Journée internationale du livre pour enfants : les ouvrages made in Hauts-de-France pour occuper les enfants confinés

En cette journée internationale du livre pour enfants, la rédaction vous propose une sélection de livres jeunesse made in Hauts-de-France pour que ce nouveau "confinement" rime avec lecture et apprentissage.

Don de livres pour enfants à l'école, décembre 2020
Don de livres pour enfants à l'école, décembre 2020 © FTV

Les parents en télétravail et les enfants à la maison : la période a un air de déjà-vu. Comme lors du premier confinement, il va falloir jongler entre l'école à distance, les réunions en visio et l'ennui des enfants. Et après une journée passée en grande partie devant les écrans, quoi de mieux qu'un bon livre pour un moment calme et agréable ? 

D'ailleurs les plus petits le réclament : "Pour les collégiens, on a la concurrence des autres loisirs, des réseaux sociaux et des écrans, donc ça a un peu reculé depuis un an, explique Sandrine Harbonnier la directrice de Lucca Editions, maison d'édition lilloise. En revanche on remarque que les moins de dix ans se sont mis à lire plus. C'est un âge où on adore les livres, parce qu'on aime avoir un monde à soi."

Des livres pour le plaisir et pour apprendre

Elle vient de publier un album qui permettra aux enfants d'explorer un monde intime : celui du corps humain. Que se passe-t-il dans le corps lorsqu'on a l'appendicite ? L'autrice Delphine Gosset et l'illustratrice Julia Dasic l'expliquent dans Lapin Dixit, paru le 5 mars. "Delphine vulgarise les maladies et les opérations pour expliquer aux lecteurs ce qui les attend lorsqu'ils doivent aller à l'hôpital. Dans Lapin Dixit, elle raconte aux enfants de manière imagée et humoristique ce qui se passe quand on a l'appendicite, précise l'éditrice. Ici, c'est un lapin qui ramasse tout ce qui traine dans le corps humain pour le mettre dans un placard, l'appendice. Mais quand il y a trop de choses, ça crée une inflammation, l'appendicite."

Lapin Dixit, de Delphine Gosset et Julia Dasic.
Lapin Dixit, de Delphine Gosset et Julia Dasic. © Lucca éditions

Le tout avec des très beaux dessins de Julia Dasic, spécialisée dans l'illustration anatomique. "On le conseille à partir de 6/7 ans pour bien comprendre, mais les plus jeunes aiment regarder les images dans leurs moindres détails. Il y a aussi des pages dépliantes très sympas."

De quoi désacraliser une opération qui peut toucher n'importe qui dès l'enfance, et qui peut faire un peu peur. Et les livres sont de très bons remparts contre la peur ! Sylvain Rumello, auteur creillois, l'a bien compris : il propose lui aussi des albums pour apprendre à la maîtriser. 

"Je voulais réconcilier les enfants avec la lecture"

Le dernier est sorti le 29 mars, aux éditions A Contresens, une maison axonaise. On y découvre une aventure de Prudence et Timéo, deux enfants dompteurs de monstres, qui partent à la recherche du redoutable Yfétounoir. Vous l'aurez compris, il s'agit d'apprendre aux enfants à dompter leur peur de l'obscurité.

"Les personnages matérialisent leur peur sous forme d'un monstre, qui est en fait l'espace qu'ils ne maîtrisent pas. Là, c'est l'obscurité, dans d'autres albums, c'est le fond de l'eau ou la cabane au fond du jardin. Cet espace, ils vont finir par l'explorer avec le concours d'un adulte, et prendre possession de leur environnement va leur permettre de déjouer la peur", explique l'auteur. L'album, conseillé pour les 3-5 ans, est illustré par Yann Vilain Cortie. "Il est issu du cinéma d'animation, il a amené un graphisme vraiment adapté aux tout-petits."

Professeur dans un collège de REP+ à Creil et lui-même papa de trois enfants, Sylvain Remullo s'est découvert une véritable passion pour la littérature jeunesse illustrée, et a déjà publié une dizaine de livres destinés aux enfants, pré-ados et ados. "Je suis enseignant depuis 20 ans dans une zone difficile, et je suis confronté à ce problème des enfants qui sont un peu fâchés avec la lecture. Je voulais réconcilier toutes les catégories d'âges avec la lecture, et j'ai remarqué que ça pouvait passer par l'illustration, précise-t-il. L'image attire les jeunes, c'est pour ça tous mes livres sont illustrés, sans que ce soit pauvre au niveau de la langue et du vocabulaire. Même pour les tout-petits, le texte est semi-rimé, il y a un travail de musicalité, pour que ce soit agréable à écouter et riche."

Son autre série Les chroniques des 1000 cascades, destinée aux adolescents, est illustrée sous la forme d'étampes japonaises. "Depuis 20 ans, je vois l'évolution du regard des ados sur la lecture. Pour eux, le livre est rébarbatif. Ils sont plus attirés par le visuel et donc par la télévision ou les dessins animés, le livre devient peu à peu l'ennemi. Les dessins, ça les raccroche à la lecture, et souvent, dans les salons, les jeunes qui me voient faire les illustrations sur cette série pensent qu'ils auront à faire à un manga. Finalement, ils voient qu'il y a du texte, ils hésitent... mais en général, ils apprécient et finissent par revenir", raconte-t-il.

Il se réjouit tout de même de voir que ce troisième confinement qui ne dit pas son nom permette un meilleur accès à la lecture. "L'accès aux médiathèques et aux librairies n'a pas été facilité pendant le premier confinement et ça, ça n'a pas aidé, certains parents auraient aimé donner des livres pour leurs enfants plutôt que les coller devant les écrans, mais ce n'était pas possible."

Des romans à dévorer pour les préados 

Donner l'envie de lire, c'est aussi ce qui a motivé Carine Bausière, autrice du Trésor de la sorcière, paru en février"Je l'ai fait pour inciter mes neveux à lire, je veux leur mettre le nez dans les livres, a-t-elle confié sur le plateau de France 3 Nord-Pas-de-Calais. Et ça a marché ! Ils ont 9 et 12 ans, et ils l'ont lu. J'avais peur qu'ils me disent "mais en fait, ton bouquin il est nul !", mais non, ils l'ont apprécié."

L'histoire est celle d'Arthur et Zoé, deux enfants en vacances à Templeuve-en-Pélève dans le Nord. La pierre de la sorcière vient d'être dérobée à la mairie, et ils vont se lancer à sa recherche. "C'est une histoire inspirée du vécu de Marie Navart, une dame qui a été condamnée pour sorcellerie et brûlée vive en 1656, explique l'autrice. L'image de cette femme est encore très présente à Templeuve, d'ailleurs une école porte son nom."

Originaire de Roubaix, Carine Bausière n'en est pas à son coup d'essai : c'est son troisième roman jeunesse. Les deux premiers, destinés aux préados et ados, traitent de thèmes importants à ces âges : le décès d'un parent, la vie dans une famille recomposée, les peines de coeur ou encore les histoires d'amitié. A mettre entre toutes les mains à partir de 9 ans !
 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
loisirs jeunesse société famille confinement santé covid-19