Jihadistes détenus en Syrie : la ministre de la Justice ne "voit pas d'autre solution" que leur rapatriement

Pour la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, "la donne a changé." Des Nordistes partis faire le jihad pourraient être rapatriés. 

La ministre de la Justice estime qu'"on ne peut prendre le risque d'une dispersion dans la nature".
La ministre de la Justice estime qu'"on ne peut prendre le risque d'une dispersion dans la nature". © ludovic MARIN / AFP
Dans un long entretien publié par Libération (article payant), la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, affirme qu'elle ne voit désormais "pas d'autre solution" que de rapatrier en France les jihadistes français actuellement détenus par les Kurdes en Syrie.

"Jusqu'aux récentes évolutions, nous pensions à la possibilité de mettre en place avec d'autres Etats européens un tribunal mixte en Irak" pour juger les jihadistes étrangers que leurs pays ne veulent pas reprendre, notamment français, un tribunal "que nous aurions appuyé", rappelle la ministre.

 

"La donne a changé"


Mais "la donne a changé", souligne-t-elle sans plus de détails. Le mois dernier, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian avait reconnu que la question d'un jugement en Irak n'est "pas réalisable à court terme", en raison notamment de la révolte qui secoue ce pays. Depuis, l'Irak est également devenu un théâtre de l'affrontement entre l'Iran et les Etats-Unis.

"S'il n'est plus possible de les juger sur place, je ne vois pas d'autre solution que de rapatrier ces gens en France", indique la garde des Sceaux. "Tout combattant terroriste qui serait rapatrié serait judiciarisé comme nous l'avons toujours fait."
 

"On ne peut prendre le risque d'une dispersion dans la nature", souligne Mme Belloubet.

 

La détention d'enfants de jihadistes français jugée "pas acceptable"


Nicole Belloubet juge par ailleurs qu'il n'est "pas acceptable" que de très jeunes enfants de jihadistes français soient retenus dans des camps au Kurdistan.

Des familles des Hauts-de-France avaient appelé les autorités judiciaires ou encore le président de la République pour le retour de ces enfants. Elles pointent qu'ils sont victimes d'une situation qu'ils n'ont pas choisie, les autorités françaises tardaient jusqu'à présent à organiser des rapatriements.
 

La garde des Sceaux nuance toutefois, en mettant en avant des questions "juridique" (par la nécessité d'obtenir l'accord de la mère pour le rapatriement de l'enfant), "factuelle" (par la situation sur place qui "ne permet plus" d'aller chercher ces enfants) et "politique" (du fait de "l'acceptabilité du retour de ces enfants pour nos concitoyens").

Jusqu'ici, le gouvernement français n'a accepté de rapatrier des enfants de ces camps qu'au "cas par cas". Après des mois de tergiversations dans un contexte de forte hostilité de l'opinion, Paris a ainsi, en juin 2019, rapatrié 12 enfants, dont la majorité étaient des orphelins, après cinq rapatriements en mars 2019.
 
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