoing. Ce dernier est aménagé dans un hôtel et permet d'accueillir environ 150 personnes. Le deuxième, dont la préfecture ne communique pas l'emplacement, contient près de 50 places. Ce mercredi 9 mars, un bus en provenance de Calais, avec 75 ressortissants ukrainiens à son bord, à qui la Grande-Bretagne venait de refuser l'accès, est arrivé au "sas" de Tourcoing.

La préfecture indique également qu'un "travail est en cours avec les bailleurs sociaux pour des logements vacants depuis plusieurs mois qui ne trouvent pas preneur". Ceux-ci pourraient également être utilisés pour héberger des familles.

Près de quinze jours après la déclaration de guerre de la Russie à son pays voisin, le gouvernement chiffrait à 5.000 le nombre d'Ukrainiens arrivés en France. Un chiffre en "augmentation rapide" selon Jean Castex, le Premier ministre.

Si le chiffre n'est pas connu à l'échelle de la Région Hauts-de-France, la préfecture du Nord estime à "plusieurs centaines" le nombre de ressortissants rien qu'à l'échelle du département. La préfecture du Pas-de-Calais indique de son côté que, "depuis le 28 février, 638 ukrainiens ont tenté de se rendre au Royaume-Uni pour y rejoindre leurs familles, via le port de Calais ou Eurotunnel. 325 d'entre eux ont pu s'y rendre; 313, dépourvus de visas, ont été refoulés par les autorités britanniques."

Lille, Amiens, Dunkerque... Des milliers de places dans des familles

Les mairies continuent, les unes après les autres, de lancer des appels à la solidarité de leurs administrés. Des communications relayées, surtout, via les réseaux sociaux. Une des premières a l'avoir fait, la Ville de Lille, comptabilise à ce jour, selon sa maire, Martine Aubry, "4000 places d'accueil" disponibles.

D'autres communes, telles que Amiens, Dunkerque, Arras, et bien d'autres, ont également ouvert des plateformes numériques à disposition des particuliers qui souhaiteraient loger des familles ukrainiennes.

Le 3 mars, la maire d'Amiens, Brigitte Fouré, organisait une réunion avec des associations pour organiser cet accueil. "Je sais qu'il y a des familles amiénoises qui sont prêtes à accueillir temporairement des Ukrainiens chez eux. Donc c'était important qu'on puisse collecter les informations, savoir exactement qui et dans quelles conditions pour que, quand des familles ukrainiennes arriveront, on sache où les orienter", a-t-elle déclaré.

De son côté, la préfecture du Pas-de-Calais affirme avoir reçu directement "environ 500 propositions de places d'hébergement". Avant de préciser que "ce chiffre ne prend pas en compte les hébergements proposés directement par des particuliers à leurs amis ou familles ukrainiennes, qui ne sont pas remontés aux services de la préfecture."

Les associations en première ligne, comme à Senlis

Face à cette crise humanitaire, les associations occupent un rôle déterminant dans la mise en place d'hébergement de façon urgente. Notamment les associations franco-ukrainiennes, qui, grâce à leurs réseaux existants, ont pu être très réactives.

C'est le cas à Senlis, dans l'Oise, une terre de vie de la diaspora ukrainienne. Dans la foulée des premiers bombardements russes, le Centre Anne de Kyiv s'est organisé dans l'urgence pour anticiper les arrivées d'exilés.

"Des gens, à titre personnel, se sont mobilisés tout de suite, se réjouit Anna Canter, la co-fondatrice de l'association. Aujourd'hui, entre 70 et 100 familles, situées à Senlis et dans la région se sont proposées d'en accueillir." Un groupe WhatsApp a été crée pour tenter de répondre efficacement aux demandes. Quatre à cinq familles ukrainiennes seraient déjà logées et les enfants scolarisés, grâce à l'aide du Centre Anne de Kyiv.

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