Helka, échouée en Baie de Somme, cherche parrain/marraine pour subvenir à ses besoins

Helka, jeune femelle veau marin de 3 semaines est le premier bébé phoque 2021 arrivé au centre de soins du LPA du Calaisis qui lance un appel au parrainage. A ce jour, 9 bébés phoques ont déjà été retrouvés morts en Baie de Somme et 7 ont échoué.
Helka avait encore son cordon ombilical lorsqu'elle a échoué sur la plage du Hourdel en Baie de Somme.
Helka avait encore son cordon ombilical lorsqu'elle a échoué sur la plage du Hourdel en Baie de Somme. © Centre de Soins de la Faune Sauvage de la LPA du Calaisis

Au début de l’été, il n’est pas rare pour la Ligue protectrice des animaux (LPA) du Calaisis d’accueillir des bébés phoques. Le premier est arrivé cette année il y a 3 semaines. C’est une jeune femelle veau marin qui avait encore son cordon ombilical et pesait 7 kg lorsqu'elle a échoué sur la plage du Hourdel, en Baie de Somme. 

Baptisée Helka, la jeune phoque pèse aujourd’hui 11 kilos et se porte mieux. Elle ne pourra cependant retrouver sa liberté qu’en septembre, lorsqu’elle sera capable de se nourrir seule. En attendant, elle est prise en charge au centre de soins de la faune sauvage LPA de Calais qui lance un appel au parrainage.

"Nous sommes à la recherche de parrainage parce que les bébés phoques engendrent un coût plus élevé que les phoques adultes blessés, qu'on garde moins longtemps, explique Michèle Saison, chargée d'accueil au centre de soins de la faune sauvage LPA du Calaisis. Un bébé, on le garde plusieurs semaines jusqu'à ce qu'il se débrouille seul. Il faut compter la nourriture, les médicaments selon les pathologies et les produits de réhydratation.". 

Depuis l'arrivée d'Helka, 3 autres bébés phoques ont rejoint le centre. La dernière, baptisée Fournaise, a échoué sur une plage du Crotoy.

"Ça démarre sur les chapeaux de roue"

"Ça démarre sur les chapeaux de roue, constate Michèle Saison. L'an dernier, on a accueilli une dizaine de jeunes phoques entre juin et septembre. Là, il y en a 4 chez nous, en 3 semaines. On a remarqué cette année qu'il y avait énormément de dérangements par l'humain. Si la maman est dérangée, elle a peur et abandonne son petit". 

Au total, ce sont 7 phoques qui ont échoués en Baie de Somme en trois semaines. L'association Picardie Nature les a répartis entre deux centres de soins celui du LPA du Calaisis et celui de l'association Chêne en Normandie. À ce nombre s'ajoutent 9 bébés phoques retrouvés morts dans la baie. Un chiffre en hausse probablement lié à un dérangement humain constate Sarah Monnet, chargée d'étude Mammifères marins. "L'affluence touristique est plus forte qu'habituellement car il y a plus de monde sur nos côtes et on n'a pas pu organiser la surveillance estivale où plus de 40 bénévoles se relaient pour éviter ce dérangement". 

"Si on le dérange, il faut s'écarter"

Pour éviter que la situation ne se dégrade, Sarah Monnet rappelle les bons réflexes à avoir, à commencer par garder ses distances : "C'est logique mais pas pour certains. On parle de laisser une distance de 300 m. C'est très compliqué en baie mais c'est une réelle distance à avoir. Ensuite, dès qu'un phoque lève la tête et vous regarde, c'est qu'on est trop près. Donc si on le dérange, il faut s'écarter". 

Témoin d'un phoque échoué, appeler directement l'observatoire Pélagis pour le signaler et tout de suite après se reculer. "Un phoque peut énormément stresser. C'est un animal sauvage. S'il se sent en danger, il peut mordre et transmettre une maladie. Une fois prévenu, on va sur place. Si le jeune phoque est en bonne santé, on assure un périmètre de sécurité pour que la mère le retrouve. Elle peut venir le récupérer mais trop peu souvent car les humains la gênent et elle va l'abandonner".

Il est possible de joindre l'observatoire Pélagis, organisme qui coordonne le Réseau National Echouage (RNE), 7j/7 au 05.46.44.99.10.

Quant aux phoques malades, les bénévoles les prennent immédiatement en charge et les transfèrent vers un centre de soin. "Ce n'est pas une décision prise à la légère car un centre de soins, il va y rester entre 2 à 3 mois alors qu'un sevrage naturel, c'est 3 semaines".

Malheureusement, Picardie Nature s'attend à d'autres signalements dans les jours et les semaines à venir. Toutes les naissances n'ont pas eu lieu.

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